19 mai 2007

Esquisses d'une phénoménologie de la vie universitaire

                

 

 

Systar avait disparu depuis quinze jours ou trois semaines... Il n'y avait plus que l'étudiant, le lecteur de philosophie lent, anxieux, fébrile, compilant frénétiquement les lectures de Husserl, de Blumenberg, des exégètes (Rudolf Bernet, Jocelyn Benoist, Paul Ricoeur, Jacques Derrida...). Le monde n'existait plus, il était mis sous réduction, comme l'avait prescrit Husserl pour tout commencement originaire d'une pratique phénoménologique. Le monde n'était plus qu'une chambre, que cet espace blanc peuplé de livres, de café, de tablettes de chocolat. Comme si, par là, transparaissait de moi-même ce qui a toujours compté le plus: le livre, toujours le livre, l'obsession d'en saisir la substance terminale, d'en achever la lecture pour commencer les autres qui attendent sur la pile, en tête de lit, sur des chaises... Et la musique, la Passion de Matthieu, de Bach, mais aussi U2, dont le One tournait inlassablement cependant que je comprenais que le telos de toute philosophie était peut-être une perfection que personne n'atteindra jamais, cependant que je comprenais qu'il y a en nous, dans l'expérience du monde qui est initialement la nôtre, une part irréductible de métaphoricité déjà; nous sommes le transport même, le fait que nous soyons au monde pose une question par principe insoluble et interminable, nous ne pouvons que tenter de retrouver ces métaphores premières qui ont constitué le discours philosophique, les identifier, voir les jeux de sens auxquels elles ont invité la pensée depuis toujours...

Il ya bien sûr un certain pathos de la vérité impossible: le philosophe, et le jeune étudiant en philo à sa suite, sont condamnés à comprendre que ce qu'ils désirent le plus leur est depuis toujours et à tout jamais interdit. Il y a pathos, ce qui pourra paraître suspect, mais ce pathos lui-même est le réel, c'est le réel qui est lui-même « suspect ». Il y a cette attitude étrange qui est la nôtre: le meilleur moyen de comprendre le monde est encore de le quitter, mais, par un retour au bon sens premier, c'est aussi le meilleur moyen de le manquer. Il reste néanmoins la noblesse pure de ces instants intimes, solitaires, où l'on ne se regarde pas travailler, où s'enchaînent les pages de notes sur l'ordinateur et les gorgées de café, les accélérations du coeur et le regard halluciné qui retrouvera le dehors quelques jours après, presque surpris que le monde soit encore là... Le plus impressionnant, c'est le rythme que peut parfois prendre la pensée sans discontinuer: les concepts se lient les uns aux autres, s'appellent et se répondent. Il n'y a plus d'endormissement, les concepts peuplent le sommeil. J'ai toujours eu l'intuition, depuis mes années de khâgne, que les heures de délire fébrile étaient des instants propices à la démultiplication d'une certaine intelligence mécanique, involontaire, auto-déployée, et qu'il était bien dommage que, par définition, on n'en puisse garder de trace autre que la sensation d'altération de soi, de perte de souveraineté de la raison. Ça tournait en nous, ça touchait du doigt quelque chose d'essentiel, mais nous n'étions pas là quand ça s'est passé. Ça délirait tout seul, mais nous étions absents. Ainsi commence l'aventure des insomnies, qui ne font peur qu'à qui ne veut jamais aller plus loin que soi-même.

