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22 mars 2006

A.G. : Vous avez dit "forme de démocratie" ?

                                                               

Quelques lignes encore sur les manifestations, puisqu’il paraît que c’est la tendance du moment. La déferlante anti-CPE, qui n’en finit pas de faire des vagues, n’est pas non plus sans brouiller un peu l’écoute. Malgré tout, ne désespérons pas, il ne sera peut-être pas nécessaire d’ouvrir sur le Systar une rubrique politique.
            Eloignons-nous un instant du débat sur le CPE, problème épineux s’il en est, et sur lequel je ne suis pas si sûr d’avoir une opinion arrêtée, pour nous focaliser sur le plus urgent, à savoir la question des méthodes employées par les mécontents pour bouter la loi Villepin hors de France. Un doute m’effleure en effet, qui aurait peut-être dû effleurer de même, avant les matraques des CRS, mes congénères bloqueurs d’universités : peut-on vraiment affirmer que les « Assemblées générales » qui ont fleuri ces derniers jours dans les amphis parisiens constituent « une forme de démocratie » ? Précisons : une AG étudiante digne de ce nom n’a pas pour but de refaire le monde dans des débats infinis qui n’auront aucune incidence directe sur le déroulement de la vie universitaire, mais plus modestement de déterminer par un vote au scrutin majoritaire la suite des événements (en l’occurrence, le blocage ou non de l’université concernée).
            Car tenez-vous bien, le Systar est allé participer aux AG de Paris 1, en la personne de Logarithme, notre déléguée aux affaires juridiques. Et force est de reconnaître que ce qu’elle y a vu relève plutôt d’une forme de bouillabaisse pseudo-démocratique sauce démago en boîte de conserve périmée, que d’une « forme de démocratie ».
Au moment où la Sorbonne allait basculer à reculons dans le cursus LMD, l’année dernière, on pouvait lire sur les prospectus consciencieusement distribués dans la cour par l’UNEF quelques scoops ravageurs : « A partir de l’année prochaine, la maîtrise de philosophie sera remplacé par un stage en entreprise ! » Je ne pensais pas à l’époque que nos chers syndicats étudiants, ces monuments de conservatisme, pouvaient encore gravir un échelon dans leur art quasi-stalinien de la désinformation sans heurter le plafond. Erreur.
Jeudi dernier, les étudiants grévistes de Paris 1 ont organisé une assemblée générale afin de décider du sort de l’annexe Droit de la rue Saint-Hippolyte, jusqu’alors épargnée par le « mouvement ». Les étudiants de Saint-Hippolyte se sont massivement déplacés pour permettre ou empêcher la fermeture de leur fac ; ils étaient à peine majoritaires dans leur amphi. Après un « débat » de quelques heures qui s’avéra totalement stérile dans la mesure où ceux qui prenaient la parole étaient malmenés et traités de « fachos » alternativement par les pro- et les anti-CPE, on procéda au vote à main levée. Stupeur parmi les organisateurs : le blocage était loin de faire consensus dans la salle. On passa au vote assis-debout : même résultat. Ultime tentative : les pro-blocage d’un côté, les anti- de l’autre, c’est encore une échec (les gens n’avaient toujours pas compris qu’il fallait se prononcer pour le blocage). On ne prit jamais la peine de compter les voix. On opta finalement pour une solution équitable : on ne ferait rien jusqu’à la prochaine AG, le lundi 20 mars. Le lendemain, la fac était bloquée ; certains ont la mémoire courte.
Lundi 20 mars, parlons-en : n’ayant à leur disposition aucun argument justifiant la présence d’éléments extérieurs aux facs concernées dans les AG, les syndicats anti-CPE acceptent que le vote se fasse à bulletin secret et sur présentation de carte étudiante. Pour le débat, on prend les mêmes et on recommence, style La Cantatrice chauve au théâtre de la Huchette. « Facho ! » Les questions posées aux étudiants sont : « êtes-vous pour ou contre le blocage ? », et « êtes-vous pour ou contre le blocage partiel ? ». On a sans doute eu peur que les votants répondent faux à la première question, alors on a bricolé une question de rattrapage. Définition du blocage partiel : la fac ne sera bloquée que les jours de manifestation nationale. C’est vrai, quoi, il faut bien que les banderoles servent ! A la fin de la journée, on proclame solennellement les résultats : à une vingtaine de voix près, Saint-Hippolyte opte pour le blocage partiel. On applaudit. Rien à dire, c’est de la belle démocratie.
Aujourd’hui 21 mars, jour de manifestation anti-blocage organisée par les syndicats de droite et d’extrême droite (soit dit en passant, nous n’y sommes pas allés : une manif « apolitique » co-organisé par le RED, ça ne nous convenait qu’à moitié). Devinez quoi ? Le centre René Cassin, rue Saint-Hippolyte, est bloqué. C’est vrai, on n’avait pas précisé pour qui, les jours de manifestation nationale. Autrement dit, le jour de la manifestation nationale des charpentiers philanthropes, le centre René Cassin sera fermé. Avec un peu de chance, il sera ouvert le dimanche.
A ceux qui disent que tout vote doit être public, rappelons que le vote à bulletin secret, qui interdit toute possibilité de pression directe sur le votant, est l’un des piliers de la démocratie. Refuser le vote à bulletin secret, c’est sortir du cadre démocratique en gardant la porte ouverte à l’intimidation, et en obligeant implicitement la minorité à rendre des comptes devant la majorité, ce qui est rigoureusement contraire au principe de la liberté du vote. Une démocratie ne fonctionne que si c’est une somme d’individus qui vote, et non une masse populaire, n’en déplaise à nos cocos de la dernière pluie.
A ceux qui affirment qu’il est normal de prendre les facs par la force, rappelons que l’occupation d’une université, fût-ce par ses étudiants, est illégale, que par conséquent l’intervention des forces de l’ordre est légitime, et qu’agir par la force du nombre revient à promouvoir une idéologie populiste, auquel cas il est tout à fait inapproprié de parler de démocratie, et le mot juste serait putsch.
A ceux qui crient au fascisme à tout bout de champ, rappelons que le fascisme a disparu un peu avant le nazisme, pendant la Seconde Guerre mondiale, et qu’il serait bon de s’interroger sur les menaces à venir plutôt que de remâcher un combat donné pour mort depuis cinquante ans, même s’il est toujours plus rassurant de parler de ce qu’on connaît.
A ceux qui balancent des barrières, des cocktails Molotov et des matelas enflammés sur les forces de l’ordre, rappelons qu’elles sont là pour faire leur métier, qui consiste à veiller à ce que les éventuelles violences soient contenues et apaisées sans dégâts majeurs, et qu’au vu de l’agressivité démesurée des manifestants ces temps-ci, elles ont effectivement besoin de boucliers, de grenades lacrymogènes et de menottes pour exercer ce métier.
A ceux qui mettent en cause la légitimité du Premier ministre et de son gouvernement, rappelons que le Premier ministre a été nommé par le Président, élu au suffrage universel direct, au regard de la majorité à l’Assemblée nationale élue au même suffrage, et que les membres du gouvernement ont été choisis par le Premier ministre, au regard là aussi de la majorité. Jusqu’à la fin de son mandat, le Premier ministre a donc légalement le pouvoir de proposer au Parlement toutes les lois qu’il juge nécessaire d’adopter, selon les modalités autorisées par la Constitution (l’article 49-3 en fait partie). Et le Parlement a le pouvoir de les accepter ou non.

