12 février 2009
L'Herbe de la Trinité

« Geordi s’écarta du chemin pour aller voir de plus près le ruisseau qui serpentait dans le jardin. Sa fraîcheur, d’ordinaire, apparaissait en bleu dans son champ de vision infrarouge, et son doux bruissement apaisait ses soucis.
Il se tenait sur la berge moussue quand une voix aboya :
- Ne marche pas sur mon hépatique !
Le jeune Noir sursauta, cherchant l’origine de la voix. Un vieillard au pantalon souillé de terre le menaçait avec un plantoir :
- Tu ne marches pas sur la pelouse, mais sur mon parterre d’Herbe de la Trinité !
- Je suis… désolé, bafouilla Geordi. Pour moi, toutes les herbes se ressemblent.
- Oh, je vois. Tu dois être La Forge.
- Vous me connaissez ? demanda-t-il, surpris.
A l’Académie, il n’avait pas rencontré beaucoup de gens qui s’intéressaient assez aux étudiants de première année pour mémoriser leur nom.
- Certainement, répondit le jardinier, s’agenouillant pour redresser les plantes que le cadet avait écrasées. Je connais tout le monde ici, et tout le monde me connaît.
- Vous êtes Boothby ! s’exclama Geordi, se souvenant des histoires qu’on racontait au sujet du bonhomme. Comment se fait-il que je ne vous aie jamais vu auparavant ?
- Tu n’as pas dû marcher sur mes plantes. C’est le meilleur moyen de me rencontrer.
La Forge sourit malgré l’air renfrogné du vieillard :
- Je suis vraiment désolé.
- Eh bien, au moins, tu as des excuses. Les autres sont maladroits. (Satisfait de son travail, Boothby se releva.) Alors, tu aimes l’Académie ?
- Assez.
- Seulement assez ? Venir ici est censé être la chance de ta vie ! C’est la meilleure école de la Fédération, à ce qu’on me dit, et tu aimes « assez » t’y trouver ?
Geordi fit mine de s’éloigner :
- Je ne veux pas vous déranger.
- Tu ne me déranges pas. Je suis curieux. C’est pour ça que je sais tout. Tu ne crois pas que tu vas réussir, c’est ça ?
Le Noir haussa les épaules :
- Comme vous le dites, j’ai des excuses pour commettre des erreurs : je suis aveugle.
- Alors, tu as déjà trouvé une excuse à un échec éventuel, conclut Boothby. Je vais te dire une chose, La Forge : l’Académie est dure pour tout le monde. J’en ai vu passer beaucoup : les meilleurs et les moins bons…
« Certains échouent alors qu’ils ont tout pour réussir, et d’autres finissent amiraux, alors qu’on ne leur donnait pas une chance de terminer leur première année.
« Former des officiers de Starfleet, c’est un peu comme jardiner. On choisit les pousses les plus solides, on les chérit, et on espère pour le mieux… Souvent, elles refusent quand même de grandir. Parfois, les mauvaises herbes les plus laides font mieux que les rosiers. Tu me suis, La Forge ?
Geordi sourit :
- Oui. »
John Vornholt, La prise de l’étendard (Star Trek : Starfleet Académie), Pocket Junior SF, 1996, pp. 25-28.

Ma toute récente expérience de professeur m’a renvoyé à ces quelques pages d’un livre que j’ai adoré lire et relire quand j’étais petit. Cet épisode de l’Herbe de la Trinité m’avait frappé par son message simple, sans doute cela a-t-il contribué, inconsciemment, à façonner ma vision de l’ambition personnelle, de la réussite, de la méritocratie, et à faire de moi le partisan d’un élitisme raisonné.
Certes, sur l’échelle de Colin de la bien-pensance du livre de SF jeunesse, le texte de Vornholt ne trouverait sans doute pas une place ou un classement avantageux, mais qu’importe. Eviter le misérabilisme, l’auto-apitoiement, voilà ce que réussissait ce petit roman bien fichu. Evidemment, La Forge, dépassant son handicap, gagnait le jeu de l’étendard avec une équipe de branques contre une bande d’aryens et d’extra-terrestres surentraînés, grâce à son intelligence tactique. C’est très américain, comme message, très « if you want, you can », mais après tout c’est bien pour inculquer cette mentalité à mes élèves dans leurs choix d’orientation post-bac que j’essaie d’oeuvrer en ce moment. En tout cas : pour ceux qui "[ne] refusent [pas] quand même de grandir"…
* * *
Les amis publient des choses sympathiques en ce moment.
Pendant que je m’enfonce dans une nième conceptualisation du « messianique » comme catégorie de l’existence, voire de la « vie », Olivier joue aux échecs et s’enfonce dans la schize. Il a bien raison, en tout cas, de faire ce qu’il décrit ainsi :
« je m’intéresse avant tout aux œuvres qui d’une manière ou d’une autre – évidente dans le cas de La Mémoire – font écho à ces obsessions qui désormais ne me quittent plus et qui forment la matière même de mes écrits à venir. »
Sur le principe, c’est apparemment (mais en apparence seulement…), d’un strict point de vue de rigueur méthodologique, douteux. Du moins, cela ne manquera pas de faire peur à qui ignore qu’on ne parle jamais de nulle part, et que, depuis Gadamer, nous ne cessons d’apprendre ce que cela signifie, via la compréhension interprétante, de parler depuis un certain lieu. Fût-il celui de la scission, c’est-à-dire la perte du monde, donc une problématique intégralement intramondaine qui n’est pas la mienne, qui, à la faveur de la lecture de Michel Henry, tente de comprendre en quoi le messianique pourrait être pensé comme déclinaison de la Vie, le non-scindé, l’auto-affection pure, inapparente, joie pure, transcendance absolue que les chrétiens ont su approcher et nommer amour.
C’est peut-être de cela que François s’approche sur Shalmaneser, à la faveur de ses réflexions étoffées et minutieuses sur les rapports entre musique et pensée. Quelque chose bouillonne par là, qui débouchera sur une pensée de la grâce musicale, du destin de Jérusalem, de l’incarnation chez Pierre Michon, tout ceci n’étant peut-être que les étapes d’une variation eidétique autour d’une même réalité, ou d’un même événement, qui reste à nommer, et que François nommera.
* * *
A venir, sous le mode d’une fausse promesse :
- la pensée de la dépossession et de l’abandon dans Les Dépossédés d’Ursula Le Guin.
- le messianique, figures d’une catégorie existentielle, vitale, historique, politique, extra-politique.
- Guy Lardreau et la science-fiction : comment la science-fiction pense-t-elle ?
17:06 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, philosophie, schizophrénie, musique, django reinhardt, littérature, fabrice colin
11 juillet 2008
ça, c'est fait...

Le moment est venu pour quelques remerciements chaleureux.
A ma famille, d’abord. Elle sait très bien tout ce que je lui dois. En philosophie rosenzweigienne, on dit que cela relève de l’ « hyperbole » : le moment où l’infini fait irruption dans l’existence.
A Olivier et aux siens, ensuite, pour la présence sans faille. Merci pour tout, Trans-ami.
