« Au-dessus des collines de Los Alamos... | Page d'accueil | Jodorowsky triche la science-fiction »

10 février 2006

La lame du ciel

Ce que, depuis longtemps, tu écris sur la lame du ciel s’impose maintenant, de jour en jour, aux angles du royaume. On écrit autour de toi comment s’enseigne le désespoir, et qui en sont les maîtres. Mais il n’y aura au fond nul besoin d’écouter des paroles d’explication, car tu la vois bien, encore en image tremblée, en fantôme de l’intolérée, telle l’ombre d’excès.

Sur la lame du ciel, tu écrivais des mots de démesure,

Et tu en appelais à la dégraduation de la venue des temps derniers.

Tu gravissais les marches d’un temple que tu croyais gardien de ton âme ;

Des visions de monde et d’outre-temps venaient altérer et abolir

Les creux et blancs souvenirs de ton amour.

Quand ce que tu te rappelles de l’amour

Sera devenu la cruelle expérience de la distance, et celle-là seule,

Tu n’y sauras reconnaître qu’une plissure de néant,

La fin de toutes les musiques, le saut dans l’insondé,

Et l’événement de désespoir qu’il ne viendra plus jamais personne.

Nous vivons dans la conscience qu’aucun lointain ne nous attend,

Que nos chants sont bien ultimes, avant le grand silence,

Que l’amour était un dernier miracle humain, avant le naufrage final,

Qu’agonisant l’esprit vivait bien ses plus belles heures.

 

Nous ne connaissons en guise d’horizon que les intervalles,

Ce que l’hyper-cité a bien voulu nous laisser ;

A notre naissance, la lumière n’était pas de soleil,

Et nous n’aurons non plus de nuit véritable quand nous voudrons mourir.

Le temps, heure comme air, se dégrade,

Nous tentons de dégraduer les réels

Qu’on nous a imposés, nous décroissons la noire autorité,

Commence la prise d’armes, commencent les temps rebelles.

A ma génération a été donné l’impérial commandement

Du « suicide-toi » sans retour.

Dans les temps anciens, croire à la vie et à l’homme était une erreur,

Mais on en vivait presque, et cette croyance savait se donner des reflets d’utilité.

Le présent entend révolure comme inutile une foi telle.

Commentaires

Étincelant
En équilibre sur le fil
J'oscille entre le vide et le néant ...


Merci

Ecrit par : Ultimoq | 01 novembre 2007

Ecrire un commentaire