Il y a l'urgence du compte à rebours, les jours qui défilent et rapprochent des échéances : il faut, quelque part dans l'avenir, rendre la trace imparfaite mais maximale de ces jours d'activité. Au fond, l'université tient son intérêt non pas des petites traces écrites que nous leur rendons parfois, mais uniquement de l'intensité propre et secrète que chacun se sait prêt ou non à lui accorder. Le résultat administratif ne vaut, en réalité, que par le cheminement intime que chacun aura bien voulu accomplir. Le mien est une constante circulation entre un héritage infini et écrasant qui est la culture classique telle qu'enseignée en khâgne, avec toute la rigueur et la puissance prodigieuse qu'à la fois elle exige et génère, et la culture littéraire actuelle de l'imaginaire, où il se passe quelque chose de magique, de très beau, une « humanisation » de soi-même et du monde. Je tente de nourrir l'une de l'autre. Les idées rencontrées dans l'une seront la source nourricière de l'autre: c'est la théorie de la métaphore d'Aristote qui nourrira durablement la compréhension de Pynchon, de DeLillo, de la science-fiction... c'est en retour, l'énergie générée par la littérature qui me donne toujours la vivacité nécessaire pour circuler dans les concepts, pour approfondir mes propres pré-compréhensions des oeuvres philosophiques. Il y a entre la philosophie et la littérature un rapport organique. J'ai toujours cru qu'au fond la philosophie avait une essence narrative, que les grands systèmes de pensée nous racontaient des aventures incroyables entre les concepts. Il faut voir comment, dans la Critique de la Raison Pure, Kant semble réengendrer la totalité d'un esprit humain tout en lui interdisant à tout jamais d'outrepasser les limites que sa propre genèse lui aura assignées; il faut voir les aventures de l'Esprit chez Hegel; il faut voir la mort de l'ancienne philosophie chez Rosenzweig, mort que celle-ci n'a jamais cessé de se préparer puisque tous les concepts centraux qu'elle a créés – Dieu, monde et homme – sont faits pour s'excéder eux-mêmes, pour se dépasser dans ce qui ne tolère plus la totalisation... Pour peu que cette littérarité des concepts ne nous échappe pas, la philosophie sera toujours une pratique vivante, engageant le corps du lecteur autant que sa compréhension mentale ou spirituelle. Tout est transition, alors: le corps se laisse transir par les effets engendrés par la compréhension, la marche n'est plus là-même pour qui se demande un jour, à la lecture de Rosenzweig, s'il est réellement un être de l'histoire, du devenir et de l'empire, ou s'il n'a pas depuis toujours, au plus profond de lui-même, désirer sortir de l'histoire, entrer dans un temps qui ne passe pas, inaccessible au devenir historique... Il n'y a jamais, en philosophie, uniquement doxographie. Nous ne saurions nous contenter de comprendre formellement ce qui, un jour, historiquement, s'est dit à tel point de l'espace-temps par un homme. Ce qui s'est dit à cet instant a encore un impact qui ne saurait mourir ni s'atténuer. Les doctrines ne sont pas immatérielles: elles vivent en venant nous transir, nous transpercer de part en part, infecter nos existences de leur saveur sans cesse renouvelée. C'est peut-être même dans les instants de lecture philosophique de ce type que l'on redécouvre au mieux son propre corps, lorsqu'on cesse d'oublier celui-ci par les sensations. Les sensations que l'extérieur nous permet d'avoir tendent à nous faire oublier notre corps propre: je me nie tout entier dans la jouissance d'un parfum, d'une musique, d'une lumière, je tends à devenir ce parfum, cette musique, cette lumière, ce livre. La philosophie me restitue mon propre corps, elle m'en restitue la présence terrienne et spirituelle à la fois. Elle en redonne le sentiment de la noblesse inviolable, elle attire l'attention sur l'aventure toujours risquée de sa rencontre avec un monde. Le concept est un vecteur, il est ce qui doit me rediriger, par la compréhension intellectuelle, vers mon corps, et ma transitivité essentielle (le fait que je sois « au monde », « pour autrui », qu'autrui soit toujours mon origine et ma destination...).

C'est quand le monde extérieur est mis entre parenthèses que l'on peut élucider ce que signifient « avoir un corps », « rencontrer un monde ». J'ajouterai à cela, de tonalité husserlienne, la remarque que l'une des meilleures manières de redécouvrir son corps est aussi d'être condamné pendant une bonne semaine à la douche froide, en attendant que le plombier vienne changer le chauffe-eau du studio. La douche froide, c'est une méthode phénoménologique de découverte violente de certaines pulsionnalités propres au corps: le bleuissement violacé des ongles des orteils, la rétraction de chaque poil (présent en abondance chez Systar), la chatouille glacée sur chaque partie du corps que l'on taquine, une par une, avant de se lancer enfin dans l'aspersion intégrale, la contraction du muscle (abondant également chez Systar) sous l'épiderme frigorifié...