A François, pour la fidélité, l’équanimité, et ce désormais fameux sens de l’immanence…
A la triade des « mentors » (qui n’assumeront sans doute pas une telle dénomination, mais peu importe, c’est bien là le rôle qu’ils ont joué) : Nicolas, Serge, et Camille, ce dernier m’ayant tout simplement indiqué systématiquement les bons livres à lire au bon moment… A Nicolas, je dois l’approche « athlétique » de l’événement, et la prise de conscience que l’estime de soi est un processus toujours en cours, qu’il ne faut pas craindre de réaffirmer. A Serge, il y a des années, la compréhension que mon « Lieu pensant » serait au croisement de la science-fiction, de la philosophie, et des incontournables métaphores… et la réactivation, récente, d’une telle ambition, qui m’a porté tout au long de l’année.
A tous les autres, enfin : Nathalie, qui veillait corréziennement sur moi, Marilou et Stéphane, redoutables comparses de discussions blue-bayouoïdales et belles-lettrées, tout l’ActuSF team (les deux Jérôme, et, bien sûr, Charlotte), Thibaut, Claude R., et tous ceux qui ont réussi à me faire croire que je pouvais valoir mieux que les effondrements hivernaux de ma volonté.
Maintenant : les temps vont changer, sans doute. Mais trop de choses ont déjà été élaborées, ébauchées, amorcées, pour que rien n’en ressorte, sous une forme ou sous une autre. L’hapax Illiana et le grand Jeu des Messianiques, la métamorphose des mondes, les recherches sur la structure de L’Etoile de la Rédemption , sont autant de rayons émanés du centre vide d’où tout est parti cette année. Ce sont ces rayons que je prolongerai bientôt, dans le souvenir d’une authentique année de grâce.
19:12 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : systar, je raconte ma vie mais elle est passionnante, transhumain, shalmaneser, science-fiction, philosophie
25 février 2008
Religion(s) et politique: figures médiatiques d'un duo infernal
(1) Et sans que l’on puisse, finalement, trancher pour savoir si cette résurgence de « Dieu » dans la politique est une bonne ou une mauvaise chose, puisque personne n’a pris la peine de bâtir, au-delà des ritournelles laïcardes et/ou anti-sarkozystes primaires, de réels critères d’évaluation de cette réintroduction de la religiosité dans le débat public…
22:07 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, ump, bernard-henri lévy, philippe sollers, christianisme, histrionisme médiatique
23 novembre 2007
Confirmation...
L'info:
PARIS - Le rectorat de Paris a décidé vendredi de fermer l'université de la Sorbonne jusqu'à lundi suite à des tentatives de blocage du bâtiment par un "groupe d'étudiants parisiens" qui ont eu "recours à la violence physique".
"Un groupe d'étudiants persiste, en dépit de multiples tentatives d'interposition par les services de sécurité de la Sorbonne, à bloquer l'accès du bâtiment", a déclaré le rectorat de Paris dans un communiqué. Ces étudiants "font chaque jour usage de la force, et ce matin ont eu recours à la violence physique contre les étudiants et étudiantes qui voulaient suivre leurs cours", affirme le rectorat.
"Les libertés universitaires ne sont pas assurées et la sécurité des personnes n'est plus garantie. En conséquence, après avoir informé les présidents d'université concernés, la décision a été prise de fermer la Sorbonne jusqu'au lundi 26 novembre au matin", annonce le rectorat.
Cette fermeture intervient au lendemain d'une nouvelle journée de manifestations des étudiants contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, qui a été marquée par une faible mobilisation. AP
Voici donc la confirmation de ce que j'écrivais hier.
Ceci dit, ce soir, j'aurai mon cours du vendredi. Le prof qui tient ce cours habituellement a donné rendez-vous par sms à ses quelques agrégatifs germanistes, ailleurs qu'à la Sorbonne, afin de pouvoir assurer la séance.
Au fait, pour la petite blague... Devinez sur quoi porte ce cours? Le Capital, de Marx. Ironie ultime de notre époque: il faut affronter les velléités d'engagement politique de l'extrême gauche pour pouvoir étudier... Marx.
12:21 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, UMP, politique, Sorbonne, l'extrême gauche m'emm..., Marx
22 novembre 2007
Automne 2007: génération "blocage"?
C'est un bien étonnant automne qu’il nous est donné de vivre cette année. Il ne fait pas bon, visiblement, être président de la République, émérite ou en exercice, par les temps qui courent. On se trouve mis en examen lors même qu’on a pris soin de clamer dans les journaux son innocence et sa bonne foi les plus totales, ou bien l’on connaît une vague d’oppositions à la politique pour laquelle on a pourtant massivement été élu. Laissons le premier de ces deux personnages régler ses comptes avec son propre passé – assurément, « toute la lumière sera faite dans cette affaire » - , et attachons-nous à tous ces événements (ou non-événements, c'est selon) qui émaillent notre quotidien depuis la mi-novembre.
Assurément, cela ricanait ferme à gauche, et à gauche de la gauche (la « vraie » gauche, si vous préférez, c'est-à-dire celle qui n’oublie jamais qu’on n’est jamais « assez » à gauche…), lorsque les sirènes UMPistes entonnaient comme un seul homme l’antienne quelque peu éculée et faussement messianisante de la « rupture », et glorifiaient ce petit homme au verbe efficace qui « rendait toutes choses possibles ». Et certes, y eut-il rupture, en réalité ? Non, il y eut plutôt la tentative d’accomplissement de ce qui avait été annoncé, et la volonté de tenir les engagements pris pendant une campagne. Le tout dans la continuité de ce qui s’était fait sous le patronage du très poétisant et très napoléonisant Dominique de Villepin, en plus tonique toutefois.
C'est dans ce cadre que nous en sommes venus à cette fameuse réforme des régimes spéciaux et à la loi de réforme des universités, principales transformations politiques ayant un impact sur mon quotidien de petit agrégatif planqué, auto-satisfait, un rien petit-bourgeois, victime d’une fatigue patente de la pensée et d’une lamentable dissolution du rêve de « lien » social (et d’amour et de paix et de fraternité entre les hommes, mais laissons Mireille Mathieu en paix, le 6 mai nous a assez démontré qu’il valait mieux ne pas réveiller les mauvais penchants braillards de la chanson française).
Sur les grèves dans les transports, au fond il y a peu à dire. Elles sont « normales ». C'est-à-dire qu’elles sont expliquables, rationnellement. Une population à qui l’on tente d’ôter certains avantages dont elle avait jusqu’alors bénéficié tente de les conserver en allant à l’épreuve de force : rien que de plus compréhensible. Compréhensible, pour peu qu’on ne tente pas de présenter l’épisode comme je ne sais quelle geste héroïque d’opposition à un chef de l’Etat autoritaire et anti-social auquel obéirait servilement un gouvernement fantômatique et un parlement soumis. On est loin du compte, semble-t-il, mais sans doute l’extrême-gauche ne comprend-elle pas non plus que Nicolas Sarkozy est en train de profiter des agitations de celle-ci pour en accentuer l’implosion bien réelle (voir le cas éloquent de la CGT). Jamais les syndicats d’extrême-gauche n’ont semblé aussi faibles sur le plan symbolique, c'est-à-dire politico-médiatique.
