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18 septembre 2006

Ces matins de renaissance... , par Aurélien Debord

                                  

 

« Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin », G. Bernanos, Dialogue des carmélites.

Les proverbes, dictons, sagesses populaires de chaque peuple sont unanimes : le matin rime avec renaissance. Pour un ''oiseau de nuit'' tel que moi, il a toujours été difficile d'admettre que chaque jour, me levant trop tard, je passais à côté de ma renaissance quotidienne. Saisissant que j'étais le même depuis une semaine (date de mon dernier réveil à heure décente), j'étais dépité, pensant à tous ceux qui se levant à une heure dite ''correcte'', se retrouvaient chaque matin, nouveaux, différents, peut-être même meilleurs que la veille. Devant ce tableau, j'aurais pu décider de changer mes habitudes et de quitter mes aventures vespérales afin d'être réveillé suffisamment tôt ; pourquoi ne profiterais-je pas à mon tour de ce renouvellement octroyé par les premières heures de la journée ? J'en restais cependant à mes usages et me résignais à mourir quotidiennement sans pour autant attendre une résurrection à échéance aussi régulière. Après tout, les proverbes auraient bien à justifier leur autorité ! Je ne voyais pas pourquoi je devrais m'éteindre chaque nuit et encore moins comment le matin pouvait faire de moi un phénix improvisé. La nuit comme une mort ? J'avais la rêverie suffisamment fertile pour ne pas faire de mon sommeil un linceul. Qui plus est j'étais exempt de souffrances psychologiques qui m'y aurait fait voir une ''petite mort''. Si j'étais un homme nocturne, ce n'était pas le fait d'une insomnie lancinante mais bien par choix et préférence. Le matin comme une résurrection ? Sans vouloir être trivial mais simplement pragmatique (peut-on être l'un sans l'autre..?) vous comprendrez aisément que par mes choix un réveil trop matutinal assurait plus une véritable mort qu'une renaissance perlée d'espoir et d'allégresse. J'essayais tout de même de saisir ce dont étaient convaincues tant de civilisations, bien que pour le coup je devais m'en affranchir (se dégager de la civilisation l'instant d'une réflexion, assez séducteur mais si troublant !). Je m'engouffrais vers les lieux communs afin d'avoir une réponse. La nuit pouvait être la célèbre scène des troubles de l'esprit, le sommeil y mettant un terme, laissait au matin le triomphe de ses bienfaits. Cette esquisse pleine de bon sens, me faisait tout de même observer une injustice sensible ! Je ne voulais pas paraître pénible, tatillon ou encore autre chose de plus désobligeant, mais je remarquais que dans ce cas, c'était le sommeil qui permettait la renaissance et qu'en quelque sorte, le matin ne faisait que constater son bon office.

Je comprenais qu'il fallait mieux pour moi ranger cette question dans le tiroir estampillé ''énigmes non résolues'' que de passer pour un marginal. Toujours à contre-courant, je constatais dans le même temps qu'à défaut d'avoir des habitudes normalisées, ma vie nocturne m'avait néanmoins permis de lire quelques bons ouvrages qui, eux, confirmaient cette thèse qui me demeurait obscure.

*

* *

De ces bons ouvrages, j'en retins deux pour l'occasion : le Faust de Goethe et Le Bavard de Louis-René des Forêts. Deux oeuvres délicieuses qui peut-être allaient enfin m'aider à comprendre le phénomène de la renaissance matinale. J'avais bon espoir d'y trouver une explication car les deux personnages principaux, Faust et ce bavard, vivaint chacun à leur manière cette expérience décisive d'une résurrection devenant effective à l'aurore. Mais avant de renaître, il fallait peut-être déjà penser à mourir, ne croyez-vous pas ? Comme quoi la rigueur logique devait étendre son influence jusqu'au terrain du mysticisme.