Paul Ricoeur, pourtant, aurait sans doute froncé son très rigoureux sourcil à lire les lignes que je propose à votre bienveillante appréciation, lui qui écrivait dès 1953, dans l'article « Sur la phénoménologie » (que vous pouvez retrouver dans le volume A l'école de la phénoménologie, chez Vrin):

« Platon enquêtant sur « la population du monde des idées » (selon l'expression pittoresque de Sir David Ross) se demandait avec perplexité s'il fallait aussi supposer une « Idée » du poil et de la crasse. Aujourd'hui, où la moindre analyse d'expérience ou de sentiment se drape du titre de phénoménologie, on attendrait plutôt une phénoménologie du poil et de la crasse. Peut-être d'ailleurs a-t-elle été écrite ou va-t-elle l'être incessamment. »

Tout n'est peut-être pas objet pertinent pour une phénoménologie. Avec un humour inattendu et d'autant plus féroce, Ricoeur nous offre alors en note de bas de page cette saillie parfaite, à laquelle j'ai été fort sensible:

« Le poil est (c'est-à-dire se donne pour) la fine pointe de l'ambiguïté; il est entre le pour soi et l'en soi, entre l'être et l'avoir; quand il tombe, il chute du corps propre dans la chose; il préfigure ainsi le cadavre que je deviens; si bien que quand il pousse, c'est mon être-pour-la-mort qui grandit en moi. »

Entre les douches froides, il y avait donc quelques moments d'exotisme. Rien n'est, en réalité, moins ennuyeux que la phénoménologie, et les exégèses auxquelles elle a pu donner lieu. Il faut voir certains passages des commentaires sur Husserl proposés par le jeune Derrida, celui qui posait déjà des questions de style déconstructeur aux livres qu'il lisait, mais ne donnait pas encore l'impression de s'écouter parler ou de se regarder écrire par moments. (le chic du chic chez Derrida, comme le montre son introduction de 1990 à la réédition du Problème de la genèse dans la phénoménologie de Husserl, est de se regarder en train de s'écouter, et de se le reprocher tout en continuant à le faire)

Mais Derrida, c'était, outre un exégète de premier plan, une plume magnifique, vivante, rythmée, souple, malicieuse. La récompense d'une lecture de Derrida, c'est bien ce plaisir esthétique pris à lire des phrases alambiquées, ciselées, à la limite de la préciosité, surchargées de sens multiples. Des exemples? En voici, avec la dernière phrase de ce paragraphe parfait:

« Le champ de l'écriture a pour originalité de pouvoir se passer, dans son sens, de toute lecture actuelle en général; mais sans la pure possibilité juridique d'être intelligible pour un sujet transcendantal en général, et si le pur rapport de dépendance à l'égard d'un écrivain et d'un lecteur en général ne s'annonce pas dans le texte, si une intentionnalité virtuelle ne le hante pas, alors, dans la vacance de son âme, il n'est plus qu'une littéralité chaotique, l'opacité sensible d'une désignation défunte, c'est-à-dire privée de sa fonction transcendantale. Le silence des arcanes préhistoriques et des civilisations enfouies, l'ensevelissement des intentions perdues et des secrets gardés, l'illisibilité de l'inscription lapidaire décèlent le sens transcendantal de la mort, en ce qui l'unit à l'absolu du droit intentionnel dans l'instance même de son échec1. »

C'est fort, c'est très fort, ce retour de l'écriture littéraire dans le commentaire philosophique. Très artiste. Mais jugez plutôt de l'excellence de cette conclusion, qui nous introduit directement aux problématiques de la différance, au terme d'une patiente et passionnante lecture de Husserl, où, par le même processus de montée en intensité graduelle, vers un paroxysme, Derrida nous explique que le transcendantal c'est la différence:

« La Différence originaire de l'Origine absolue qui peut et qui doit indéfiniment, avec une sécurité apriorique, retenir et annoncer sa forme pure concrète, comme l'au-delà ou l'en-deçà donnant sens à toute génialité empirique et à toute profusion factice, c'est peut-être ce qui a toujours été dit sous le concept de « transcendantal », à travers l'histoire énigmatique de ses déplacements. Transcendantale serait la Différence. Transcendantale serait l'inquiétude pure et interminable de la pensée oeuvrant à « réduire » la Différence en excédant l'infinité factice vers l'infinité de son sens et de sa valeur, c'est-à-dire en maintenant sa Différence. Transcendantale serait la certitude pure d'une Pensée qui, ne pouvant attendre vers le Telos qui s'annonce déjà qu'en avançant sur l'Origine qui indéfiniment se réserve, n'a jamais dû apprendre qu'elle serait toujours à venir.2 »