Ce même syndicalisme, il importe de mesurer sa pénétration réelle dans les milieux étudiants. C'est simple : elle est quasi-nulle. L’UNEF, tout le monde s’en fout à la Sorbonne. Pire encore : tout le monde sait que ce syndicat étudiant, le plus puissant politiquement (médiatiquement, grâce à l’inénarrable Bruno Julliard, qui n’en finit pas de faire des études préparatoires à son inéluctable intégration au PS), est malhonnête (en Sorbonne, je ne saurais trop recommander aux étudiants qui souhaitent être représentés par un syndicat honnête, de s’adresser plutôt à l’AGEPS, mais ceci n’est qu’une parenthèse, d’autant que je n’y suis pas moi-même et n’ai pas l’intention d’y être…), et surtout que la période de contestation anti-CPE, contestation dont il avait été l’un des fers de lance, l’a affaibli, sinon dans le nombre de représentants, du moins dans l’opinion étudiante. Le monde étudiant veut-il, et mérite-t-il, d’aussi piètres représentants ? Mérite-t-il vraiment ces idéologues précoces qui n’ont même plus la vista intellectuelle marxisante ou maoïste de leurs aînés ? Mérite-t-il ces ânes bruyants qui appellent l’exorciste dès qu’ils entendent « entreprise », « professionnalisation », « contrat », « autonomie » ? Je ne le crois pas. Pour les raisons que vous lirez dans l’analyse de Luc Cédelle parue dans Le Monde hier, d’une part. Et au nom du fait, d’autre part, que cette génération de petits crétins assoiffés de passages devant les caméras complaisantes et les micros allègrement tendus, a pris la désastreuse habitude de saccager le rythme des années universitaires.
Eh oui : allons-y de notre AG improvisée en un quart d’heure, mettez-moi cinq mecs à l’entrée de l’amphi pour empêcher les anti-blocage de venir voter, et méfions-nous des vigiles de facs, ces salopards armés de matraques télescopiques qui osent intervenir quand nous, les saints des nouveaux temps, on « s’engage » politiquement.
A ces petits messieurs et à ces charmantes demoiselles qui se veulent les nouveaux innocents chargés de défendre la liberté des savoirs, de la culture, et investis de la mission toute messianique d’affronter l’oppresseur sarkozyen, sans doute faut-il poser quelques questions, en leur enjoignant de réfléchir très calmement à ce qu’ils répondront.
Tout d’abord : qui êtes-vous pour décréter que les cours dont vous empêchez la tenue doivent être sacrifiés pour la transcendance absolue de votre engagement et de votre « cause » ? Qui êtes-vous pour utiliser ces cours afin d’être audibles ? Les plus doués d’entre vous, intellectuellement, n’ont-ils pas souvent bénéficié du cocon des prépas, ou même d’années de fac qui ne furent pas troublées, et ne sont-ils pas le produit d’un enseignement qu’on n’a pas perturbé et qu’on a laissé se déployer lors d’années pleines ? N’est-il pas trop facile de jouir d’ambiances de travail idéales et préservées de tous les troubles possibles pour venir ensuite empêcher d’autres personnes qui ont besoin d’aller aux cours pour avoir leurs examens (ou se préparer correctement à des concours…), d’assister à ces cours ?
« Mais sinon, personne ne nous écoute… » : est-ce bien là notre problème ? devons-nous accepter vos petites logiques d’homéopathie, de mal nécessaire, d’ « on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs » ? Question ultime et vicieuse : n’est-ce pas plutôt, cette rhétorique que vous adoptez pour vous justifier, ce qu’affirmerait le gouvernement que vous prétendez affronter ? N’est-ce pas plutôt le propre d’une politique de droite d’exiger des individus un effort intense, sinon des sacrifices, en vue d’un résultat global le plus efficace et le plus satisfaisant possible ?
Enfin, sur le fond de cette réforme des universités, il convient de lire avec attention le texte de Luc Cédelle, qui, malgré quelques points de détail où j’exprimerai un certain désaccord (notamment sur la description d’étudiants qui se seraient « laissé faire », ou du « cas » Tolbiac, devenu depuis le printemps 2006 un lieu légendaire de notre chère génération « blocage », ou encore sur la perception étudiante du monde de l’entreprise), me semble proposer un point de vue intelligent sur les enjeux de cet automne :
« Université : la grande défiance
Adoptée en août dans un relatif consensus, la loi Pécresse sur l’autonomie des universités suscite depuis la fin du mois d’octobre un vent de contestation qui n’a cessé de se renforcer.
Dans les assemblées générales, le message-clé, qui mobilise les étudiants, est le suivant : cette loi organise la privatisation de l’université. Messages associés : son application mène à l’augmentation des droits d’inscription, à l’instauration de la sélection à l’entrée de l’université et à la suppression des filières non rentables.
Et pourtant, c'est faux : cette loi n’organise pas la privatisation de l’université. Elle n’augmente pas les frais d’inscription, n’institue pas de sélection à l’entrée de l’université, ne supprime aucune filière. Cela ne veut pas dire que personne ne tentera jamais de réaliser ces projets. Ni qu’il n’existerait pas, dans cette loi, des dispositions permettant d’aller, à terme, dans ce sens. Mais l’honnêteté oblige à dire que ce n’est pas dans la loi. Lors des discussions qui ont précédé son adoption, des engagements ont, au contraire, été pris pour écarter de tels projets, précisément en raison de leur caractère explosif.
Essentiellement technique (ce que récusent ses détracteurs), cette loi est destinée à donner plus de consistance au principe d’autonomie des universités, affirmé dès 1969 par la loi Faure, mais qui ne se traduisait qu’en matière pédagogique et scientifique et non dans la gestion financière. Le surcroît d’autonomie se manifeste par une « gouvernance rénovée », avec des conseils d’administration plus restreints et des présidents aux pouvoirs renforcés. Ainsi, le présidence pourra attribuer des primes aux personnels de l’établissement et recruter des agents contractuels. Chaque université disposera dans un délai de cinq ans d’un « budget global », géré par le conseil d’administration. Il ne sera donc plus nécessaire de faire remonter au ministère toute décision de gestion. La possibilité de recourir à des fonds privés pour financer des chaires ou des recherches, par le biais de fondations d’entreprise mises en place au sein des universités, est élargie, mais cela ne veut pas dire que les entreprises vont pouvoir modifier les « maquettes » de formation. De manière optionnelle, les universités peuvent obtenir la gestion de leur patrimoine immobilier. Enfin, l’insertion professionnelle devient officiellement une de leurs missions.
