09 mars 2007
Le Saule, d'Hubert Selby Jr

Toute la narration du Saule d’Hubert Selby Jr présente les caractères d’une surprenante fluidité, que l’on prendrait néanmoins à tort pour la marque d’une volonté d’immédiateté dans l’émotion. La lecture en est fulgurante, quelques heures à peine, de préférence suivies et sans la moindre interruption, et pourtant les effets sensibles et intellectuels de l’ouvrage, loin de se dissiper hâtivement dans le retour au quotidien non littéraire, prennent leur ampleur le livre refermé.
Célérité absolue de la violence dans ce beau livre : de l’agression initiale à la vengeance incomplètement accomplie, tout jaillit, tout fulgure, tous les impacts se succèdent à un rythme effréné, boîtes crâniennes contre briques d’un étrange Bronx réduit aux quelques protagonistes de la narration, vengeances successives de Bobby, jeune adolescent noir de 15 ans contre les quatre latinos qui l’agressent sauvagement par jalousie et défigurent à la soude le visage de Maria, la petite amie de Bobby. Les clignotements, les disruptures de l’action se donnent à lire dans ces étranges retraits que Selby dissémine dans la narration, comme pour scander d’une manière nouvelle les étapes de la vengeance, de la violence, comme pour laisser, par-delà la saturation d’émotions des trois psychismes les plus intéressants du livre – Bobby vengeur, Maria à la foi superstitieuse qui se suicidera en croyant que le poids de ses souffrances lui a été imposé en guise d’expiation, et Moishe, rescapé des camps de concentration et élevé à la judéité par ses compagnons d’infortune – se déployer la figure sanctuariale du saule.
Sous le saule de Brooklyn, la violence du Bronx s’abolit, la sécurité rejaillit, le bonheur des pique-niques familiaux et la tendresse filiale également. Bobby, sévèrement amoché, trouve refuge auprès d’un vieillard solitaire qui vit dans un squat dissimulé à tous les regards et fort bien aménagé. Ce vieillard, Moishe, qui a installé sa propre existence dans l’au-delà de la vengeance, après avoir perdu sa famille, sent que la guérison de Bobby, qu’il orchestre de main de maître, le rapproche inévitablement du recommencement de toute violence, lorsque je jeune garçon noir se transforme peu à peu en vengeur fantôme surgissant n’importe où et n’importe quand pour tabasser chacun des quatre agresseurs séparément. Rejaillit la source du tatouage numérique qui marque la chair du bras de Moishe, dans cette variation de la violence primaire qui régissait les camps et régit les petits affrontements entre ethnies du Bronx.
Véritable variation phénoménologique sur la douleur[1] et sur la violence, le roman de Selby adopte néanmoins la structure paradoxale du saule : le tronc central du récit est symbolisé par Moishe, vieillard qui pleure de tristesse en sentant que Bobby prépare patiemment sa cruelle vengeance au rythme des mouvements de rameur que le jeune adolescent opère sur la machine d’entraînement de Moishe pour remuscler son corps, et des glaces à la sauce chocolat innombrables qui ponctuent tous les moments de complicité et de réconfort qui se tissent entre les deux personnages ; les extrémités initiale et terminale du récit sont, elles, marquées par la chute des branches, c'est-à-dire par le triomphe, quoique incomplet, de la violence raciale. Toute l’énigme du roman, et son caractère si haletant, cette fluidité orale de toutes les phrases ou presque, interminables et pourtant lumineuses où s’ajointent les expressions orales et les flux de conscience des personnages, tient à l’hésitation fondamentale que Selby laisse planer sur la possibilité d’une rédemption. Peut-on réellement dépasser le désir de vengeance ? Celui-ci n’est-il pas la seule, ou la dernière, chose qui maintiennent un homme en vie après l’ordure de la calomnie, après la déportation et l’horreur des camps, après l’assassinat de l’être aimé, après le banal mais infect passage à tabac entre bandes rivales des quartiers chauds de New York ? A cette hésitation tremblée en des oscillations magistrales, Selby ajoute la figure secondaire des diables multiples, sorte de résidu païen et superstitieux qui vient infecter la foi du charbonnier de la famille de Maria et apporter créance à une sorte d’odieuse justice immanente selon laquelle toute douleur vécue est méritée, et qui mène celle-ci à se suicider en se jetant de la fenêtre de sa chambre d’hôpital, menant le lecteur à se demander si la figure d’un authentique salut n’est pas impossible selon les schémas religieux. Le seul salut est celui du saule : celui d’une verticalité qui retombe en sa périphérie, et demeure dans cet entre-deux spatial : ni pure ascension inentravée vers les cieux emplis de sens et de lumière, ni non plus pure fatalité et écrasement dans l’horizontalité d’un destin. Le tronc du saule ne monte pas jusqu’au ciel, mais il demeure droit : surgi de la terre, engagé en elle, mais non intégralement condamné à n’être que poussière horizontale.
