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27 mai 2006

Soirées entre amis

Cependant que George s’apprête à vous raconter une soirée placée sous le signe de Biréli-le-grand, enfin… Lagrène, il convient aussi de vous faire part des derniers bons moments passés dans notre communauté Systar.

Pour commencer par le plus important : Systar ne sait toujours pas comment il doit se prononcer :

1)d’un côté, les partisans du « Saïstar », au nom du côté branchouille franglais qui s’impose aujourd'hui sur la toile ;

2) d’autre part, le lobby « sistar », assez faiblement et assez sporadiquement représenté, mais revenant périodiquement dans les conversations.

A ce jour, cette épineuse question n’est toujours pas tranchée. J’envisageais de faire voter nos lecteurs en leur demandant d’exprimer leurs idées sur le blog, pour ensuite faire une synthèse de leurs avis, mais la démocratie participative n’a pas encore pénétré les dédales de notre système-étoile. A suivre…

Ensuite, et pour faire de la publicité à cet endroit et à ces soirées, nous avons vécu lundi dernier (15 mai) un moment d’une grande qualité à la Taverne de Cluny, où se donnait comme chaque lundi un concert de jazz manouche. Petites lumières, bar spacieux, service nerveux, George affûté comme jamais, notre indécrottable bluesman venu voir « ce qui se fait ailleurs », Systar à l’aise, un futur rédacteur mélomane venu découvrir ses nouveaux collaborateurs, un passage éclair de notre « recrue pas comme les autres », et la soirée pouvait s’envoler.

Là encore, plusieurs écoles de plaisir s’affrontent. Pour François, c'est plus que de la musique, c'est un mode d’existence à part entière, c'est un moment d’une nature différente du reste de la vie quotidienne, c'est l’embrasement des soirées parisiennes de printemps par le bois précieux… Et bien vite, il n’y tient plus, et les doigts de Rocky, les rythmes de Châtelain le fascinent, et il faut bien reconnaître qu’un fraîchement converti de mon espèce se laisse prendre au jeu devant pareil enthousiasme abitbolique (et hyperbolique, aussi, oui oui…), et s’amuse de voir son pote à pareille fête !

Prenons la Chimay de l’amitié pendant « Tears », à part ça comment vas-tu, as-tu des idées d’articles loufoques pour les semaines à venir, tiens regarde ses doigts, je te raconte pas le prix de la guitare, toi aussi tu as aimé le concert de Biréli, dommage que la sono n’était pas terrible, oui oui sinon Théophile, l’an prochain l’agrèg, dommage que Buddy ne soit pas encore arrivé à Paris faudra lui raconter…

Autre école : moins passionnée, ou disons plus curieuse que vraiment envoûtée, même si le charme commence à opérer, de semaine en semaine, doucement (même si, franchement, un peu de pop, c'est pas mal non plus…), c'est l’oreille de votre serviteur. Tous formatés par la problématique du transcendantal, nous louons successivement, François, Philippe et moi, le sieur Châtelain, celui qui impose le rythme à tous les autres (car des renforts ne cessent d’arriver : Patrick …….. qui renverse une guitare parce que c'est plus pratique comme ça, Karl Marx à la mandoline, un violoniste en tongs, et enfin Thomas Dutronc, sur qui François ne tarit pas d’éloges) et qui, en quelque sorte, rend le reste possible, constitue le sol inébranlable de toute expérience du nouche en milieu nocturne, sur le mode de la jouissance majeure…

Musique plastique, jamais à court d’inventivité, qui embrasse sa guitare avant sa femme le matin, musique de fête, musique des Saintes Maries de la mer comme de l’Alsace, insaisissable comme le peuple d’où elle provient, même quand ses représentants sont des sédentaires, le jazz manouche fleurit, nomadise, prolifère, buissonne, bouillonne, ressers-moi un minor blues et une leffe bien fraîche (prononcer : minor, pas « maïnor », si vous voulez montrer que vous connaissez vraiment les pratiques du milieu ;)), et regarde Dutronc retrousse ses manches ça va pas être triste…