Chacune de ces dispositions fait l’objet de la part des protestataires d’une interprétation violemment à charge. Ainsi, le renforcement du pouvoir du président et du CA est présenté comme un « absolutisme ». Personne ne mentionne que d’éventuels excès pourraient être évités par l’instauration de règles internes comme la « charte démocratique », dont vient de se doter l’université Paris-12-Val-de-Marne : solution trop « raisonnable »… De même, le recours à des fonds privés est considéré comme venant nécessairement se substituer aux ressources budgétaires des établissements. La présence dans les conseils d’administration de personnalités extérieures, dont au moins un chef d’entreprise ou cadre dirigeant, est brandie – sans égard pour le fait que cela existe déjà – comme l’assurance que « le patronat » aura la haute main sur les programmes enseignés dans toute l’université.
Le fait que tout titulaire d’un baccalauréat pourra s’inscrire en licence, s’il est préinscrit au printemps précédent et que cette préinscription sera une condition pour bénéficier des conseils du service d’orientation de l’université est présenté dans les AG lycéennes comme la preuve d’une sélection masquée… puisque des propos dissuasifs pourraient être tenus au candidat en fonction de son profil scolaire et de ses notes.
Mais, qu'est-ce qu’une orientation dont les responsables seraient tenus de n’aborder que les points positifs ? Même l’affirmation de la mission d’insertion professionnelle de l’université et l’encouragement à développer des formations dites « professionnalisantes » sont présentés comme des abominations. « La professionnalisation est au contraire le plus court chemin vers la déqualification et la précarité », assène le texte adopté par la « coordination nationale » qui s’est tenue les 17 et 18 novembre à Tours.
La surenchère anti-médias
A entendre les initiateurs du mouvement étudiant, tout ce qui n’est pas dans la loi y serait quand même. Cachée lors des concertations préalables, enfouie derrière le texte de la loi, la volonté de privatisation de l’université relève pour eux d’une évidence que les médias, à commencer par les spécialistes des questions universitaires, auraient soigneusement dissimulée avant qu’ils ne fassent éclater la vérité. Ce scénario implique que tout discours modéré tenu sur cette loi procède d’une complicité politique avec le gouvernement, les intérêts privés, bref, « les pouvoirs ». C'est pourquoi, pour protéger son postulat de départ – une loi « qui signifie la privatisation de l’enseignement supérieur » - , le mouvement est condamné à la surenchère anti-médias qui, d’avance, fournira la seule explication à son échec possible.
Ce postulat n’est pas tombé du ciel. Il a été méthodiquement propagé par certains groupes présents en milieu universitaire et dont le point commun est de s’inscrire dans la mouvance de l’ultra-gauche. D’où la polémique sur la « poignée d’agitateurs » qui auraient artificiellement bâti un mouvement, en recourant à son savoir-faire éprouvé. Polémique biaisée, car cette éternelle théorie du complot a sa part de vérité, mais ne répond pas à la question principale : pourquoi les étudiants se sont-ils laissé faire ? Pourquoi est-on passé en quelques jours, comme sur le site de Tolbiac, de vingt-cinq « gauchistes » estampillés à un amphi bondé ? Et pourquoi le même processus s’est-il reproduit dans toute la France, qui, même étudiante, n’est pas d’extrême gauche ?
La question est large : elle s’adresse aux partis politiques « de gouvernement », inaudibles sur ce sujet, aux médias, bien sûr, dont la crédibilité est à rétablir, mais aussi au monde de l’entreprise, qui devrait quand même se demander pourquoi il prend si facilement des allures de loup-garou. Elle s’adresse aussi à l’UNEF qui, après avoir donné son aval à la loi, la rejette aujourd'hui au point de sembler cautionner le mot d’ordre d’abrogation. Cette question s’adresse à quiconque ne peut se satisfaire qu’il y ait deux jeunesses, dont l’une minée par la précarité étouffe d’angoisse. Elle s’adresse enfin au gouvernement lui-même qui, en promettant 5 milliards sur cinq ans à l’enseignement supérieur mais en omettant de porter l’effort dès cette année sur la réussite en premier cycle a suscité des attentes qu’il déçoit. »
14:15 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sarkozy, UMP, UNEF, Sorbonne, anti-blocage
10 juin 2007
Ah, on est bien...! (le retour)
00:20 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : Politique, ump, Sarkozy, G8
23 avril 2007
Le duel Royal - Sarkozy : Ah, on est bien!
"Ah, on est bien !"
Ces quelques mots de Pascal Sevran, qui résument si bien et si synthétiquement les émotions musicales et télévisuelles du troisième âge, pourraient fort bien décrire la belle surprise de cette soirée électorale du 22 avril.
Ce taux de participation record, c’est très bien, très confortable. Cela veut dire que cela n’a jamais autant voté pour un candidat (Sarkozy, en l’occurrence, avec 31% de votes), cela veut dire que la population française n’a rien d’extrémiste, puisque plus elle vote, plus les franges extrêmes de l’échiquier politique se trouve écrasées. La démocratie est en bonne santé, alors qu’on n’avait jamais eu autant peur d’un intrigant candidat de droite...!
En fait je me pose une question simple, petit sourire aux lèvres : que vont faire tous les gens que, depuis un an et demi, j’ai croisés qui m’ont déclaré vouloir quitter la France si Sarkozy passait, m’ont déclaré qu’il était dangereux ? Comment vont-ils intégrer dans leurs belles théories les 11 millions d’électeurs qui ont voté Sarkozy ? Un sixième de la population qui a voté sciemment pour le candidat de toutes les peurs : la France se serait-elle laissé séduire par les sirènes populistes de l’autoritarisme et de l’ultra-libéralisme ?
Je souris. Je m’amuse. En fait j’attends de voir les arguments et les nouvelles théories que vont développer dans les jours et les mois prochains les anti-Sarko. Il va falloir qu’ils inventent une théorie, un discours, qui explique comment 11 millions de personnes se sont fourré le doigt dans l’œil et se sont aveuglément laissé piéger par un vilain démagogue. J’attends avec plaisir cette n-ième oblitération du réel par les théorisations émanant de la gauche extrême. Tiens, allez, soyons enthousiastes : j’attends presque le nouvel opuscule de Daniel Lindenberg pour pointer non plus la débâcle de la gauche (puisque après tout, la gauche non doctrinaire se porte plutôt bien, et je m’en félicite, via les 25, 5% de Ségolène Royal, qui témoignent sans doute bien plus d’un attachement à la gauche qu’à la personne de Ségolène Royal, quoi qu’en aient dit les déçus qui pointent une « personnalisation » excessive de l’élection présidentielle), mais la puissance de la vilaine droite qui conjuguera merveilleusement le populisme, la réaction et l’ultra-libéralisme. L’essai pourrait s’appeler : L’avènement de la bête – Enquête sur les néo-populistes. Dedans, on mettrait André Glucksmann, Finkielkraut, Bruckner, Bernard Tapie, Steevy et Johnny Hallyday (pour reprendre les belles homogénéités des « listes » made in Lindenberg).