Le saule, c'est tout simplement l’inoubliable figure de ce juste, Werner, rebaptisé Moishe lorsque, pour avoir soutenu un Juif à l’agonie dans les camps, ses camarades du camp l’ont adopté et élevé au rang de Juif, qui se dresse, encore vivant, malgré la mort de sa famille, malgré la trahison de son associé qui le fit déporter pour rester seul maître de l’entreprise qu’ils dirigeaient ensemble, malgré la mort de son fils au Vietnam. Moishe est la figure de l’homme d’après les camps à qui Dieu ne parle plus (mais la question est : le silence de Dieu n’est-il pas parfois préférable à la foi superstitieuse et mortifère en la justice immanente ?), dont toutes les réponses sont vouées à demeurer sans réponse, comme le montre la première interrogation solitaire du personnage, lorsqu’il recueille Bobby et le laisse dormir après l’avoir soigné :
« Moishe observait Bobby en souriant, debout, voyait sa respiration s’apaiser avec le sommeil, croyait même voir à l’œil nu la tension se vider de son corps meurtri, soulagé de constater qu’il respirait presque normalement… vu les circonstances. Après quelques minutes il se rendit compte que d’autres pensées essayaient de s’insinuer dans son esprit, alors il se força à se concentrer sur Bobby mais rien à faire les pensées insistaient et il quitta la chambre pour aller dans le living et s’asseoir dans son fauteuil,
regarder le bout de ses doigts , les motifs du tapis, suivre leurs complexes entrelacs et arabesques du centre vers les côtés puis tout autour du rebord, essayer de compter les cristaux du lustre, contempler les reflets de la lumière, tenter d’apercevoir des formes cachées dans les nuages d’un paysage sur le mur du fond… mais il ne pouvait ignorer plus longtemps la question qui tournait dans sa tête… dans tout son être… A quoi ça rime ? Est-ce une simple coïncidence si Bobby est arrivé jusqu’ici ? Je ne crois pas aux coïncidences. Faut-il à toute force y chercher un sens ? Ahhh, la journée a été si longue. Je suis dans le brouillard. Tout comme Bobby… Bobby. Pourquoi est-il ici ? Dis-le-moi. Sors de ton mutisme. Pourquoi fais-tu toujours tant de mystères ? Dis-moi un peu, est-il une malédiction ou une bénédiction ? Sera-t-il parti demain ? Est-ce… moi… l’étape sur son chemin de là à… là ? Pourquoi est-ce que je crois en lui ? Pourquoi je lui fais confiance ? »[2]
Le saule, c'est enfin cette émotion étrange ressentie lors d’une nuit de lecture, c'est le livre qui ne quittait plus mes mains, c'est l’idée que décidément, les phénomènes de catharsis étaient en nombre à peu près infinis, qu’aucun sentiment d’effroi et de pitié ne ressemblait à un autre et qu’ils ne survenaient bien sûr pas qu’à l’occasion d’une pièce de théâtre. C'est ce jaillissement d’émotion qui retombait en moi, aux franges externes de moi-même, nourri par une surrection continue de sentiment, principalement en suivant les méandres de l’âme de Moishe, dans l’efflorescence de larmes silencieuses et solitaires de ce personnage à tous points de vue parfait, c'est cette sensation que le sens ultime de la catharsis n’est pas dans l’identification : je ne devenais pas Moishe, mais je le voyais et le suivais dans les changements infimes de son cœur. La littérature n’est pas à même d’élever nos âmes, tout juste peut-elle leur présenter, au détour de moments comme cette lecture nocturne, leur rendre visible le sens de la lutte, l’expérience physique et concrète de la mort, la naissance du sentiment d’amour, à chaque fois d’une manière que jamais l’on n’avait soi-même ressenti. Variations autour de l’humain, dans l’immédiateté feinte d’une parole mentale chez un personnage qui comprend que la rédemption est toujours un au-delà de la vengeance, et pleure de ne pouvoir communiquer cette étrange et insondable vérité à celui qu’il adopte comme son petit-fils :