Chacune de ces morts ponctuelles était un vertige. Celle de Faust était la noyade de l'érudit dans ses interrogations, le constat de l'inaccessibilité d'une quelconque connaissance absolue ; après avoir parcouru le long chemin du savoir, il s'y perdait, ou plutôt, ne voyait plus face à lui quoi que ce soit qui pouvait être un sentier. Les mètres parcourus l'avaient amené à un point de non retour, le lieu de la solitude du marcheur qui toujours avançant, se découvrait condamné à rester immobile. Ne pouvant supporter cette station il décidait d'y mettre un terme, de renoncer à cette marche, à sa vie. Dans ce nouveau cheminement que serait la mort, le poison allait être son premier guide.


Faust, seul

« Je te salue, fiole solitaire que je saisis avec un pieux respect ! en toi, j'honore l'esprit de l'homme et son industrie. Remplie d'un extrait des sucs les plus doux, favorables au sommeil, tu contiens aussi toutes les forces qui donnent la mort ; accorde tes faveurs à celui qui te possède ! Je te vois, et ma douleur s'apaise ; je te saisis, et mon agitation diminue, et la tempête de mon esprit se calme peu à peu ! Je me sens entraîné dans le vaste Océan, le miroir des eaux marines se déroule silencieusement à mes pieds, un nouveau jour se lève au loin sur des plages inconnues.

Un char de feu plane dans l'air, et ses ailes rapides s'abattent près de moi ; je me sens prêt à tenter des chemins nouveaux dans la plaine des cieux, au travers de l'activité des sphères nouvelles. Mais cette existence sublime, ces ravissements divins, comment, vers chétif, peux-tu les mériter ? C'est en cessant d'exposer ton corps au doux soleil de la terre ; en te hasardant à enfoncer ces portes devant lesquelles chacun frémit. »


Goethe, Faust, [I, La nuit].


Je remarquais un premier détail frappant : contrairement à moi, qui voyais dans le sommeil une recouvrance bienfaitrice, ce cher Goethe lui y associait la mort, les mélangeait, les mettait en flacon, et en résultait une mixture assassine. J'étais outré de cet usage malencontreux du sommeil ! Cependant, devais-je vous en faire part ? Je m'étais engagé sur une comparaison littéraire aux airs médiocres mais néanmoins sérieux. Devais-je céder à ma fureur ? Après tout, oui ! (Soyez patients et affables, avec un peu de chance je m'apaiserai dans quelques lignes.) Pourquoi dans les divers états possibles de l'homme, le sommeil devait-il avoir le rôle de la femme fatale, à la fois doux et meurtrier ? Non, non, non ! Il fallait donner au sommeil le rôle de la bonne amante. La distribution que nous servait ici Goethe était fâcheuse. Amateur de théâtre, et je ne trouvais rien de plus pénible que de se dire que tel comédien aurait mieux assuré un rôle tenu par un de ces camarades, et réciproquement. Faire du sommeil le complice d'un assassinat, c'était céder à la facilité de la mise en scène et non atteindre son excellence.

Je devais m'apaiser... Il fallait se ressaisir !


Noyade, vertige, disais-je, que le mouvement fût descendant ou ascendant, les pieds de Faust quittaient ce sol qui ne le menait plus nulle part. A défaut de la terre, il comptait bien découvrir « le miroir des eaux marines », ou bien « les chemins nouveaux dans la plaine des cieux ». Il décidait de mettre fin à ses jours la nuit ; ce temps était ici plus que significatif puisqu'il donnait son nom à la scène. Ce détail ne me semblait pas anodin puisque dans la première partie du Faust, c'est là, la seule scène qui était nommé par un temps. Goethe avait bien décidé de nous faire comprendre sa répartition des rôles et il le soulignait : la nuit était faîte pour mourir !



Choeur des anges

« Christ est ressucité ! Joie au mortel qui languit ici-bas dans les liens du vice et de l'iniquité !


Faust

Quels murmures sourds, quels sons éclatants arrachent puissamment la coupe à mes lèvres altérées ? Le bourdonnement des cloches annonce-t-il déjà la première heure de la fêtes de Pâques ? Les choeurs divins entonnent-ils les chants de consolation, qui, partis de la nuit du tombeau, et répétés par les lèvres des anges, furent le premier gage d'une alliance nouvelle ? »

Ibid

La matinée de Pâques était celle d'une renaissance, celle de Faust qui abandonnant son flacon narcotique, sortait de la nuit et entrait dans ce jour où l’on louait la résurrection du Christ. L'érudit tourmenté par son savoir, le pécheur de l'Eden en somme, se muait en une figure christique. Un matin de renaissance, un matin de rédemption, où disparaissait la tentation de mettre fin à ses jours. Ce jour qui célébrait la vie lui en donnait une nouvelle.