Ah, décidément, on est vraiment bien. Destruction des extrêmes, magnifique duel en perspective – pas forcément sur le plan intellectuel, mais au moins médiatique, c’est-à-dire esthétique – entre notre Hongrois déchaîné et Sainte Ségolène de l’agonie livide (ah, elle faisait peine à voir, la pauvre, elle semblait malade, terrassée par la trouille et le trac du succès, en cette soirée électorale…). J’ai une pensée émue pour Schivardi, surtout, qui est de nouveau sur son chantier au moment où je vous parle, pour Arlette Laguiller, qui aura toujours été tout aussi émouvante que ses idées sont répugnantes, et pour Frédéric Nihous, sympathique au possible. On sait qu’on reverra, par contre, très prochainement, le très islamophile Villiers, la n-ième agonie sans grâce du parti communiste français, les saillies piquantes du cow-boy Besancenot, et qu’avec Marine Le Pen se prépare sans doute une version modernisée de l’idée frontiste, dont l’évolution sera intéressante. La vie politique de ces prochaines années s’annonce passionnante. Quelle que soit l’issue de ce scrutin.
Ah, on est bien : moi qui goûte d’habitude fort peu les émissions de politique politicienne (quoique ces derniers temps, l’arrivée sur les plateaux télé de personnes comme Rachida Dati, Valérie Pécresse ou encore Naja Belkacem, ait tendance à attirer mon attention citoyenne de téléspectateur rationnel), je dois avouer avoir pris grand plaisir à voir la sortie fortement arrosée (mais à quoi ?) de Bernard Tapie sur France 2, qui rappela avec un franc-parler sidérant et hilarant que le PS, c’était « le bal des faux-culs » depuis le début, que tout le monde tirait sur Ségolène Royal, que personne de valable ne la suivait. Au fond, madame Royal doit être plainte : elle est au plus haut, elle porte avec elle un soutien populaire fort ( un électeur sur 4, ce n’est pas rien, quelle que soit la part du vote utile dans ce score), mais elle sait par avance que, peu importe l’issue du scrutin, elle ne pourra rien en faire. Son propre camp la dévorera, son premier ministre éventuel l’étouffera. Elle était étrange, cette soirée électorale socialiste : pendant que madame Royal étonnait par son mutisme et son invisibilité, puis par sa pâleur et la fragilité physique qui émanait d’elle, rue de Solférino c’était tralala paillettes et musique techno, sous la désastreuse impulsion d’un DJ Hollande qui, lui non plus, ne devait pas être à jeûn. Entre les deux scènes : un trajet en jet privé séparait les deux pacsés. La gauche moderne, quoi : monsieur s’éclate dans des ambiances parisiennes à la Jack Lang, madame préfère un peu de calme nocturne dans son Poitou et prend un jet pour gagner Paris dans la nuit. Baroque et dépensier : même à droite, on n’y aurait pas pensé.
Ah, on est de mieux en mieux : la percée de François Bayrou a bien eu lieu. Mais la petite passe d’armes qui eut lieu sur le plateau de France 2 entre Gilles de Robien, ministre de qualité du gouvernement Villepin, et le très improbable Maurice Leroy, député à la truculence fort étudiée et à la langue de bois imparable, sembla significatif de ce qu’a incarné Bayrou : à la fois une énergie, belle, indéniable (l’esprit anti-système, la rupture absolue), mais une impasse radicale. Effectivement, Bayrou avait la rhétorique et le culot nécessaires pour créer cette percée, mais il n’avait pas (encore ?) de contenu politique réel. Quand vous pouvez avoir dans votre parti, en même temps, un ministre clairement sarkophile et un ancien communiste, c’est clairement qu’il y a un problème d’identité politique, que le contenu est sacrifié au détriment d’un certain nombre d’objectifs à courte vue (menacer le système, tenter la nouveauté absolue en évitant gauche et droite), et que les éléments les plus valeureux de votre camp sont amenés, inéluctablement, à aller voir ailleurs, comme Robien l'a fait en soutenant Sarkozy.
Ah, on est pas si mal : le recul du FN demandera à être analysé avec finesse : dans l’absolu, il y a eu moins de votes pour le FN. Sont-ce des gens définitivement rassurés ? Sont-ce des gens séduits par la rhétorique de Sarkozy, qui reviendront à la première déception dans une option plus extrémiste ? La fin de Jean-Marie Le Pen signifie-t-elle un recul durable du nationalisme populiste autoritaire en France ?
Le changement de génération sera passionnant, aussi, grâce à mon facteur préféré : comment va-t-il continuer à militer ? Sans doute devra-t-il, dans les années à venir, cesser de prendre la posture du petit roquet arrogant s’il veut continuer à séduire, tout en gardant la fraîcheur dénonciatrice qui le rend visible et percutant à gauche.
Ah, enfin, on est vraiment bien : Sarkozy à 30 ou 31%, c’est satisfaisant. Non pas tant que je sois d’accord avec toutes les propositions de l’homme, mais tout d’abord parce qu’un Président s’occupe de politique étrangère, et que celle de Sarkozy me semble plus pertinente que celle de madame Royal. Ensuite parce que certains mots comme travail, ordre, autorité, etc. (quoique à manier avec des pincettes) n’ont vraiment rien d’infâmant, bien au contraire. Tout le monde sait que les valeurs sont des idées qu’il nous revient toujours d’incarner, c’est-à-dire de singulariser. Vouloir un peu d’ordre et de sécurité, ce n’est pas vouloir uniformiser tous les comportements, c’est bâtir un socle minimal de respect de l’intégrité physique des personnes, ce qui semble le strict minimum et le but de toute politique un tant soit peu responsable. Quant au travail, je dois avouer n’avoir jamais compris pourquoi mes amis de gauche, fréquentés ces dernières années, refusent de mettre clairement cette valeur en avant dans leurs propres convictions, lors même qu’ils étaient souvent de gros bosseurs et les premiers à savoir en faire plus que les autres pour atteindre le niveau d’excellence intellectuelle qu’ils visaient (et in fine, parfois, un salaire dans quelque noble institution). Leur comportement était l’incarnation de la valeur qu’ils prétendaient pourtant ne pas vouloir mettre en avant comme idéal de vie...
Mais là, Sarkozy a été encore plus loin. Il a réinjecté ce soir dans son discours le vocabulaire familial : se présentant clairement comme un père, il en a appelé à la fraternité entre Français. C’est très fort, à défaut d’être forcément très juste. Personnellement, j’ai tendance à penser que la « fraternité » politique n’est jamais qu’une métaphore spécieuse d’un type de rapport très fort, très intéressant, mais qui n’a rien à voir avec la fraternité des liens du sang. J’aurais peut-être préféré voir mise en avant la notion d’ « amitié », au sens fort qu’elle avait dans la Cité grecque. Car c’est sans doute ce schéma d’appréciation mutuelle respectueuse et conviviale que Sarkozy désigne sous le titre de « fraternité ». Je suppose qu’il lui sera reproché de chasser sur les terres rhétoriques du patriarcat frontiste, de la conception organique de la nation héritée de la droite xénophobe française, etc. Peu importe. J’attends surtout de voir comment Ségolène Royal se défendra face à Sarkozy, j’attends de voir si Dominique Strauss-Kahn va enfin se décider à peser de tout son poids d’intelligence (colossale) dans cette campagne…
Ah, décidément, beau jour de France que ce 22 avril, quoi qu’il se passe le 6 mai. Ah, qu’on était bien !