« J’ai peur. Donc… c'est très simple, j’ai peur de m’attacher à ce garçon… un petit-fils (oui, le petit-fils que j’ai jamais eu) et de le voir s’en aller et d’avoir à nouveau le cœur brisé… on me l’a brisé tant de fois, oui, oui, il a été chaque fois raccommodé, mais fini le chagrin, je ne pourrai pas survivre à un nouveau coup au cœur… le chagrin, la peine… je n’ai plus assez de lendemains pour guérir, je les ai tous dépensés depuis longtemps… Oui, oui, je sais, quand mon cœur se brise il s’ouvre, chaque fois davantage… et il y entre plus de lumière et il en sort plus d’amour, mais si j’ai pu jadis supporter la douleur, c'est fini, je n’ai plus d’endurance… mon cœur ne tient plus qu’à un fil, il bat, mais comme un vieux tambour. Ma douleur m’appartient et ne vaut rien à personne, de même que ma folie m’appartenait et personne ne pouvait écarter les barreaux pour moi. J’ai vécu… je suis mort… j’ai fait de mon mieux et me voici, vieil homme prêt à mourir, et me voici avec une vie… une vie blessée, un animal des rues au-dessus de ma tête qui entre dans ma vie et apporte avec lui mon passé…
Moishe se pencha en avant et enfouit son visage dans ses mains,
Je ne peux pas retourner là-bas… je ne peux plus. Les camps sont finis, que les souvenirs dorment dans leurs cendres. Je suis vieux et faible et mon cœur n’est là que pour maintenir ce corps en vie, pas pour revivre les horreurs de l’enfer – Moishe s’ébroua pour se ressaisir – Ahhh, à quoi bon. Je ferai ce que je ferai, et toute cette folie, et tout ce blabla, ces mots, ces mots, ces mots qui tournent dans l’air et dans ma tête et toujours je fais ce que je fais – Moishe secoua la tête et sourit et remplit un bol de crème glacée et versa dessus de la sauce au chocolat – Mieux vaut manger de la glace que me torturer, allez, de toute façon je ferai ce que je ferai… quoi d’autre ?[3] »
un faible gémissement sortit de sa gorge et ça l’effraya et elle frémit et cligna des yeux, plusieurs fois, et très prudemment, très, très lentement, roula la tête de côté et simultanément le souvenir de la journée lui revint, peu à peu elle se rappela avoir été placée sur une civière et soignée et mise au lit, puis elle cria presque en se rappelant que sa mère et sa grand-mère étaient venues ici et finalement elle se rappela qu’elle était dans un hôpital mais ne savait toujours pas quoi faire ni où était sa mère et elle bougea un peu plus en prenant conscience de la douleur et le gémissement s’amplifia et des sons rauques gargouillèrent dans sa gorge et maintenant que la paralysie était rompue elle bougea son corps se tourna dans le lit en veillant à garder la tête presque immobile et toute la peur qui se concentrait en elle semblait l’aider à supporter le crescendo de la douleur mais plus elle bougeait plus elle se réveillait plus elle prenait conscience de la douleur et ses gémissements et ses râles s’amplifièrent encore et alors elle se mit à pleurer […] » (Le Saule, Hubert Selby Jr, Editions de l’Olivier, p. 45-46.)
