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19 mars 2006

Etudes théophiliennes 3 : la religion de Théophile

Voici la suite fiévreusement attendue, je n’en doute pas une seconde, de votre feuilleton préféré. Puisqu’on cause transcendance, autant demander son avis à cette – déjà – vieille connaissance qu’est Théophile de Viau.
            En accompagnant mon logarithme au château de Chantilly, le dimanche 26 février, j’espérais bien glaner quelques informations quant au séjour de Théophile dans cette splendide demeure où il a composé La Maison de Sylvie. Il ne faut guère plus de deux heures pour faire le tour du musée Condé, où se trouve la majeure partie de la collection du duc d’Aumale ; la visite ne manque pas d’intérêt, mais la stratification historique semble avoir condamné le temps des Montmorency à un relatif oubli. Il ne reste aucune trace accessible de l’amitié d’Henri II et de Théophile, mis à part une plaquette, disponible dans un des coins les plus reculés de la librairie, et contenant un court texte d’inauguration de Guido Saba.
           

Je m’apprêtais donc à rentrer bredouille dans le froid canardesque ; quelle ne fut pas ma surprise quand, entrant dans la forêt qui borde le château, je tombai nez à nez avec un ombrageux barbichu qui tenait à son bras une des femmes les plus en vue à la Cour du roi Louis XIII, l’épouse d’Henri II en personne, j’ai nommé Marie-Félice des Ursins, duchesse de Montmorency ! Mais je n’étais pas au bout de mes surprises : je m’aperçus en effet bien vite que le mousquetaire grognon qui l’accompagnait n’était autre que Théophile de Viau, himself.

Mon visage était à quelques centimètres de celui de la duchesse. Je lui aurais donné environ soixante ans : ses joues, comme mues par une volonté d’attirer ses yeux vers le sol, conféraient à ce visage un air de gravité quasi-universitaire. Le nez émergeait tel un récif, seul point stable dans cette coulée faciale d’apparence si mouvante que je me surpris à douter de sa matérialité.
                        « Vertugadin, s’écria la duchesse interloquée, l’impertinent ! N’eussiez-vous été en présence d’une damoiselle, je vous aurais honoré d’un soufflet de bien belle facture…
                        − En vérité, ma Dame, l’interrompit tristement le sieur Théophile, j’aurais moi-même sur-le-champ passé ce malotru au fil de mon épée, eussè-je pu me départir un moment de ma spectrale condition, à laquelle il me semble que vous êtes vous-même contrainte. »
            Cette réplique eut l’effet immédiat de mettre la duchesse en pâmoison – en Papouasie, diraient certains. « Théophile, quel poète, vous me surprenez ! », commença-t-elle, visiblement encore sous le choc. Ce fut alors que j’intervins.
                        « Ces mots me rappellent quelqu’un que j’ai connu lors d’une croisière, Marie-Félice… Vous permettez que je vous appelle Marie-Félice, n’est-ce pas ? Il m’avait semblé que votre ami Théophile faisait un amalgame entre la coquetterie et la classe. Je vois à présent qu’il n’en est rien, et que nous sommes faits pour nous entendre. »
            Pas de réponse. Mes fantomatiques interlocuteurs s’échangeaient des regards perplexes. Autant en profiter.
                        « Mais dites-moi, cher Théophile, pendant que nous nous trouvons à l’ombre de ces platanes, et puisque vous êtes dans l’impossibilité de m’embrocher, pourriez-vous me parler de vos croyances religieuses ? »
            Théophile esquissa un étrange sourire.
                        « Aha, nous y voilà. Grande question, s’il en est… Il est vrai que les pères Jésuites, au premier rang desquels Garasse, ce fossoyeur de la poésie, ont trouvé bon de me désigner comme ‘‘le chef de la bande athéiste’’, et de me livrer sur ce motif aux foudres de la justice. Ma crédulité m’avait pourtant laissé espérer que mon acquittement et mes écrits feraient assez de bruit pour clamer mon innocence – car en ces temps troublés c’était être coupable que de ne pas placer en Dieu l’espérance de son salut. Mais après tout je suis poète, et je m’en vais vous répondre en vers :


Heureux, tandis qu’il est vivant,
Celui qui va toujours suivant
Le grand maître de la nature,
Dont il se croit la créature !
Il n’envia jamais autrui,
Quand tous les plus heureux que lui
Se moqueraient de sa misère ;
Le rire est toute sa colère ;
Celui-là ne s’éveille point
Aussitôt que l’aurore point
Pour venir des soucis du monde
Importuner la terre et l’onde ;
Il est toujours plein de loisir ;
La justice est tout son plaisir,
Et, permettant en son envie
Les douceurs d’une sainte vie,
Il borne son contentement
Par la raison tant seulement ;
L’espoir du gain ne l’importune,
Et son esprit est sa fortune ;
L’éclat des cabinets dorés,
Où les princes sont adorés,
Lui plaît moins que la face nue
De la campagne ou de la nue ;
La sottise d’un courtisan,
La fatigue d’un artisan,
La peine qu’un amant soupire,
Lui donne également à rire ;
Il n’a jamais trop affecté
Ni les biens ni la pauvreté ;
Il n’est ni serviteur ni maître ;
Il n’est rien que ce qu’il veut être ;
Jésus-Christ est sa seule foi :
Tels seront mes amis et moi.