02:50 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Sarkozy, Royal, Le Pen, UMP, PS
20 avril 2007
Avec Sarkozy et Royal, amusons-nous encore un peu
Pendant que certains petits plaisantins nous resservent des citations de Sarkozy en exergue d'un article, par ailleurs d'excellente facture, sur le Rêve de fer de Norman Spinrad, je note avec plaisir un bouillonnement polémique sur la blogosphère, qui tend à se focaliser sur Nicolas Sarkozy, comme si, allez savoir pourquoi, c'était bien lui qui avait finalement mené la meilleure campagne, puisque tout ce dont on a parlé n'était jamais que des thèmes qu'il avait avancés.
Je note le beau plaidoyer de Pierre Cormary en faveur de Sarkozy, je note aussi les intelligentes inquiétudes (quoique étonnamment « indignées ») de mon ami polémiste Gai Luron à propos du prétendu eugénisme de Sarkozy...
Pour ma part, éradiquant par avance, pour des raisons intellectuelles, politiques et quasi personnelles la monstrueusement vide nouveauté que prétend incarner François Bayrou, faux rebelle, faux pur et vrai ricaneur mangeant s'il le peut à force rateliers différents, je dois bien avouer que j'appelle de mes voeux un beau duel entre Ségolène Royal (qui, ces derniers temps, a paru subitement bien plus intelligente à nos hommes de gauche, sans doute à cause du fait qu'après avoir craché longtemps sur elle, il fallait bien un peu serrer les rangs et ne pas assassiner son propre parti... voir la trajectoire évidemment risible de ce cher BHL...), et bien sûr Nicolas Sarkozy. Pas uniquement parce que le candidat de l'UMP est donné gagnant au sortir d'un tel duel, mais sans doute pour voir enfin peser dans le débat un DSK étrangement discret depuis longtemps, et attendu comme le fort Premier Ministre d'une pâlichonne présidente de la République. Bref: pour avoir le duel que j'aurais voulu voir depuis le début, entre les deux représentants des versions les plus modernes de la droite et de la gauche: le libéral à l'anglo-saxonne contre le social-démocrate...
NB: Je précise que cette note n'est bien sûr pas approuvée par mes co-rédacteurs du Systar, et qu'elle n'exprime jamais que ma très légère sensibilité politique...
15:39 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles 2007, Sarkozy, Royal, UMP, PS, DSK
13 avril 2007
Récréation: Systar Wikipédie la "chieuse"

Ce blog n’avait jamais tenté de note donnant réellement dans le mauvais goût, la grossièreté et la misogynie superficielle. Il était temps de combler ce manque, en réfléchissant collégialement sur ce qu’est une « chieuse ». Voici l’idée : j’ai proposé une armature souple d’éléments descriptifs de ce bel objet d’étude sociologique ; tous les lecteurs ayant envie de proposer des compléments d’information le peuvent en commentaires, et je reproduirai en temps réel ces apports dans le corps de l’article (l’origine de la contribution sera mentionnée entre parenthèses, n’hésitez donc pas à signer sous pseudo).
Définition
La chieuse : celle qui « finalement, a bien réfléchi, et en fait on va pas pouvoir continuer ensemble. » La chieuse joue avec vos nerfs, elle vous titille avec un savoir-faire dont elle a le secret. Son objectif : vous rendre fou.
la chieuse n'a pas vraiment d'alter ego masculin ou si c'est le cas, il est rare qu'il corresponde exactement à tous les critères. Le chieur est fondamentalement mâtiné de boulet et/ou blaireau, ce qui le rend encore plus attachant. (Contribution de Nathalie)Pour ceux qui parlent le Damasio : la chieuse est une variété d’autochrone. Autochrone vorace, chronophage comme un forum de science-fiction mal fréquenté, dont le vif est particulièrement fluctuant. Eperdue d’Extrême-Amont, bien sûr, elle peut insuffler un certain bazar/Blitz/blizzard dans votre Horde d’amis traceurs.
Bruno l'a dit, c'est un autochrone, et, pour filer la métaphore damasienne, c'est même une forme particulière d'autochrone, à savoir, un Corroyeur. J'en veux pour preuve les déformations faciales entrevues chez leurs malheureuses victimes (déformations tout aussi effrayantes et spiralées que celles des frères Jerkka) ! (Contribution de Transhumain)
Caractéristiques psychologiques et intellectuelles
Elle fait souvent sourire, mais on n’arrive pas à la détester, ou à lui dire de se taire : c'est que, malgré tout, elle a oublié d’être sotte.
Elle est aussi cultivée, a beaucoup d’à propos en conversation, on passe souvent d’excellents moments en société avec elle la première fois qu’on la rencontre. Aplomb, suite dans les idées, qui semblent de fort bon aloi.
La chieuse est souvent une ancienne lectrice de psychanalyse, pas toujours repentie. Ce qui explique qu’elle considère la mère de sa proie comme une rivale potentielle, même quand il n’y a aucun risque réel.
Ame bouleversée par ses dernières lectures, en général des livres introuvables, ou chers, ou bien des auteurs branchouilles et/ou/car cuculs (C. Angot, F. Zeller, mais aussi A. Nothomb, ou encore P. Quignard. Les moins chanceux tomberont sur une derridienne fan d’Hélène Cixous). Reconstitution, par là-même, d’un élitisme intellectuel dont la principale vertu tient à sa force d’exclusion et de sélection naturelle : la chieuse veut des proies avec un cerveau, capables de comprendre leur talent de chieuse. Quel est l’intérêt de faire chier un garçon neuneu ?
Ce qu’elle aime avec vous, c'est que vous soyez si « différent ». C'est pour la même raison qu’elle vous larguera.
La chieuse haut de gamme a le même bagage intellectuel que vous. Relation volcanique quoique ultra-cérébrale avec ce type de chieuses. Profitez : celles-là sont inoubliables.
La chieuse qui aurait un bagage intellectuel supérieur au vôtre n’existe pas : ce n’est pas une chieuse, c'est forcément une prof d’université.
la chieuse est toujours sincère, et n'essayez même pas de la mettre devant ses contradictions, elle n'en a pas. C'est son coeur qui vous parle, palpitant et bouleversé, surtout quand elle largue (paroxysme d'émotion). La chieuse manie admirablement les extrêmes, de la froideur glaciale à la vulnérabilité la plus attendrissante, elle sait pleurer au moment opportun (mais ne vous y trompez pas, ce sont toujours de vraies larmes) et a le don rare de vous faire compatir à la souffrance qu'elle ressent en vous larguant. (Contribution de Nathalie)Disons alors que la chieuse est sincèrement chiante. Mais ce qu'il me semble c'est que la chieuse fait volontairement chier : elle sait qu'elle est chiante et s'en délecte, malgré de micro-remords. Et comme elle est consciente de l'être, disons qu'il serait non-sincère de sa part si elle cherchait à ne pas l'être... (Contribution de Coincoin)
Il faut nuancer Coincoin, la chieuse sait qu'elle est chiante mais elle n'en est pas convaincue. Elle le dira en souriant uniquement pour le plaisir d'entendre un "mais non, mon ange". (Contribution de Nathalie)
Comportement social
Elle fera semblant de ne pas aimer les misogynes, quoiqu’au fond, ce soient les misogynes qu’elle vise prioritairement. Féminisme de surface, bien vite étouffé par le plaisir de jouer au chat et à la souris avec sa future victime.