 

Autant la fiction doit s'écrire sans prendre garde au réel, et tant mieux, sinon cela serait pénible (autant pour l'exactitude que cela demanderait, que pour l'ennui que susciterait un écho du quotidien) ; autant, à mon avis, le rédacteur d'un article de ce type ne doit pas trop effacer ces convictions, sans quoi il manquerait de sincérité et surtout de vivacité ! Nous sommes ici entre gens convenables et l'honnêteté est de mise, ainsi je dois vous avouer quelque chose. Je pensais que le tableau de notre bon docteur neurasthénique transfiguré en un nouvel avatar christique était tout à fait charmant. Cependant je trouvais cela un peu facile car c'était oublier qu'une ou deux heures auparavant, en proie à l'insomnie (qui souvent mène à la dépression, Faust ne se révèlait être simplement qu'un autre ''cas clinique''), notre grand tourmenté n'eut pas de meilleures idées que de s'administrer des substances suspectes afin de converser avec Morphée. Il fallait admettre que ce n'était pas très sérieux. Cet article aurait pu alors s'intituler de manière plus complète : En quoi l'usage de narcotiques trouble l'éveil et le fait passer pour une expérience mystique. Cela me permettait déjà d'entrevoir une réponse à mes interrogations que je vous soumettais plus haut, et d'en déduire qu'étant un garçon à peu près sain, il était normal de ne pas m’extasier à chacun de mes réveils. Ensuite, je remarquais qu'au moment où les cloches retentissaient, Faust venait de passer une nuit blanche à réfléchir, troublé, tourmenté... Il fallait comprendre qu'il ne devait plus être très alerte et pouvait aisément se laisser aller à quelques délires. Il ne fallait alors pas venir m'asséner que matin rimait avec renaissance, car cela dénotait un sérieux trouble auditif et cette rime-là ne valait que pour les insomniaques ou les amateurs de narcotiques.

On allait me taxer de rustre qui ne comprenait rien à la poétique goethéenne, alors que je ne faisais que lire avec mémoire et rigueur. Il fallait bien admettre qu'il était facile de voir la nuit en costume d'Atropos pour celui qui refusait de dormir... J'avais essayé de me renseigner afin de comprendre le cas Faust, de saisir ce penchant pour l'insomnie. Pour cela quoi de mieux que l'avis d'un médecin (il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui la parole du médecin l'emporte sur n'importe quelle autre). Je vous retranscris ici le diagnostic de notre très cher docteur Destouches :


« Le plus souvent les intellectuels semblent prendre un certain goût pervers pour leur insomnie, il entre dans leur cas une forte participation de masochisme, de narcissisme »


Magazine Littéraire, (Hors-série n°4, p51)


Nous y voilà ! J'avais annoncé qu'il me semblait normal, à moi le jeune homme sain, de ne pas vivre ces réveils enthousiasmant. Que fallait-il faire pour y remédier ? Sombrer dans une sorte de masochisme ? Non merci !


La nuit, longue marche, était une pénitence douloureuse. Pénitence du condamné qui allait lui-même au bagne. Le fautif qui se flagelleait lui-même. Le matin comme une réhabilitation. Remarquez, alors, enfin, et même pour de bon ! qu'il était compréhensible pour moi, l'innocent, de rien entendre à cette question-là.

Conscient qu'un cas ne pouvait pas faire la règle, j'étais allé chercher du côté du Bavard de Louis-René des Forêts. Le héros de cet ouvrage vivait lui aussi un matin des plus revivifiants, ainsi je comptais bien y trouver une réponse à cette question pour l'instant laissée sur le banc, voire mise au ban (si je peux me permettre). A la douleur de la pénitence de Faust, s'était substituée ici la pénitence par la douleur. Cette inversion permettait-elle ma compréhension ?