[2] Le Saule, Hubert Selby Jr, Editions de l’Olivier, 1999, p. 41-42.
[3] Ibid, p. 73-74.
16:45 Publié dans Littératures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, critique littéraire, Hubert Selby Jr, mal, Amérique, rédemption, violence
Commentaires
Cher Bruno, belle, fort belle note.
Deux ou trois petites choses tout de même : l'identification du saule avec ceci ou cela me paraît un peu trop facile, non ? Après tout, tu seras fort embêté si un petit étudiant vient te souffler que, pour lui, le Saule c'est Dieu, ou la Littérature, ou son bocal de cornichons.
Ensuite : "La littérature n’est pas à même d’élever nos âmes, tout juste peut-elle leur présenter, au détour de moments comme cette lecture nocturne, leur rendre visible le sens de la lutte, l’expérience physique et concrète de la mort, la naissance du sentiment d’amour, à chaque fois d’une manière que jamais l’on n’avait soi-même ressenti."
Bizarre : d'un côté, tu affirmes péremptoirement l'inefficacité des arts pour élever nos âmes mais leur efficacité redoutable pour rendre compte, PHYSIQUEMENT, d'expériences-limites ?
Je ne connais aucun art, si parfait soit-il, capable de nous faire éprouver ne serait-ce que la première seconde d'une agonie (banalité que d'écrire cela) mais en revanche beaucoup de pages capables d'élever nos âmes (à condition, certes, de s'entendre sur ces mots... comme toujours d'ailleurs) : l'art véritable était, pour Dostoïevski tu le sais, la peinture du maître qui, accrochée sur un mur de cellule, permettrait au condamné de ne point désespérer. J'imagine que nous pourrions trouver, en littérature, bien des oeuvres allant dans ce sens d'une... surrection de l'âme (c'est déjà cela, quitte, le livre refermé à peine, de retomber dans nos petites fanges bien sûr...).
Enfin, troisième et dernier point : non, littérature ET vie s'imprègnent mutuellement et Le Saule de Selby est AUSSI riche, comme si tu ne le savais pas, de tout ton vécu. A la limite, c'est là une image, tu n'as pas lu le même bouquin que moi, parce que, justement, nous ne sommes pas des clones, malgré ce qu'en pense l'âne consanguin.
Eclaire donc ma chandelle de lanternarius fatigué.
A bientôt.
Ecrit par : Stalker | 09 mars 2007
Une note écrite trop vite, un blog laissé trop vite à la dérive, des responsabilités sur Internet acceptées bien trop vite, tout cela tu le sais déjà cher lanternarius fatigué.
Adios, je ne vois pas quoi te répondre...
Ecrit par : Bruno | 11 mars 2007
L'identification de la figure du Saule avec un certain nombre d'éléments cités dans ma notule s'appuie toujours sur, au minimum, une sorte d'analogie de structure entre l'arbre - le saule pleureur - et ce que je cite. Cette structure, je la définis brièvement comme un coeur ou un socle de permanence, et une périphérie, ou une prolongation qui tend à s'épanouir et à se disséminer, tout en s'effilochant. Comme si les choses avaient un noyau de stabilité et que l'écart, géographique, temporel, métaphysique, par rapport à ce noyau les vouaient à perdre de la consistance.