J’en déduis que si mes congénères bloqueurs étaient vraiment démocrates, ils manifesteraient leur mécontentement sans violence, en restant dans le cadre de la loi, et en attendant les prochaines élections, à l’occasion desquelles ils s’investiraient dans la vie politique pour que les Français choisissent des dirigeants de gauche qui proposeraient le retrait du CPE. Si notre démocratie fonctionne mal, c’est que nous ne voulons pas nous en servir. N’hésitez pas à réagir, avec un minimum d’honnêteté si possible, nostalgiques de 68 s'abstenir.

George et Loga Abitbol.

Commentaires

moi je suis pas nostalgique de mai 68, alors je peux réagir. Chapal, François et Hélène, Chapal. Je rentre à Paris demain, on va voir un peu l'état du quartier latin. Sinon mon prof de TD de philo médiévale commence à s'inquiéter de la tournure que prend l'année universitaire... et j'espère qu'il ne sera pas le seul à s'en inquiéter, même si l'UFR semble assez apathique pour l'instant sur les mesures à prendre pour compenser tous les cours qui n'ont pas eu lieu. "On rattrapera"... ouais...!!!
A bientôt,
Bruno

Ecrit par : Bruno | 22 mars 2006

Ahhh, vivement que l'informatique et les sciences cognitives viennent mettre de l'ordre dans tout ça !