Il se peut qu’elle ait une « meilleure amie » à qui elle confie tout, et que vous devrez parfois vous coltiner en soirée. Normalement, la « meilleure amie » est une pétasse finie que vous détesterez et qui vous détestera. Notamment parce que vous la trouverez aussi moche, elle, que vous trouverez votre chieuse jolie.
Il arrive aussi que la chieuse soit stressée en raison d'une difficulté atroce qu'elle rencontre : passer un permis de conduire pour la 7ème fois ou passer un entretien d'embauche : si elle rate l'un ou l'autre, ce sera nécessairement de votre faute parce qu'elle ne "s'est pas sentie soutenue" ou parce qu'on est "trop égoïste" On aura beau dire qu'on n'y est pour rien, elle partira fâchée en lançant le fameux "tu ne peux pas comprendre !"(Contribution de Coincoin)Quand la chieuse vous pose une question, il ne faut jamais lui répondre. Que vous répondiez oui ou non, vous aurez forcément tort. Essayez de détourner la question en la reformulant autrement, en la retournant sur elle. (Contribution de Raskolnikov).
Quand la chieuse va droit dans le mur, quand on essaye de l'aider pour ne pas qu'elle s'explose comme une misérable limace, vos conseils seront toujours pris pour une façon de la rabaisser et de ne pas vouloir l'aider. Et quand, finalement, elle se plante de ne pas vous avoir écouté, ce sera encore de votre faute: vous ne l'avez pas assez encouragé. (Contribution de Raskolnikov).
La chieuse est une asociale finie qui a le don de se mettre tout le monde à dos mais qui vous qualifiera vous-même d'asocial. (Contribution de Raskolnikov).
Intimité
Evidemment, elle n’a jamais envie au même moment que vous.
La vraie chieuse étant parfois subtile peut vous répondre, d'un air distant et las : "si tu veux" quand on lui dit qu'on aimerait bien. Histoire de simuler que c'est une non-chieuse tout en étant encore plus chieuse que si elle disait non. (Contribution de Coincoin)
Bref "souvent femme varie
bien fol qui s'y fie" (Contribution de Coincoin)
Parfois elle se mettra à crier sur vous. Lors des moments où elle se prend pour un mâle. Quand c'est comme ça, demandez-vous si vous tenez encore à elle : si oui, endurez en silence (toute parole aggraverait votre cas), si non, envoyez-la paître. Le mail d’insultes est facultatif, mais peut défouler pour les cas les plus graves.
Notons également le nec plus ultra de la chieuse qui vous a fait chier pendant 48 heures sans interruption, sans raisons apparentes mais qui, le soir venu, se glisse à vos côtés et vous dit tendrement d'un air désolé : "je suis chiante hein ?" Et là, le mâle d'une indicible bêtise, enlace la chieuse de ses bras qu'il estime alors puissants et rassurants, cajole la chieuse et lui dit "mais non mais non mon coeur".
La technique de la chieuse est ainsi limpide : tout pic de chiantitude est aussitôt compensé par un pic tout aussi anormal de coquinerie qui annule les effets du premier pic. Et ainsi de suite. La chieuse est typique du mauvais infini hégélien.
(il va de soi que cette vision de la chieuse n'est pas tout à fait conforme à la vision de nathalie pour laquelle la chieuse est "sincère") (Contribution de Coincoin)
La chieuse excelle à pleurnicher sur ses faiblesses, mais c'est pour mieux vous les reprocher. (Contribution de Raskolnikov).
Convictions politiques
La chieuse est souvent à gauche. C'est plus propre, moralement. Contre-exemples possibles de chieuses de droite : aérienne, aristocratisante, décomplexée. Soit dit en passant, ces contre-exemples, rares et fort prisés sur la place de Paris, sont les meilleures chieuses, celles qui laissent les meilleurs souvenirs.
Une petite sympathie altermondialisante, ou gauchisante, pour les damnés de la terre et les « faibles », lui permettra de vous donner mauvaise conscience quand vous marchez dans la rue avec elle.
Elle déteste les formes de domination, le pouvoir en général, l’impérialisme du mâle. Elle tient à vous le faire savoir, même quand vous êtes d’accord avec elle (ce qui n’est pas mon cas).
Mauvaises habitudes
Motifs le plus souvent invoqués pour passer à l’acte chieur : « ce n’est plus possible, j’ai revu mon ex » ; « on est trop différents, même si je t’aime beaucoup » ; « je crois que tu tiens trop à ta mère » ; « je ne pense pas que tu sois amoureux » ; « je crois qu’on se fait du mal l’un à l’autre ».
Le suffixe de la chieuse : toutes les discussions de rupture doivent être conclues par un retentissant : « Mais je voudrais qu’on reste amis ».
La chieuse refuse que vous choisissiez le resto pour ce soir. Elle invoquera piteusement que vous l’avez déjà choisi la fois d’avant, et la fois précédente encore. Alors qu’elle sait que le resto où vous voulez l’emmener est très bien.
Et par ailleurs, comme elle n'est jamais sûre de rien, la chieuse est en perpétuelle demande de preuves d'amour, de compliments. Enfoncez-vous ça dans le crâne : la chieuse a définitivement besoin d'être RA-SSU-REE ! (Contribution de Transhumain)
La chieuse aime revoir parfois son ou ses ex.
La chieuse a souvent besoin de solitude pour « prendre du recul » (comment veux-tu, comment veux-tu…), pour « faire le point ».
Comment la reconnaître ?
Agressive au début, mielleuse et coquine ensuite.
on remarque toujours la chieuse du pote, jamais la sienne. La sienne propre a du « caractère », elle est « piquante », on ne « s’ennuie pas » avec elle, mais ce n’est pas une chieuse.
La chieuse vous reproche ne pas l'appeler, vous dit qu'il faut "absolument" que vous vous voyiez, que vous vous fassiez un restau. Prenez garde : elle arrivera en retard. Vous ne l'adorerez que davantage. Mais la chieuse de compétition, espèce assez rare mais remarquable, arrivera vraiment très, très en retard. Ou ne viendra pas au rendez-vous. Ce qui ne l'empêchera pas, notez bien, de reprendre le cycle à zéro : "Il faut ABSOLUMENT qu'on se voie !", vous suppliera-t-elle le lendemain au téléphone. Avec elle, vous devenez le nombril du monde. Puis son trou du cul. Puis son nombril. Et ainsi de suite. Ses agissements rappellent étrangement les mécanismes de harcèlement psychologique (ou harcèlement moral) tel que décrypté dans certains ouvrages, comme ceux de Marie-France Hirigoyen.