Magnifique. Mais écrasant. Eh oui, écrasant, par les implications de ce qui, par ce développement, s'est laissé démontrer en toute rigueur: le mouvement même de la pensée est de se compliquer toujours plus en voulant se purifier et retrouver une unité primordiale qui n'a jamais existé, mais a toujours été désirée... C'est là aussi que trouvait son lieu de naissance la fébrilité qui m'envahissait: ainsi donc, nous sommes condamnés à entrer dans une pensée qui ne tolère ni début ni fin, nous n'en aurons jamais fini... Pathos de l'infini, vertige de l'interminable, auquel sans doute Husserl lui-même a compris qu'il s'affronterait toute sa vie durant, jusqu'à écrire des lignes d'une terrifiante beauté:

« Je ne savais pas qu'il fût si dur de mourir. Et pourtant je me suis tellement efforcé, tout au long de ma vie, d'éliminer toute futilité...! juste au moment où je suis si totalement pénétré du sentiment d'être responsable d'une tâche, au moment où, dans les conférences de Vienne et de Prague, puis dans mon article (Die Krisis), je me suis pour la première fois extériorisé avec une spontanéité si complète et où j'ai réalisé un faible début – c'est à ce moment qu'il me faut interrompre et laisser ma tâche inachevée. Justement maintenant que j'arrive au bout et que tout est fini pour moi, je sais qu'il me faut tout reprendre au commencement... 3»

Il faut néanmoins toujours une respiration, même si et parce que l'esprit menace de créer pour lui-même des boucles. Ma reprise de souffle, avant le sommeil, c'était la relecture permanente de l'ouverture surpuissante du livre-monde de Don DeLillo, Outremonde, cette narration si étrange de DeLillo, d'une sécheresse toute mesurée, dans la communication permanente de la sensation et de la réflexion, du détail et du processus gigantesque, de l'anodin et du nécessaire. La première phrase, qui sonnait si bien, la marche d'une histoire qui ne passe pas par les hauteurs, mais par les horizontalités immanentes de la masse dont la vie n'est pas une somme syncopée d'événéments exceptionnels, mais bien le tissu continu et satiné d'un quotidien qui n'en finit pas, par sa densité propre, par sa pesanteur sereine, de dicter aux gens leur destin... C'était beau, et je me mettais à rêver, tout comme DeLillo avec le baseball que son roman évoquait, de donner un jour un grand roman sur le basket, sur les foules qui y traînent, sur le pur mouvement du ballon et des corps, sur l'interminable préparation de la trajectoire parfaite du ballon et du corps du joueur, sur la joie du tir lointain, sur l'âpre lutte charognarde sous les panneaux... Un jour, quand j'en aurais fini avec ces mémoires à rédiger, je retournerais au monde, et j'irais y puiser et y instiller les ferments d'un chiasme: mondanisation de la littérature, littérarisation du monde...

Les apnées telles que celle que j'ai vécue pour accomplir mon travail universitaire ont, comme les apnées réelles, l'étrange avantage de se faire croire interminables. Leur fin vient toujours, mais elles restent, dans leur qualité de durée vécue, ressentie, interminables. C'est leur beauté: elles semblent être la préparation qui n'en finira jamais à une vie charnellement, mondainement vécue. Elles préparent l'âme à retrouver « le sens de l'immanence ». Etrange posture que celle d'une existence qui, interminablement, se prépare à vivre... N'était-ce pas ce que disait, par une jolie métaphore, l'incipit de DeLillo, avec cet enfant empli d'espoir qui s'apprête, en sautant par-dessus les bornes d'entrée du stade, à aller en fraude regarder son match de baseball à New York, au beau milieu de dizaines de milliers de spectateurs? La beauté est là: dans les genèses, dans les préparations fébriles, dans l'instant infime et incompressible pourtant qui prépare les passages à l'acte, dans les amorces d'existence. Dans les douches froides, dans les découvertes d'auteurs, dans les années d'études qui ne sont pas simplement années de formation intellectuelle, mais autant d'occasions données pour une genèse de soi, une sculpture patiente et attentive de soi, dans l'ombre, en coulisses, avant la grande exposition à tous les soleils et à tous les projecteurs de la pleine scène du monde...

« Il parle avec ta voix, il parle américain, et il a une lueur dans l'oeil qui est moitié espoir.

C'est un jour de classe, eh oui, mais il n'est pas dans les parages de l'école. C'est ici qu'il veut être, debout dans l'ombre de cette vieille construction massive à la structure rouillée, et on ne peut pas l'en blâmer – cette métropole d'acier et de béton, de peinture écaillée et d'herbe tondue, avec d'énormes paquets de Chesterfield en travers des panneaux, chacun avec deux ou trois cigarettes qui dépassent.