L'étudiant malicieux que tu fais intervenir pourrait donc me dire qu'une boîte de cornichons est un Saule, soit, mais encore faudrait-il qu'à son tour il me dise selon quelle analogie fonctionne sa comparaison...
Je donne l'impression d'une liste non close de comparaisons avec le Saule, mais au fond elle me semble avoir sa pertinence telle que je l'ai écrite.
La suite de mon propos est assez claire: l'art ne saurait nous faire ressentir comme par avance notre propre agonie. Tu prends le cas-limite et hypothétique, tiré de Dostoïevsky, du tableau qui permettrait au prisonnier de ne pas désespérer. La question se pose néanmoins de savoir si la réaction du prisonnier face à ce tableau n'est pas essentiellement imprévisible; je la crois quasi-contingente. Pour un qui ne désespèrera pas, combien de types dans le même cas qui n'en auront rien à faire, de ce tableau, dans l'état d'abandon et de déréliction et de solitude où ils se trouveront...? L'art véritable est donc cette exception, selon Dostoïevsky, mais je peine à souscrire à cet argument.
Le jeu du livre ou de l'oeuvre avec les sentiments n'est de toute façon pas univoque: à aucun moment on ne se sent petit vengeur black de 15 ans lorsqu'on lit Le Saule; bien plutôt est-on renvoyé à soi-même et à ses propres sentiments, par un certain nombre de "tropes", de conversions d'énergies et d'affects (j'avais ainsi défini les figures et les tropes dans mon petit texte Transcession, si tu t'en rappelles...), d'une manière radicalement neuve. La nouveauté est noétique et non point noématique, si je puis dire pour reprendre une fois encore Husserl, dont j'avais emprunté déjà la méthode de la variation eidétique pour évoque "le" saule de Selby. Elle est dans la manière de ressentir, non dans la nouveauté du ressenti. C'est pourquoi aussi je me posais des questions sur le sens de la "catharsis", comme mutation profonde des passions qui sont en nous, lorsque nous lisons. J'ignore si elle se confine, comme chez Aristote, à la pitié et à l'effroi, j'ignore si elle reproduit les sentiments mis en oeuvre, mais des transferts et des conversions d'énergie et d'affects me semblent bel et bien à l'oeuvre.
Toutefois, ceci ne m'a en rien devenu meilleur (ah, littérature qui, malheureusement, ne nous aide guère à accélérer les lents processus humains de "maturation", qui ne nous apprend point à chaque jour être plus droit avec soi-même et autrui...!), et je redoute fort, au moins dans mon modeste cas, de ne pas pouvoir attendre encore de "salut" de la part de la littérature. C'est lié aussi au fait que j'ai une expérience biaisée des oeuvres par l'approche philosophique, et qu'un Rosenzweig me bouleverse autant, sinon plus, qu'un Selby. J'en reste donc, in fine, à cette idée d'une possibilité de connaître des expériences très intenses en littérature, des surrections éphémères et provisoires (ce qui ne veut pas forcément dire qu'elles soient vaines, illusoires et insensées, ou fausses) de l'âme, tout en ayant la lucidité minimale de ne point ressortir d'un livre avec le sentiment d'une fraîcheur morale retrouvée ou acquise nouvellement.
Sur le dernier point que tu évoques: je ne penses pas que mon texte soit réellement en contradiction avec ces principes herméneutiques que tu as l'amabilité de rappeler. Effectivement, nos précompréhensions viennent ajouter à nos lectures, sinon construire celles-ci, selon le procès d'un "cercle herméneutique" qui permet de faire la lumière sur le texte et sur l'ensemble de nos précompréhensions, comme le disait fort bien Gadamer.
Voici donc ce que je pouvais te répondre, cher Lanternarius fatigué, quoique j'aie bien peur de ne pas t'avoir beaucoup éclairé...
Ecrit par : Bruno | 16 mars 2007
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