Rappelons les faits ! Le héros du Bavard, lui aussi peut-être en proie à l'insomnie, se retrouvait dans un bar où après avoir bu quelques verres, il essayait de séduire une jeune femme. Situation jusque-là commune. Il mettait à l'écart un prétendant au butin pour mieux se l'assurer, pour finalement se rendre compte que la belle prétendue se moquait de lui, s'en amusait, et le voyait seulement comme un ivrogne de plus, suffisamment imbibé pour ne pas se rendre compte qu'il n'était qu'un sujet de railleries et non le séducteur qu'il pensait être. Face à l'humiliation publique, il quittait le lieu. Alors en prise au remords de s'être mis dans une situation si embarrassante, il cherchait à expier ; conscient de sa faute il voulait se châtier. Comme Faust, le condamné allait lui-même au purgatoire :

« Qu'on ne s'y trompe donc pas, j'étais mû par le désir d'en finir avec l'obsession du châtiment dont je me sentais menacé ; je rêvais d'expier, part la correction que je me ferais infliger, ma honte de ma récente conduite, et ma dette acquittée, de jouir librement d'un présent où aucun remords ne viendrait s'immiscer... »

Louis-René des Forêts, Le Bavard


En lisant ces lignes je remarquais que chaque cas vu ne faisait que chercher sa mort pour mieux atteindre une renaissance ultérieure ; mais qu'en était-il de celui qui ne voulait pas mourir ? Voeu exaucé, notre bavard se faisait rosser par l'homme qu'il avait mis à l'écart plus tôt. Il se faisait battre avec la « passive humilité d'une victime librement consentante » (Ibid). Pénitence par la douleur donc, mais toujours cette omniprésence du masochisme. Comme s'il n'y avait pas d'autre remède que la douleur, comme si le venin ne pouvait pas se dissiper mais seulement se purger. Je trouvais par la suite la preuve irréfutable que ce genre de personnages dérangés n'était pas vraiment recommandables pour des personnes saines comme nous :

« Bien que lié à un sentiment de chute sans fond, l'état de jubilation que je ressentais par la suite m'apparaît comme la preuve irréfutable que seule une souffrance physique avait le pouvoir d'apaiser le honteux malaise où m'entretenait le souvenir de ma faute »

Ibid

J'y étais ! Je saisissais enfin pourquoi cette question m'était demeurée obscure. Il n'y avait dans cette réponse rien de nouveau mais plus de certitudes. La renaissance ne pouvait venir qu'après la mort, la réhabilitation qu'après le crime. Voilà pourquoi mes matins pouvaient sembler mornes à tous ces pécheurs. Je n'avais aucune rédemption à accomplir et donc pas plus de renaissance à savourer. Pas de jubilation après la souffrance car point de faute. Il fallait bien reconnaître pour de bon et définitivement cette sempiternelle mauvaise répartition des rôles évoquée supra, elle n'était que celle de ceux qui sont à punir et non celle des vertueux. J'étais alors rassuré de n'avoir jamais rien saisi, le contraire aurait été le signe de mon appartenance à la perverse communauté incomprise. Voilà pourquoi je n'avais été qu'un Don Quichotte face à ce mystère, ainsi à la sentence d'Homère : « Le sommeil et le mort sont des frères jumeaux », je lui préférais tout naturellement celle de Cervantes « Béni soit celui qui inventa le sommeil ! ».


Aurélien-Alexandre

Commentaires

à propos de cette illustration de toute beauté: que l'on ne s'y trompe pas, Aurélien l'a choisie UNIQUEMENT en raison de la fiole/vasque au premier plan. Celle dont parle Faust.
Non mais!

Ecrit par : Bruno | 18 septembre 2006

En tant qu'esthète, je ne pouvais bien sûr pas passé à côté des formes, ondulées, évasives, généreuses de cette fiole. Merci Bruno pour cette précision, certains auraient pu croire que je l'avais choisi pour le vase au second plan ; alors que moi, la déco d'intérieur...

