25 août 2006

Brick

Brick n’est pas un film comme les cinémas américains ont l’habitude d’en faire. Il est froid et net. Il est précis. Comment vous communiquer l’envie d’aller voir ce film sans vous en raconter trop, là est tout le défi.

Ce serait l’histoire d’un geek qui n’en serait pas un.

Ce serait l’histoire d’un coup de téléphone qu’il ne fallait pas passer.

Ce serait l’histoire d’une quête, celle de la vérité.

Ce serait donc l’histoire d’un geek qui n’en serait pas un.

medium_18652057.jpgVoici qu’arrive notre héros. Rien de particulier, c’est son premier rôle sur une production à commercialisation internationale. Aucun rôle antérieur pour nous aider à mieux le cibler. Il est neuf et se présente à nous comme une sorte d’homme solitaire et banal de surcroît. Mais qu’il y a-t-il de plus dangereux qu’un homme banal et seul ? Lui n’a rien à perdre et c’est justement tout ce qui caractérise notre héros. Au fur et à mesure du film, il reste ce geek, tout en se révélant des capacités hors du commun, et les plus impressionnantes ne seront pas les plus attendues (le cas d’un magnifique tacle est à retenir ici, Damien m’en est témoin).

Ce serait donc l’histoire d’un geek qu’on découvrirait héros, ou plutôt d’un homme qui décide de prendre son destin en main et de lui faire face de tout son être.

Ce serait l’histoire d’un coup de téléphone qu’il ne fallait pas passer.

medium_G77871669955474.jpgL’histoire commence sur un coup de téléphone que le héros reçoit dans la fatidique cabine publique. Au bout, une amie qui lui demande son aide alors qu’elle a disparu depuis deux mois. Tout commence là. Tout commence mal pour le héros qui dès lors se demande ce qu’est devenu la fille en question alors que tous, lui déconseillent de poursuivre sa quête.

Le problème est que le héros se découvre devant nous ni lâche ni léger : il a dit qu’il trouverait la vérité et le voilà sur le sentier dangereux du vrai.

Ce serait l’histoire d’une quête, celle de la vérité.

Voici notre héros parti pour être au centre d’un double trio de personnes énigmatiques : trois hommes et trois femmes.

Pour ce qui est des hommes, il est difficile d’en parler sans révéler quoi que ce soit du film. medium_18481613.jpgLes rares éléments que l’on peut citer sans dévoiler l’intérêt de l’histoire est que nous avons à faire à des hommes hors du commun. Parmi les hommes, le plus grand et (malheureusement) le seul dont il est possible de parler sans rien révéler : Brain (à droite de l’image), le meilleur ami (en a-t-il vraiment un ?) de Brendan. Celui là est un vrai geek, un pro des lunettes en cul-de-bouteille et du rubicube. Une sorte de Huggy les bons tuyaux muté en rat de bibliothèque, un personnage tout droit sorti des polars les plus usés mais d’une incomparable efficacité quand il s’agit de venir en aide de son camarade Brendan.

Les personnages féminins sont plus ceux qui sont au cœur de cette intrigue. Normal, puisque le héros est homme. Quoi dmedium_18607268.jpge plus déroutant en effet pour notre cher Brendan que de se retrouver au milieu de trois femmes toutes à la fois belles et…fatales. Que ce soit Emily (à gauche), la (seule) blonde de l’histoire, qui du haut de sa candeur déclenche tout par le coup de téléphone qu’il ne fallait pas passer. Elle qui est au cœur de la quête du héros et ne cesse de l’intriguer.

Mais plus encore il faut retenir les deux femmes fatales par excellences (encore une fois un appel aux polars des années jazz), qui, à chacune de leurs apparitions font retentir un son de serpent à sonnette, et attirent lentement notre homme dans le doute et l’imbroglio.