Ecrit par : Damien | 22 mars 2006

Oulah, Dédé, ça c'est une autre histoire. Je doute que les sciences cognitives puissent expliquer l'intégralité de nos comportements : tout se passe comme si le CPE n'était, pour certains, qu'un prétexte à tous les dérapages possibles. Comme remède à l'ennui, je proposerais bien la musique, et pour ceux qui veulent se défouler plus franchement, le basket. Mais bon, ça n'engage que moi.

Ecrit par : George Abitbol | 23 mars 2006

la musique: mouais, enfin ça déconcentre quand on travaille.
le basket: quand tu veux cette semaine, george, puisque ça continue à déconner à la sorbonne...

Ecrit par : Bruno | 25 mars 2006

Changez de police de caractères. Elle fait mal aux yeux.
A bon entendeur salut

Ecrit par : Capulet | 26 mars 2006

Au contraire, je trouve cette police de caractères absolument exquise, ne la changez surtout pas.
Je conseillerais plutôt à M.Capulet de se procurer un meilleur écran ou, pour prendre le mal à la racine, une bonne paire de lunettes.

Ecrit par : Montaigu | 27 mars 2006

Ah, enfin une voix indépendante dans un monde régi par la pensée unique ! On attend avec impatience que vous ouvriez une rubrique politique sur ce blog décidément atypique, à vous trois vous avez l'air d'avoir plein de choses intéressantes à dire.
J'ai aussi partiulièrement goûté les monologues de mars, même si à mes yeux, la mission des CRS est moins d'être le 'dernier rempart que les Français rencontreront avant de sombrer définitivement dans la haine de soi' que de maintenir l'ordre républicain mis en péril par des gauchistes d'un autre âge. On pourrait aussi discuter de votre indulgence à l'endroit de l'étudiant anti-CPE...
Un petit lien rigolo et bien senti :
http://www.stoplagreve.com/article.php3?id_article=36

Bien à vous

le météore

Ecrit par : le météore | 29 mars 2006

Pour tout connaitre du vrai fonctionnement des AG et vous familiariser avec le milieu étudiant de Paris 1, aller sur http://liberersainthippolyte.hautetfort.com .
Lutter avec nous contre le blocage, pour la liberté d'étudier et la liberté d'expression.

Ecrit par : Cmoté anti-blocage de Saint hippolyte | 30 mars 2006

Allons donc plutôt voir, chez le Stalker, l'excellente analyse de Germain Souchet, qui a le mérite de mettre les choses au clair sur cette flambée de nombrilisme totalitaire.

Ecrit par : George Abitbol | 31 mars 2006

Venu vous signaler l'article décapant de Germain Souchet, c'est avec une divine surprise que je constate que j'ai été devancé par M. Abitbol. On saluerait volontiers cette prise de position politique et cette convergence avec les idées de maître Asensio si on ne sentait pas que l'engagement politique n'est pas l'objectif principal poursuivi ici par nos estimés blogueurs. Mais on ne peut que vous encourager à approfondir cette convergence.

Bon courage pour la suite

le météore

Ecrit par : le météore | 01 avril 2006

Puisque notre ami galactique insiste, petite précision : effectivement, l'engagement politique n'est pas l'objectif principal de ce blog (ni du stalker, me semble-t-il), pour la simple et bonne raison qu'on y essaie de penser, et non de militer ; cela implique la possibilité (ou le risque) de changer d'avis en chemin. Faire du Systar un blog politique, ce serait donc tout simplement lui ôter sa raison d'être.
Cela dit, j'espère que cela ne vous dissuadera pas de nous lire et de nous faire part de vos impressions.
Mes hommages du 1er avril.

Ecrit par : George Abitbol | 02 avril 2006

Je crois qu'il faut arrêter ce jeu de dupe. Le modèle social français affiche clairement ses limites. Il suffit de voir les cottisations énormes qu'on impose au patronat, choses inimaginable dans les pays anglo-saxons! Je pense que si la France ne réforme pas ses structures économiques et sociales (auxquelles la gauche la plus archaïque d'Europe se cramponne), la Chine nous bouffera.