Ecrit par : Aurélien | 18 septembre 2006

J'aime voir que ce blog accueille des auteurs qui sont aussi d'authentiques gentlemen... Fussent-ils, au demeurant, de parfaites buses en décoration d'intérieur.
As-tu néanmoins remarqué la vaste tache de couleur au centre du tableau, couleur chair grosso modo? Je trouve que l'on remarque d'autant mieux la beauté de la fiole au premier plan, qui s'en trouve rehaussée et bien mise en valeur.

Ecrit par : Bruno | 18 septembre 2006

J'ai en effet remarqué cette "vaste tache". L'oeil averti remarquera sans doute, le style propre à Courbet, une large étendue chromatique fade afin de faire surgir l'éclatante brillante du détail qu'est ici le flacon ! Procédé souvent utilisé, notamment chaque fois que l'on trouve une bougie peinte au milieu d'une surface "nocturne" (topic pictural s'il en est), elle n'en ressort que mieux ; ici le cas est identique !

Que penses-tu de l'agencement floral du fond ?

Ecrit par : Aurélien | 18 septembre 2006

Les fleurs ne sont guère en forme; et aucune des deux demoiselles ne veut se lever pour aller remettre de l'eau dans le vase. La loi du tableau: celle du moindre effort.

Ecrit par : Bruno | 18 septembre 2006

Je pense qu'il faudrait souligner aussi le camé sur le vase où le visage représenté regarde manifestement vers la fiole du premier plan. Et que dire du rideau dont le tombé initie une courbe qui mène jusqu'au verre... Je crois sincèrement que Daniel Arasse ne renierait pas les auteurs du Systar s'il était encore de ce monde...

Ecrit par : Nathalie | 19 septembre 2006

Je pense qu'il serait aussi utile de souligner le détail du camé sur le vase où le visage regarde manifestement dans la direction de la fiole. Par ailleurs, que dire du rideau dont le tombé initie une courbe qui mène jusqu'au verre, rappelant la place essentiel qu'il occupe dans le tableau! Quel bonheur de rencontrer sur le Systar de tels émules de Daniel Arasse...

Ecrit par : Nathalie | 19 septembre 2006

Amusant, Nathalie, votre commentaire rédigé en deux versions! Je soupçonne de votre part une inquiétude que le com' n'ait pas été pris en compte, et une restitution de mémoire de votre propos...
Les auteurs du Systar: j'espère pouvoir bientôt proposer quelques photos de cette section d'élite de lecteurs et cinéphiles... Timothée travaille, je crois, à un article sur Thank you for smoking, il doit être en train d'y mettre la dernière main.
Bien à vous,

Bruno

Ecrit par : Bruno | 19 septembre 2006

Cher Aurélien, je te suis infiniment reconnaissant car à la lecture de ton article, excellent, mon coeur n'a pu résister à l'acquisition d'une table de nuit avec plateau en marbre noir (page 43 du catalogue). Depuis mes nuits mais aussi mes matins (qui commencent avec mon réveil, c'est-à-dire, comme Basile, le noble disciple belge de Léonard, vers midi), me semblent différents. Tout a plus de goût. Ma vie a changé, sois en remercié.

T


PS : Comme ça il paraît que je travaille...faut voir quelle est votre notion du travail...parce que là c'est pas fameux.

Ecrit par : Timothee Le Moing | 19 septembre 2006

Ah et oui, il n'y a de Renaissance que nocturne, que pour ceux qui ont affronté les Ténèbres et la Nuit la plus sclérosante ; on ne renaît qu'après la scolastique ou le nazisme... ouarf ouarf...
(commentaire totalement lamentable, j'en demande pardon)

Ecrit par : Gai Luron | 20 septembre 2006

Tiens tiens, Gai Luron vient faire de l'esprit chez moi... Sans doute en représailles pour les âneries que je lui ai laissées sur son blog.
Sur la scolastique comme nuit de la pensée, je ne suis pas d'accord avec toi, et gnangnangnan et gnangnangnan... mais nous sommes tellement MODESTES devant tout cela, munis de notre MAIGRE Safoir...
Bon allez, les private joke ça va bien un peu, mais cela aussi, mon cher Thibaut, nous devrons travailler à ne plus les faire subir à nos lecteurs, puisque, à ce que je sais, certains, et certaines, lisent même les commentaires des articles...
Je te souhaite une bonne nuit, Thibaut, et m'en vais fêter tes bientôt 10 000 premier clics sur ton blog avec force coca cola. Félicitations!