La chieuse n'aime rien tant que se faire désirer. Mais chez la chieuse de compétition, c'est pathologique. Le seul moyen de vaincre une telle créature est de devenir cynique. Pas seulement en apparence : soyez cynique jusqu'à l'os, considérez la chieuse comme votre proie, et repaissez-vous de sa détresse. Apprenez en effet que si la chieuse de compétition réduit les faibles et les gentils en esclavage, elle perd complètement la tête avec son pendant masculin, qui n'est ni le boulet, ni le blaireau, mais le SALAUD. Face au salaud cynique, la chieuse est démunie. Ses armes habituelles (alternance d'agressivité, d'espièglerie, de minauderie...) n'ayant plus prise, elle se retrouve nue, sans défense, entre hystérie et dépression nerveuse. Mais attention ! Bien que la chieuse soit toujours sincère, sa nouvelle fragilité constitue son arme secrète contre le salaud qui, ému, l'ego ragaillardi par sa victoire, a alors tendance à baisser sa garde, c'est-à-dire à redevenir gentil. L'erreur à ne surtout pas commettre. C'est lorsqu'elle est à terre, à vos pieds, quand vous croyez l'avoir vaincue, que la chieuse de compétition vous donne le coup de grâce. Des larmes, un sourire, une coquinerie, et vous êtes foutu.
C'est ce que les spécialistes appellent le "Gambit de la Chieuse". (Contribution de Transhumain)
23:05 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : Humour, sociologie, Wikipédia, filles, psychologie, politique, présidentielles 2007
22 janvier 2007
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en chansons
Intermède ludique et musical
Avant de reprendre la présentation d'ouvrages qui ont retenu mon attention récemment, un peu de repos pour les neurones semblait le bienvenu. Il ne s'agit plus d'avoir la méchanceté de dire du mal de Christine l'autotélique, ou plutôt de ses livres, puisque la personne m'indiffère plus qu'elle ne m'agace réellement. J'ai préféré remarquer, et vous faire partager, deux petites chansonnettes qui valent leur pesant de caca(huètes). Très objectivement, elles sont d'un niveau intellectuel tout à fait comparable l'une et l'autre, planant quelque part dans les hautes « altoures » de l'esprit, là où toutes les « bravitudes » savent s'exprimer avec le plus d'éclat.
L'une date d'il y a un an, l'autre d'il y a quelques jours probablement. Entre les deux: l'ébauche d'une campagne présidentielle un peu poussive à gauche, où Ségolène Royal hésite dans ses discours entre le vide et les bêtises pures et simples après avoir battu deux types plus intelligents qu'elle, un peu plus « flashy » à droite avec l'actuel président de l'UMP. Il y a un an: on s'étripe (enfin, on s'étripe intellectuellement, métaphoriquement, gentiment, dans les salles de fac ou sur les plateaux télé) sur la signification qu'il convient de donner aux émeutes de banlieue qui sont survenues à la fin de l'année 2005. Nicolas Sarkozy devient une sorte de grand méchant loup qui ne pense qu'à communiquer, du moins aux yeux des « gentils » auto-proclamés. Tel est le contexte de la première petite chansonnette de thé dansant que je vous propose d'écouter: elle est l'oeuvre d'Alibi Montana, jeune rappeur dynamique, manquant parfois de cohérence, mais doté d'une belle énergie. Une énergie telle que les menaces de mort qu'il profère à l'encontre de Nicolas Sarkozy dans sa chansonnette sont à peine voilées. On passera bien vite sur ces petits écarts de langage, bien bénins il faut le reconnaître, dès lors qu'on aura su comprendre les raisons sociologiques et économiques qui ont poussé ce jeune artiste à produire un texte « engagé ».

On ne pourra guère s'empêcher d'apprécier le phrasé fluide, intense, inspiré, du jeune scandeur de mots révoltés. « Sarko tu parles trop, on n'a pas compris ta langue » (c'est d'une logique implacable...); « On n'est pas là pour servir ta campagne / t'as pas compris qu'ici / Y' a toute une famille qu'est en larmes / des morts, y en a eu, hélas / y en aura encore / à qui la faute si dans nos rues / c'est si hardcore ». Visiblement, l'auteur de ces étincelantes périodes rhétoriques a mal saisi le sens des mots cités en exergue de son opuscule, mots d'un ministre qui annonce vouloir cibler « les trafics et les trafiquants »...

L'important, c'est le rythme, l'énergie, l'humour – parfois franchement involontaire « on t'a pas attendu pour que nos problèmes soient surmontés » - rehaussés par le rap sans concession, lucide, tragique, désenchanté, de l'enfant du pays, du petit bonhomme originaire de la cité des 4000.
Au moins, il y a un an, on s'amusait. Ce n'était pas fin, pas très intelligent, mais il se passait quelque chose. Les choses se sont gâtées, depuis: les stratégies mesquines de dénigrement du camp adverse, principalement par la « sortie » de quelques détails de la vie privée du candidat opposé, nous plongent dans un morne ennui, dans un marécageux marasme propre à ne réveiller que les dinosaures des abysses et les monstres millénairement endormis dans l'inconscient collectif. Et ce qui devait arriver arriva. Tels le lézard lubrique de Melancholy Cove, on les vit ressurgir, motivés, prêts à resservir du réchauffé de réchauffé, prêts de nouveau à exister pour le meilleur et surtout pour le pire...
Oui, les Musclés, les cinq lascars à la sexualité approximative (expliquez-moi comment les cinq personnages d'obsédés sexuels, hétéros gentils mais un peu couillons, qu'ils étaient censés figurer dans Salut les Musclés puis dans La Croisière Foll'Amour, pouvaient espérer draguer une fille et la garder en la ramenant chez eux, où les autres copains frustrés du caleçon attendaient sagement qu'Eric finisseuh de mijôter le cassoulet...), reviennent. Ils ne savent toujours pas chanter juste, Eric fait toujours des bruits ridicules avec sa bouche, Framboisier est toujours aussi insupportable. Mais ils ont osé le faire: Nicolas et Ségolène, reprise de Nicolas et Marjolaine... On se prend presque à rêver que Minet ait les cojones de nous faire un « Dragon Ball FN », ou « Les Chevaliers du Zodiaque de l'UDF », pour le coup.

Deux monuments de grâce, de finesse, deux produits de l'actualité politique, deux bébés-monstres sortis d'esprits déséquilibrés, qui ne nous rassurent guère. Trop agressif il y a un an, l'artiste redevient cucul en 2007: il ânonne « aux arbres citoyens » pieds nus, il se demande si Ségo et Sarko ne feraient pas mieux de s'aimer, il se demande comment « arrêter la clope », évidemment, enfin, il aura le bon goût de se moquer de lui-même, sous les avalanches, ou bien en se tapotant le bide à la sortie de la Closerie des Lilas un dimanche à 15 heures :« mais est-ce que je ne serais pas un peu bobo, moi, quand même...? ». D'ennui en ennui, voilà comment nous allons, pour mieux nous convaincre, s'il en était encore besoin, qu'il n'est jamais bon de délaisser trop longtemps la littérature, la philosophie, ni le jazz manouche...
19:30 Publié dans Esthétismes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Politique, humour, ump, sarkozy, royal, musique, rap