                        − Fort bien, lui répondis-je après quelques secondes de réflexion, je connais cette ode. Mais on dit que les derniers vers ne sont pas absolument sincères, qu’ils ne figuraient pas dans la version que vous en aviez donnée à l’imprimeur, ou mieux, que vous y raillez implicitement la foi. »
            Là-dessus, Théophile partit d’un rire franc, caverneux et inextinguible qui emplit la forêt environnante. Quelques badauds, croyant sans doute entendre le brame étonnamment tardif d’un cervidé laissé pour compte, se tournèrent dans notre direction, trop éloignés encore pour apercevoir la silhouette diaphane qui se tordait littéralement devant nous.
            Après un moment, mon logarithme s’enquit à voix basse : « Bon, on y va ? ». Au même instant, l’image du poète s’évanouit. Sa voix n’était déjà plus qu’un lointain écho ; Marie-Félice était toujours là, silencieuse, altière, immobile sous son manteau de brume aux couleurs ténues.
                        « Monsieur, vous l’avez mis hors de lui ; sachez donc, pour votre gouverne, qu’il ne sied guère à une dame de mon rang d’aller sans la compagnie de quelque galant homme ; votre désinvolture est regrettable ! »
            Elle se détourna brusquement et parut se fondre dans l’arbre le plus proche. Nous étions seuls.
            Mon logarithme m’adressa un regard interrogateur.
                        « Ça t’arrive souvent de taper la causette aux platanes ?
                        − Quoi ? Tu n’as pas vu ?
                        − Vu quoi ?
                        − Mais… Théophile… Marie-Félice des Ursins… Ils étaient juste là ! »
            Le regard interrogateur prit une légère teinte d’inquiétude.
                        « Allez, viens, George, on rentre. C’était pas une bonne idée d’aller à Chantilly aujourd’hui, j’aurais dû m’en douter. Tes synapses ont dû être prises par le froid.
                        − Tu n’as pas entendu le rire de Théophile ?
                        − Décidément, c’est plus grave que je ne pensais. Quelle imagination ! Ce que j’ai entendu, c’est le brame étonnamment tardif d’un cervidé laissé pour compte, comme tout le monde. Il était là, derrière ce buisson ; il s’est affolé quand tu t’es mis à parler aux arbres. »
            Au loin, sous les frondaisons, j’aperçus la vague forme d’un quadrupède branchu qui s’éloignait à saut et à gambade. Mouais.
De retour rue Pernéty, après un bon grog, j’ouvris le premier tome des œuvres complètes de Théophile de Viau, et restai un bon moment devant les pages 176 et 177, sur lesquelles figuraient les vers que m’avait déclamés le fantôme du poète.
Au fond, cette rencontre hallucinée ne changeait rien à l’affaire : Théophile m’apparaissait plus que jamais comme un libertin faisant fi de toute contrainte morale imposée par ses semblables au nom de Dieu, mais néanmoins profondément, paradoxalement, lucrétiennement chrétien (luchrétien ?). Tout l’intérêt de l’œuvre de Théophile résidait pour moi dans la conciliation latente qu’il parvenait à opérer entre l’idéal lucrétien d’un homme tourné vers le monde et la pensée chrétienne de la transcendance.
Comment penser cette conciliation entre deux idéologies foncièrement antithétiques ? Je relisais pour la centième fois les vers insolemment limpides de Théophile, une pensée cherchait à y prendre racine.
           
            Heureux, tandis qu’il est vivant…
Il y a ce vieux thème horatien, rebattu depuis la Pléiade, du Beatus ille, « Heureux qui… » Ça commence comme un poème tout ce qu’il y a de plus profane. Pas étonnant qu’Horace l’épicurien commence par ce mot, beatus (non, George, rien à voir avec les Beatles, ne te laisse pas distraire). Pas étonnant non plus que Théophile le reprenne. En fait, a priori, il n’y a pas grand chose d’étonnant dans ce poème qui réalise une synthèse de l’idéologie libertine. Encore faut-il préciser le sens de ce terme : le libertinage de Théophile n’est pas celui de Don Juan ; il consiste bien à opposer la raison à l’irrationalité des contraintes sociale et religieuse, comme le montre la majeure partie du poème. Ce libertinage se caractérise aussi par un certain détachement par rapport aux affaires du monde, sans doute inspiré de Lucrèce, sinon d’Epicure : le poète observe de loin la fourmillière qui s’active, il préfère la douceur réflexive de l’otium (loisir studieux) à l’arrachement individuel du studium (approximativement « travail » ; en réalité, l’effort est assimilé à la torture, le studium au tripalium : le travail nous tire hors de nous-mêmes, nous aliène).
Mais là où Don Juan s’enorgueillit de l’absence d’une divinité attentive au sort des hommes, Théophile affirme la nécessité de s’en tenir à notre vie et à notre monde plutôt que de se perdre en conjectures sur un au-delà qui nous est incommensurable.
           