Ecrit par : mortal ninja | 09 octobre 2006

J'ai vaguement dans l'idée qu'une simple appendicitectomie à payer intégralement de votre poche en réaction contre ce modèle social archaïque vous ferait peut-être réflechir...
Nathalie (promis, Aurélien, je m'arrête là).

Ecrit par : Nathalie | 09 octobre 2006

Très chère nathalie,
je ne voulais pa heurter vos convictions, mais je maintiens qu'il est abusif de faire reposer sur les épaules des patrons les frais de notre système social. Ne pensez-vous qu'ils prennent déjà suffisamment de risques en montant leur propre entreprise, en créant des emplois? Dans le contexte de mondialisation actuel, la production française est très clairement désavantagée: la concurrence exige, pour ceux qui veulent s'en sortir, des marchandises à bas prix, et donc in fine des capitaux avancés (en moyens de production, en salaires, en cottisations) qui ne soient pas exorbitants, et je suis au regret de vous dire que c'est la règle qui prévaut dans notre pays. Si nous ne voulons pas qu'une fuite de capitaux excessive laisse la France exsangue, ayons le courage de mettre les citoyens en face de leurs responsabilités, savoir que s'ils veulent vivre dans un milieu prospère, ils ont à renoncer à des privilèges qui datent d'une autre époque.

Ecrit par : mortal ninja | 09 octobre 2006

oui
Je crois qu'il est malheureusement assez clair que la France va à la ruine la plus complète, et le déclin économique n'est que la face émergée de l'iceberg (fuite des cerveaux, problèmes d'airbus, perte de la coupe du monde etc. etc.)
Il serait temps de lancer vraiment le débat. heureusement que des gens comme mortal ninja sont prêts à le faire. Peut-être que notre beau pays n'est pas encore totalement perdu après tout.

Je vous recommande chaudement l'analyse du Gai Luron, bel esprit s'il en est (et connu comme tel ici depuis ses brillants commentaires en ces pages) :
http://presqueriensurpresquetout.unblog.fr/tag/actualite/economie/

Evidemment, les fonctionnaires ne sont pas les derniers responsables de ce marasme, mais bon, ça, on le savait un peu, et depuis longtemps encore.

Il est temps d'essayer de faire gagner la France ensemble... vous ne croyez pas ?

Ecrit par : le météore | 09 octobre 2006

Je viens de voir que le lien ne marchait pas. mais peu importe : le blog du Gai Luron est dans les liens du Systar, et tout est bon à prendre.

Bien cordialement à vous deux,

le météore

Ecrit par : le météore | 09 octobre 2006

oui, entièrement d'accord avec mortal ninja et le météore. En général je suis entièrement d'accord avec les thuriféraires de l'ordre capitaliste

Ecrit par : thatcher | 12 octobre 2006

"A ceux qui disent que tout vote doit être public, rappelons que le vote à bulletin secret, qui interdit toute possibilité de pression directe sur le votant, est l’un des piliers de la démocratie. Refuser le vote à bulletin secret, c’est sortir du cadre démocratique en gardant la porte ouverte à l’intimidation, et en obligeant implicitement la minorité à rendre des comptes devant la majorité, ce qui est rigoureusement contraire au principe de la liberté du vote. Une démocratie ne fonctionne que si c’est une somme d’individus qui vote, et non une masse populaire, n’en déplaise à nos cocos de la dernière pluie."

Le vote à main levée est utilisé à l'Assemblée Nationale, au Sénat,...
Qui a dit démocratie ?

Ecrit par : Alf | 20 mars 2008

Alf:

les trolls m'agacent de plus en plus rapidement, sur ce blog. Libre à vous de venir y dire des énormités, mais gare aux dommages collatéraux.

Ecrit par : Bruno | 22 mars 2008

Je ne vois pas à quoi ces "trolls" font référence. Je vous fait juste remarquer que la critique du vote à main levée lors des assemblées générales en tant que non-démocratique, cette critique donc, peut aussi s'appliquer à l'Assemblée Nationale et au Sénat, où, vous n'êtes pas sans l'ignorer, à la défense pour/contre des motions, à l'avis du gouvernement, du rapporteur, succède le vote de cette motion et cela à main levée.