Sans transition, passons à un congrès du parti systarien, 1er congrès de la section française de l’interdisciplinaire systarique (lettres, histoire, médecine et philosophie le jour, science-fiction, manouche music, cartographie sauvage et NBA la nuit…) s’il en est. Première rencontre physique simultanée des quatre rédacteurs (qui seront bientôt cinq, faut-il le rappeler), premier concours d’appétit (aisément remporté par votre dévoué outremangeur, 8 carpaccios à 5 je crois, il faudra rétablir la vérité historique sur ce point-là, aussi), en une fin d’après-midi toute de douceur latine… Après trois heures de Saint Thomas d’Aquin, s’imposait un meeting point devant les Patios, sous une lumière et une chaleur des plus agréables, avec Buddy, madame Buddy, George et un ami. Un puissant renfort, dont les mesures officielles, trop controversées en ce moment, ne seront plus communiquées sur ce blog avant vérification médicale officielle, apporta faconde, bonne humeur et cartographie dans un Luxembourg de fin de journée qui l’attendait bien sagement. Tout était prêt pour passer à l’action, et assouvir enfin cette faim de carpaccio de saumon qui taraudait les petits estomacs de George et de Systar depuis trop longtemps ! Marj déconcertante de sobriété, Mister T variant les plaisirs de l’accompagnement de son bœuf, François me redemandant de mais si, quand même, goûte Bruno, au moins un peu, de ce vin… Non François, le vin, jamais pendant le travail, et je vous rappelle que ceci est une réunion boulot avec tous les collaborateurs du blog, do not forget it, oui oui, réunion boulot, exactement, je vais d’ailleurs faire faire une note de frais pour Hautetfort… Dans le Chauvinland, tout finit toujours avec une guitare dans les mains de l’un des frères, sinon avec un Sylvain Luc tournant sur la platine, mais déjà il fallait penser à aller dormir, car de nouveaux futurs contingents nous attendaient : y aura-t-il métaphysique et Gadamer ou non demain, l’avion qui nous emmène à Bangkok passera-t-il ou non des films pendant le voyage, iront-ils un peu à la plage ou ne feront-ils que des visites des merveilles culturelles de la Thaïlande… ? Club Med ou Guide du Routard ? Voici quelles furent les soirées systariennes, empreintes de notre douceur de vivre angevine, blésoise, meldoise, de shoots longue distance et d’accords manouches… A quand la prochaine, messieurs ?

Commentaires

Palsembleu, Bruno, quel compte rendu ! Je doute que nos lecteurs (même avertis) y comprennent un traître mot, mais il fallait bien immortaliser ces belles soirées... Pour ma part, je manque lamentablement de régularité, mais d'autres supports accaparent ma plume - enfin, mon clavier.
Eh oui, cette soirée à la Taverne était bien belle, avec notamment Rocky Grasset, Patrick SAUSSOIS (qui vient de sortir son nouvel album), Noé Reinhardt et Thomas Dutronc, sur qui je peux en arriver à tarir d'éloges, si si. En reveanche, pour Mathieu Chatelain, Biréli ou Django, je suis réellement intarissable. A part ça, je dois dire que le compte rendu de la soirée est très fidèle, et je suis content que ça t'ait plu.
Pour ce qui est des carpaccios, je confirme : victoire de Bruno par 8 carpaccios à 5 face à Timothée, finaliste, qui n'a pas démérité. Il faut dire que le vainqueur n'avait pas mangé à midi...
J'attends la prochaine réunion de travail avec impatience (qui sait ? Il y aura peut-être Logarithme).

Ecrit par : George | 27 mai 2006

Merci d'avoir précisé, cher George, les noms de ces nobles artistes, fiers étendards du nouche des années 2000. Mon article manquait cruellement de précision onomastique.
Le compte-rendu voulait aussi te dire que si ton enthousiasme m'amuse face à ces gratteux monomaniaques, il n'en est pas moins communicatif, et comme j'aime à le dire aux gens à qui je raconte ces soirées : je comprends pas bien ce qui se passe exactement, mais je sens qu'il se passe quelque chose de vraiment bien, de "différent"...
En mon fief de Saint Gervais la Forêt, j'ai rejoué au basket avec Romain, et n'ai même pas été ridicule... C'est la qualité exceptionnelle des play-offs NBA qui me donne des idées. Romain a réussi la montée en régionale 2 avec la ville où j'ai habité pendant la majeure partie de mon enfance: La Chaussée Saint Victor, voilà voilà pour les infos de ce week-end.
Amusez-vous bien avec mes nouvelles bêtises sur Boris Diaw et l'herméneutique!

Bruno

Ecrit par : Bruno | 28 mai 2006

Sans vouloir minimiser la victoire de Bruno, c'est par un magnifique 8 à 6 qu il m'a vaincu (si l'on tient compte uniquement des assiettes de plats principaux).
Autre concours qui restera inégalable de profondeur et d'esthétisme : celui qui est le plus rapide à grignoter (sans les mains !)un de ces drôles de longs batons apéritifs qui ne contiennent rien d'autre que du vent mais qui on le fol avantage de bien faire vingt centimètres de long (entraîne toi bien George, que je puisse remettre le couvert avec toi).
Merci encore pour cette soirée.

Ecrit par : Timothee Le Moing | 28 mai 2006

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