            […]
            Il borne son contentement
            Par la raison tant seulement.
La raison n’a pas ici le même rôle que chez les libertins endurcis du milieu du siècle qui la mettront au service d’une pensée matérialiste ; elle n’a de valeur que dans le cadre d’une théologie négative (raisonnement qui revient à dire que notre faiblesse intrinsèque invalide tout discours humain sur la transcendance divine), et en retour, cette théologie négative détruit la légitimité du clergé comme relais terrestre de la divinité. L’humilité face à Dieu se double d’une défiance à l’égard de ceux qui prétendent être dans le secret, comme si Dieu n’était qu’un autre Roi, avec sa chambre ordinaire et ses favoris. Autrement dit, dans le domaine de la religion (religio, comme ce qui nous relie à la transcendance), Théophile fait fi des corps intermédiaires.
La démarche rappelle singulièrement celle de la physique épicurienne, qui tire parti de la finitude humaine comme elle peut : elle ne vise pas comme la science moderne à appréhender avec certitude le principe de toute chose, mais à apporter des réponses satisfaisantes à nos interrogations angoissées. Cette substitution du satisfaisant au vrai comme fin de l’investigation scientifique en a fait hurler plus d’un.
Appliquée à la théologie, et dans le contexte des guerres de religion, cette démarche n’en est pas moins fructueuse, l’idée étant : arrêtez le massacre, vous vous battez pour de vaines pensées. Céheffe Montaigne, ce lointain ancêtre du Make love, not war.

Les contours de la pensée de Théophile (car il y en a une) commencent à se dessiner, et elle apparaît déjà bien plus complexe qu’au départ ; c’est que notre bonhomme mange à tous les râteliers, de Platon à Montaigne ; et cette faculté de piquer ce qui lui plaît un peu partout, il la tient précisément de Lucrèce et d’Epicure. A suivre…

George Abitbol.

Commentaires

J'avais beau connaître cet article avant sa mise en ligne, il m'amuse toujours autant... ce cerf dans la forêt de Chantilly, et Hélène en inexpiable pragmatique, autant de détails qui ajoutent du piment à ta présentation de Théophile de Viau.
Bon footing au Luxembourg, je reviens dans quelques jours pour faire quelques séances de shoots... l'ampoule ira mieux, d'ici là
Bruno

Ecrit par : Bruno | 19 mars 2006

J'aime beaucoup cet article,

Mais pourquoi ne pas citer davantage votre ami Théophile ?
(On aimerait bien savoir ce que vous avez lu cent fois)
"Heureux, tandis qu'il est vivant..."

Si vous nous proposez quelques extraits, je serais lectrice.

Ecrit par : Cécile | 12 mai 2006

Merci pour ces commentaires qui m'encouragent à poursuivre ces études théophiliennes. L'idée était en effet, au départ, de citer intégralement un poème dans chaque article. Je finirai peut-être cette courte série de commentaires par une étude de La Maison de Sylvie, qui est à mon avis le chef-d'oeuvre de Théophile. Mais entre temps, puisque vous réclamez, je vais me faire une joie de vous livrer quelques extraits que je ne commenterai que brièvement. J'y réfléchis, c'est pour bientôt !

Ecrit par : George | 13 mai 2006

Bruno, tu dois transmettre à Georges mes remerciements.
Je suis bien heureuse de découvrir un aussi sympathique personnage sur Systar, en mangeant qui plus est un yaourt à la mangue (cela n'a pas d'autre incidence que l'accroissement de mon plaisir, et son extension, depuis la sphère intellectuelle, à celle de toute ma personne: joie, extase, béatitude).
Bref, j'aime beaucoup ces figures de Libertin au sens pur du terme, bien loin de la signification dévoyée qu'on lui prête désormais, et il me semble que notre ami Théophile est particulièrement représentatif de cette attitude joyeuse et libre devant l'existence et ses mystères. Ce genre de personnage est assez éclipsé derrière les grandes figures de notre panthéon, pas assez dévot et trop libre pour faire un saint, pas assez scandaleux pour être de nos jours élevé au pinacle du génie.
Merci donc de le ressusciter pour nous. Ce poème me fait penser à Malebranche, dans lequel je me replonge en ce moment: l'amour de l'ordre, la liberté de l'esprit et sa force, c'est grand!
Bon, je vais faire des courses, ce soir c'est raclette,

et bonne fête de la Toussaint!