Vous pourrez vérifier mes énormités grâce aux retransmissions assurées par les chaînes parlementaires :
http://www.lcpan.fr/
http://www.publicsenat.fr/

"Vote au Parlement européen
Le Parlement vote normalement à main levée, mais il peut être consulté par vote électronique, par assis et levé, par appel nominal et au scrutin secret." http://www.ena.lu/vote-parlement-europeen-010704634.html

"1. - Le vote à main levée
C'est la procédure normale de vote. Le président de séance constate le sens du vote et en annonce le résultat. En cas de doute, il fait procéder par assis et levé. Si le doute persiste, le président de séance peut décider qu'il sera procédé par scrutin public ordinaire.
En votant à main levée, les députés présents manifestent publiquement leur position. Mais cette position n'est ni enregistrée ni publiée au Journal officiel." http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/fiches_synthese/fiche_42.asp

"Comment votent les parlementaires ?
Plusieurs modalités sont utilisées :
* Le vote à main levée, formule la plus courante, souple et rapide : elle exige la présence des parlementaires, mais ne laisse aucune trace et peut donner lieu à des erreurs. En cas de doute, il est procédé par assis et levé."
http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/fonctionnement/parlement/assemblee-nationale-senat/comment-votent-parlementaires.html

Ecrit par : Alf | 11 avril 2008

Alf:
Un parlementaire, c'est déjà un élu. élu par vote à bulletin secret.
Ensuite, quoi de plus normal que son vote à lui dans l'assemblée soit public?
Quand vous élisez un député, il est normal que vous ayez le droit de savoir s'il agit conformément à ce qu'il avait annoncé pendant sa campagne.

Ensuite, ce dont il était initialement question était les pressions physiques que pourrait subir un électeur.
Il n'y a pas ce risque dans une assemblée, c'est suffisamment fliqué et protégé pour que le vote à main levée n'y pose pas problème.

Tout ça pour dire qu'il n'y a pas grand chose de comparable entre les AG à la con décidées à la va-vite et où les participants sont toujours plus ou moins "triés", que ce soit par quelques petits merdeux agités ou par la contingence des circonstances (quand vous avez cours à 14 heures, difficile de savoir à l'avance qu'une AG s'est improvisée à 13 heures), et le vote tel qu'il s'exprime et s'effectue dans les assemblées parlementaires.

Ecrit par : Bruno | 18 avril 2008

"Ensuite, quoi de plus normal que son vote à lui dans l'assemblée soit public?
Quand vous élisez un député, il est normal que vous ayez le droit de savoir s'il agit conformément à ce qu'il avait annoncé pendant sa campagne."

Sur le vote à main levée, les sites des institutions sont clairs : "ne laisse aucune trace", "En votant à main levée, les députés présents manifestent publiquement leur position. Mais cette position n'est ni enregistrée ni publiée au Journal officiel." Autrement dit les témoins sont soit les téléspectateurs si les séances sont retransmises et si la vue englobe tous les votants ; ou alors ceux qui assistent à la séance (cela étant soumis à une invitation de votre député : "elles doivent se munir d'une carte d'invitation (ou "billet de séance") qui peut être obtenue auprès d'un député, dans la limite des places disponibles" http://www.assemblee-nationale.fr/infos/assister.asp


"les pressions physiques que pourrait subir un électeur."
N'y aurait-t-il que des pressions du coup de poing dans la gueule ?
Les séances du Sénat sur les OGM sont à ce titre passionnantes. On peut y voir le rejet de motions sous le prétexte que certaines filières sont déjà 'OGM' et que l'on risquerait de déstabiliser toute une filière. (Jean Bizet 'argumentant' contre une motion : "Une telle obligation d’étiquetage aurait en outre un effet dévastateur sur toutes les filières animales. La majorité du bétail français est nourri aux OGM. Ce serait l’effondrement ! M. Le Cam ne me démentira pas, lui qui connaît bien de quoi est nourri le cheptel breton. Derrière tout cela il y a tellement de fantasmes ! http://cdurable.info/OGM-Le-senateur-Jean-Bizet-a-t-il-trahi-le-Grenelle-de-l-environnement,830.html Citation véridique, je l'ai entendu lors de cette fameuse séance)

Ecrit par : Alf | 19 avril 2008

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