L'ardeur à grande échelle, voilà ce qui fait l'histoire. C'est juste un gamin avec une ardente aspiration locale, mais il fait partie d'une foule qui s'assemble, des milliers d'anonymes descendus de trains et de bus, des gens en rangs serrés dont les pas martèlent le pont tournant au-dessus du fleuve, et même si ce n'est pas une migration ou une révolution, quelque vaste ébranlement de l'âme, ils apportent avec eux la chaleur corporelle d'une grande ville, leurs rêveries et leurs désespoirs minuscules, ce quelque chose d'invisible qui hante leur journée – des hommes au chapeau mou et des marins en permission, le flot tumultueux de leurs pensées, en allant au match.

Le ciel est bas et gris, de ce gris tourbillonnant des vagues qui viennent mourir.

Il est au bord du trottoir avec les autres. Il est le plus jeune, à quatorze ans, et à l'inclinaison anxieuse de son corps on devine qu'il est fauché. Il n'a encore jamais fait ça et il ne connaît aucun des autres, il n'y en a que deux ou trois qui ont l'air de se connaître, mais ils ne peuvent pas le faire isolément ou à deux alors ils se sont repérés entre eux à force de regards obliques pour détecter le compagnon de folie et ils sont là, des gamins noirs et des gamins blancs émergés du métro ou issus des rues avoisinantes de Harlem, des ombres maigrichonnes, des bandidos, quinze en tout et, d'après la légende en la matière, il en passera peut-être quatre pour un qui sera pris4. »

1Jacques Derrida, introduction à L'origine de la géométrie, PUF, p. 85.

2Ibid., p. 171.

3Note de Derrida, p. 283 du Problème de la genèse dans la phénoménologie de Husserl: « Ce sont les mots de Husserl à sa soeur, le Dr Adelgundis Jägersschmidt, lors d'un entretien qu'il eût avec elle durant sa dernière maladie grave. - Cité par M. W. Biemel, introduction à La philosophie comme prise de conscience de l'humanité, Deucalion, Vérité et Liberté, 3, p. 113 (1950). »

4Don DeLillo, Outremonde, Actes Sud, p. 13-14.

Commentaires

hmmm... à quand la phénoménologie du poil tout seul au fond de la baignoire?

Ecrit par : camille | 31 mai 2007

Euh... bonne question. Le problème, c'est que je ne vois pas trop comment faire des variations eidétiques pertinentes sur le poil au fond de la baignoire. Une phénoménologie de l'engueulade qui en résulte ("mais t'es vraiment crado, t'aurais pu enlever tes poils/cheveux!") me semblerait plus riche: construction de la subjectivité par l'intersubjectivité transcendantale, etc.
Mais sinon je préfère m'en tenir à ce que dit Ricoeur: faut pas voir dans toutes les cochonneries du quotidien l'occasion de s'extasier pour un oui pour un non ("mais tu te rends compte, quand même, la profondeur vertigineuse de la métaphysique de ce rouge à lèvres? de ce peigne? de ce boulon?")

Ecrit par : Bruno | 31 mai 2007

Ah si! c'est une piste à creuser la métaphysique du rouge à lèvres!

Ecrit par : Nathalie | 31 mai 2007

Je crois que dans l'opposition Platon/Baudelaire sur le maquillage, tu trouveras l'essentiel de ce qui peut être dit sur la question.
Ce que j'ai compris du maquillage en voyant un jour ***** se maquiller, c'est que ça n'embellit pas la nana, ça crée juste un écran, ou un filtre, entre sa chair et les regards que le monde extérieur portera sur elle. C'est pas un gain, c'est une transformation, simplement, et ça tient plus, à mon avis, chez la plupart des nanas, de l'attitude de protection, voire de pudeur, que de la volonté de plaire à tout prix. Enfin, au plus profond, parce que la plupart des filles répondront sans doute qu'elles se maquillent pour être belles, plaire, et toutes ces conneries. Comme si ça dépendait vraiment d'elles qu'elles se mettent à nous plaire...!

Ecrit par : Bruno | 31 mai 2007

métaphysique du rouge à lèvre... très Nothombien tout ça. mais si, rappelez-vous : cosmétique de l'ennemi, hygiène de l'assassin...

Ecrit par : camille | 31 mai 2007

Sans oublier "Métaphysique des tubes", qui désigne bien entendu non pas les tubes digestifs des gamins, mais bien les tubes de rouge à lèvres.

Ecrit par : Bruno | 01 juin 2007

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