Ecrit par : Agathe | 31 octobre 2006

Mangue et raclette: sacré cocktail chère Belle Lurette.
Heureux que le texte de mon ami George t'ait plu.
Rosenzweig a pris du retard, mais le texte final n'en sera que plus beau.

Amitiés post-babéliennes,

Bruno

Ecrit par : Bruno | 31 octobre 2006

Han ! la raclette, un de mes plats préférés ! Qu'aurait dit Théophile de la raclette ?

Ecrit par : Gai Luron | 31 octobre 2006

Hmm... Attends, je cherche bien... Non, décidément, il n'a pas composé de poème sur la raclette.
En revanche, j'ai le vague souvenir d'un sonnet que j'avais composé dans mes folles années en l'honneur de ce mets on ne peut plus raffiné et nourrissant.
Belle Lurette, je suis bien content que mes élucubrations quelque peu farfelues te plaisent ! Remarque, c'est peut-être la mangue.
Même chose que pour Gai Luron, au plaisir de te rencontrer un jour.

François
(marre de mon pseudonyme)

Ecrit par : George | 31 octobre 2006

Ah merci pour cette recherche théophilesque ; au plaisir de se rencontrer également.

Moi je file vers une vraie plage, en Bretagne !

A bientôt !

Ecrit par : Gai Luron | 01 novembre 2006

Eh bien je suis fort aise en ce jour de fête de Tous les saints du ciel,

Bruno me tutoie enfin (ouf!), je me sentais un peu cavalière (hum, c'est vrai que je suis ton aînée jeune éphèbe, mais seulement de de 9 mois)

Gai Luron aime le fromage: c'est étonnant non?

Georges ne s'appelle pas vraiment Georges (ça me contrariait ce prénom obsolète, je me l'imagine toujours prononcé d'un ton traînant : Geoooooooooooooooorges): joie!

Et en plus, il s'appelle François, c'est un si beau prénom. Ca me plaît, et ce n'est pas la mangue, juré. Alors, plutôt François d'Assise ou François de Sales? Mais peut-être ni l'un ni l'autre cher ami, je vous laisse tranquille avec mes délires hagiographiques.

Pouvez vous me conseiller une édition de référence pour lire Théophile?

Good night***

Ecrit par : Belle Lurette | 01 novembre 2006

Plutôt Saint François d'Assise, 4 octobre, tout ça. Je suis plutôt assis comme gars, moi. Mais pourquoi un tel étonnement ?
Pourtant, les François, ça ne mangue pas, par chez nous !
Malheureusement, il n'y a pas vraiment d'édition de référence digne de ce nom qui soit encore publiée à ce jour. Il y a un petit bouquin, en Poésie Gallimard, intitulé "Après m'avoir fait tant mourir", qui contient un choix d'oeuvres poétiques. C'est l'édition de Jean-Pierre Chauveau, qui m'a tout l'air d'un grand fumiste (Jean-Pierre, si tu me lis, pas d'offense, j'en suis un aussi)... Mais les textes y sont, en orthographe modernisée.
Autre fumisterie, mais dans une édition à la fois plus complète et plus chère : Théophile de Viau, "Oeuvres complètes" (pas d'italiques, désolé), en 3 tomes, chez Champion (1995).
Sinon, j'ai trouvé par hasard un petit bijou, le tome 2 de l'édition de Jeanne Streicher (Th.de V., "Oeuvres poétiques complètes", Droz, 1957 me semble-t-il, flemme d'aller chercher le bouquin). Là, c'est un travail vraiment sérieux d'établissement du texte, mais c'est dommage qu'il n'y ait pas les oeuvres en prose, certaines valent le coup - à commencer par la Première Journée.
Donc si tu veux autre chose que l'édition Poésie Gallimard, je suis tout à fait disposé à t'en prêter une autre, pour peu que nous nous rencontrions un jour. Je ne vois pas vraiment comment je pourrais avoir besoin de relire Théophile cette année.

Bonne nuit !

François-George

Ecrit par : George | 01 novembre 2006

Eh bien évidemment, encore François d'Assise, toujours lui. Je suis très triste que st François de Sales soit si délaissé par le commun catholique. En plus, c'était un grand intellectuel, c'est le saint patron des journalistes! Mais bon, st François d'Assise est plus parlant, et en plus il était écolo alors ça plait même aux parisiens.
Pour en revenir à Théophile je vais aller quêter sur priceminister... et je te tiens au courant FG (hé hé hé)

Bonne journée**

Ecrit par : Agathe | 02 novembre 2006

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