            Mention spéciale de la mangeuse d’hommes, à Kara, celle qui trône dans sa loge medium_18481614.jpgou dans la salle de théâtre du lycée (sur la photo à droite), telle une chanteuse de jazz des bars glauques. Traînant toujours avec elle son cortège de larbins hors du champ de la caméra, elle joue de son corps et de ses charmes pour déstabiliser Brendan, qui, tel le héros antique et stoïque tente à chaque fois de résister et de se faire inhumain.

Enfin, il ne faut pas oublier la plus importante des trois, celle qui ferme le trio des femmes qui gravitent autour de Brendan : Laura. Plus discrète que les deux autres mais tout aussi dangereuse puisqu’elle a, aussi, droit au doux bruit de sonnette du crotale quand elle apparaît à l’écran. Plus que les autres, elle intrigue et dérange le héros qui hésite sur ce qu’il faut penser d’elle : faut il ou non lui faire confiance ? Mangeuse d’hommes ou manipulatrice rongée par l’ambition et l’ennui ? Image de la jeune femme issue de l’aristocratie dorée de ce monde, elle semble à mi distance entre l’oie blanche (rôle rempli par Emily) et la tigresse (Kara). S’il fallait la ranger dans une catégorie (ce qui est plus que difficile, Damien m’en est témoin), ce serait plus dans le tiroir étiqueté « chat ».
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Réutilisant les principes de la tragédie antique, les scénaristes de ce film placent donc Brendan au cœur d’un équilibre d’avance instable. Mais toute la force du jeune homme sera d’essayer désespérément de maintenir l’équilibre tout en modifiant les rapports de force entre les différents protagonistes de l’intrigue. Perdu dans un premier temps, il devient rapidement acteur et décide de déplacer les centres de gravité selon ses désirs. La seule option qu’il perd progressivement de vue est d’en sortir indemne. Mais là où ces écrivains ont fait mouche, c’est en alliant le shéma de la neutralisation du héros à la douceur des années jazz : blues remodelé sur sampler, coups de poing et femmes lascives finissant à peine leurs cigarettes créent l’ambiance unique de ce film.

Ce serait donc l’histoire d’une quête, celle de Brendan, pris au milieu de ces équilibres instables, à la recherche d’une vérité…mais peut on sortir indemne d’un affrontement avec la vérité ?

Enfin, ce serait l’histoire d’une bande annonce qu’il faudrait regarder pour se forger son avis.

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Timothee Le Moing

Commentaires

Solennellement, Timothée: merci de ce petit moment caviar que tu nous offres. Et félicitations pour t'en être brillamment sorti avec la mise en page.
May the geek be with you.

Bruno

Ecrit par : Bruno | 25 août 2006

pi bon voila koi com ça systar y ressemble tro à un skyblog, koi, y parle des geeks, des istoir d'amour tou ça ki nou touch. Emily é Kara L son tro bèl je les kiff grave je les M tro à la foli.

Je suis allé voir les skyblogs, ça fait peur... Mais: tkt, les fautes c'est juste parce qu'on est pas concentrer...

Ecrit par : Bruno | 25 août 2006

Finalement, pour savoir précisément ce que l'immense corédacteur pense d'un film, il suffit de venir de temps en temps se balader sur ce blog... Je n'ai donc plus qu'à espérer que ce petit bijou n'ait pas déserté les salles d'ici mon retour au monde civilisé, car je regretterais après cet article de ne pouvoir compléter dans une salle obscure l'impression d'une lecture.
PS: face à l'oie blanche et les deux félines, le pauvre petit rat me paraît néanmoins bien seul, mais s'il faut préserver le coeur de l'histoire...

Ecrit par : Nathalie | 25 août 2006

Deux remarques à faire : non aux blogs décérébrés (enfin, ceux qui le sont plus que moi) !
le fim ne restera pas longtemps en salle (trop bon pour subsister)

PS : pas si immense que ça...

Ecrit par : Timothee Le Moing | 25 août 2006

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