Bruno

Ecrit par : Bruno | 20 septembre 2006

J'avais pas vu le tableau ; c'est vrai que ce bleu très clair de la fiole est troublant. Je m'en vais de ce pas consulter "une histoire du bleu".
...
...
...
Et zut, elle est pas ici.
Bon. En tout cas c'est là qu'on voit que l'école française est vraiment une école coloriste et peu dessinatrice ; la table de chevet est une catastrophe ; elle est totalement écrasée par le lit, l'angle choisi est perspectivement faux, la table n'est pas loin de devenir silhouette. Mais ce bleu mes enfants ! quelle claque !

Ecrit par : Gai Luron | 20 septembre 2006

mmh... il commence son commentaire par "j'avais pas vu le tableau". Je vais réfléchir à une meilleure manière de lui faire percevoir les illustrations sur mon Systar, à ce facétieux hegelien. Quelle mauvaise foi, c'est un scandale. Nous avec Aurélien, on fait des efforts de présentation, on se dit qu'on va mettre un machin légèrement érotique, ça augmentera le nombre de clics (grande loi d'essence sur internet), Aurélien déniche ce bijou, et Gai Luron a le toupet de venir m'écrire: "j'avais pas vu le tableau".
Heureusement que la suite de son commentaire est de fort bonne facture, qui signale une totale implication physique du personnage avec lever de sa chaise pour fouiller dans son studio de Cardimoine et chercher l'histoire du bleu, avec restitution ponctuée de la recherche par des points de suspension, puis substitution d'un merde, extrêmement probable, par un zut bien plus policé, puis commentaire effectivement juste sur la qualité de la couleur et les difficultés de géométrie dans l'espace... Gai Luron, fidèle à lui-même: spirituel et décadent.

Ecrit par : Bruno | 20 septembre 2006

Non mais je me suis fort mal exprimé, mais je n'avais pas fait attention au fait qu'il était en rapport (dialectique ? ouarf ouarf) avec le texte. Tu vois mon ami, c'est le drame de cette année passée à étudier la forme au détriment du sens au sein des tableaux ; je me suis tout de suite focalisé sur la composition avant même que de remarquer qu'il s'agissait d'un réveil érotisant de deux femmes qui n'eussent guère déplu à Catherine Lara. Honte à moi, qui ai décidément de bien mauvais yeux.

Ecrit par : Gai Luron | 20 septembre 2006

Dis donc toi, pendant que je te tiens, alors comme ça on va aller taquiner louchement ma chère amie de la peur de se balancer dans le vide ??? Attention, je veille !

Ecrit par : Gai Luron | 20 septembre 2006

Oui, mon cher, j'ai discuté avec mademoiselle parpeurdesebalancerdanslevide, il ne me semble pas avoir "taquiné", ni "louché"... d'ailleurs elle a clos les débats. Il ne s'agissait, comme d'habitude, que de spéculation intellectuelle dépassionnée, et en l'occurrence sur des notions aussi importantes et aussi aporétiques que la star academy, ou encore le journal in/ex-time sur blog... Pas de quoi "se draper dans sa vertu offensée" (N. Sarkozy). Tu peux veiller autant que tu veux, de toute manière par peur de lasser cette demoiselle j'ai cru bon de ne pas prolonger les débats. Je me défoule plutôt sur ton Gai Luron.
Je suis content que tu aies fini par t'apercevoir que ce tableau représentait deux charmantes demoiselles qui, on ne sait trop pourquoi, dorment sans drap ni couverture la nuit.
Au fond, avec ce tableau, nous avons pu vérifier l'extrême justesse du paragraphe 84 des Idées directrices pour une phénoménologie de Husserl, ce qui me comble d'aise, vous n'imaginez pas à quel point.
Reçois, mon cher Gai Luron, l'expression de ma plus systariquement fidèle et sincère amitié, et mon plus vif encouragement à aller prendre un rendez-vous chez l'ophtalmo.

Ecrit par : Bruno | 20 septembre 2006

Tiens c'est amusant que tu évoques ce § ; on est en pleine discussion sur l'intentionnalité avec quelques amis, et je crois que cela donnera lieu dans quelques semaines à une mise au point sur un de nos blogs... Songer à voir un peu ce que donne le dernier bouquin de J. English sur ce thème.
Merci pour l'ophtalmo, je verrai ce que je peux faire...

Je plaisantais pour miss peur de se balancer dans le vide (appelons la PBDV)...Je ne suis pas encore un grand frère musulman...

Ecrit par : Gai Luron | 20 septembre 2006

intéressant sur l'intentionnalité!
à ce sujet, j'avais fait un semestre entier de cours avec Claude Romano. Un régal, à mon sens, ce cours. Et je ne parle pas du TD de C. Riquier qui l'accompagnait, de très bonne facture, également.
J. English: Johnny English, l'espion joué par Rowan Atkinson?

Ecrit par : Bruno | 20 septembre 2006

Bah bah bah, je n'entends rien à tous vos discours de vertu offensée. Je surprends votre conversation d'hédoniste. Je suis venue me promener par ici où je me fais appeler Célia car ici je n'ai plus peur de me balancer dans le vide. Merci de vos commentaires Bruno qui ont éminemment enrichi la vie de mon blog et la mienne. Je ne m'en suis point lassée et pour la question aporétique de Star Academy, je n'ai pu prolonger le débat : Mon blog est en effet en cours de fermeture par manque de moyen intellectuelle et manque de cerveau disponible. Sa démarche aporétique va le conduire certainement à une forme d'autodestruction. J'en prévois la fin et le firmament d'ici peu. J'y écris d'aventure en aventures et je me soucie de toute forme de commentaire. Je comprends votre ironie et je comprends bien que le blog de gai luron suscite tout votre intérêt. Je tenais simplement à vous féliciter pour votre blog que je découvre aujourd'hui et qui me ravit. C.

Ecrit par : Célia | 20 septembre 2006

Célia, ça ne va pas du tout ;
1) d'une part il est impensable que ton blog ferme boutique.
2) Tu sais très bien que ton cerveau est disponible, et qu'il n'y a guère lieu de t'auto-dénigrer.Non, ne te fais pas plus blonde que tu n'es, ça ne te va pas.
3) Enfin, et c'est beaucoup plus grave, je t'interdis de te balancer dans le vide ou alors au fond du vide je serai là pour te récupérer. Et tu devras encore me supporter !

Cher Bruno, pardon pour cette scène publique de ménage, je te signale que je parlais de Jacques English, traducteur de Husserl, comme tu l'avais deviné...

Ecrit par : Gai Luron | 20 septembre 2006

Je n'ai jamais vu une section commentaires du Systar attirer autant de monde.chère C., je vous ai répondu chez vous, j'ai profité que je pouvais encore y passer avant que vous ne fermiez boutique.
A tous ceux qui liront ce commentaire: n'oubliez pas qu'il y a d'autres articles sur ce blog, que vous pouvez aussi y laisser des commentaires si le coeur vous en dit. A moins que vous souhaitiez établir ici-même un record...
Je vous recommande surtout l'interview de Zeina Abirached, que les parisiens pourront rencontrer samedi dans une librairie à l'occasion de la parution de deux livres qu'elle a réalisés.
Voilà pour le côté "Systar se lance dans le marketing et le service presse pour ses amis".

Ecrit par : Bruno | 20 septembre 2006

Je t'en prie, Gai Luron, fais comme chez toi.
Un jour, puisqu'on évoquait Husserl sur le ton de la conversation salon de thé, un jour j'écrirai quelque chose sur l'usage de la philosophie de Husserl dans Villa Vortex de Dantec. Plein de choses à dire à ce sujet, Dantec devait l'avoir relu lors de o