Systar

 

 

25 juillet 06

 

Une nouvelle présentation de notre petit groupe de rédacteurs commençait à s’imposer, de même qu’il devenait utile de préciser et de rectifier tout à la fois le ton de l’écriture et la teneur du projet qui a mené à la création du blog Systar.

Commençons par le plus important, c'est-à-dire une brève présentation de nos différents rédacteurs, dont la liste pourrait encore s’allonger de quelques éléments d’ici peu.

Le premier à me rejoindre à la rédaction d’articles sur le basket ball permit ensuite à Systar de se colorer musicalement : Buddy Holy (un seul L, rapport à la sacralité oblige…) s’imposa bien vite comme un tailleur de costards de première, les Knicks de New York et Antoine Walker en frémissent encore, et organisa l’opération cheval-de-Troie du jazz manouche sur Systar. N’oubliez pas d’aller voir l’album photo relatant son périple récent en Thaïlande, où le pokémon Buddy avait évolué en Buddythai, oubliant alors coupablement que l’Alsace n’était pas allemande.

Buddy fut imité (dépassé ? égalé ?) par George Abitbol, son frère dans le civil, qui proposa quelques fulgurances sur l’entreprise poétique et spirituelle de Théophile de Viau et vint enrichir notre rubrique basketball. En des temps d’âpre discussion politique, George signa également des chroniques consacrées aux quelques « dommages collatéraux » qu’eut à subir le Quartier Latin en mars et avril 2006, impliquant même pour ce faire madame Abitbol.

Le même contexte, des plus étranges, permit à Timothée d’accoucher d’un des textes les plus appréciés de nos lecteurs à ce jour, pour sa drôlerie et son ton « décalé », ambiance « la seule cause juste, c'est mon estomac ». En passant, réitérons nos félicitations les plus framboisées à Timothée pour sa réussite au concours du CAPES d’histoire.

Aurélien-Alexandre (vous pouvez abréger en « Aurélien » si le double A vous effraie) se chargeait enfin, avec le retour des beaux jours, de nourrir la réflexion sur notre pratique de blogueur, et sur  l’étrange pathologie qui consiste à vouloir écrire en pensant que le résultat pourrait intéresser d’éventuels lecteurs, voire leur plaire.

C'est enfin en toute discrétion, à la faveur d’un long et passionnant commentaire d’un de mes interminables articles (pléonasme) que Cyril permit à la philosophie analytique et à la sociologie d’exister sur le blog, le temps d’une réflexion sur le jeu et la nature du joueur.

 

Votre serviteur, enfin, a conçu Systar comme l’occasion de parler des traditions littéraires, philosophiques et sportives qui me sont chères, et d’envisager comment certains domaines aussi hétérogènes que le basketball, la littérature générale, la science-fiction et le polar, et la philosophie, pouvaient être décrits tous ensemble comme le point tantôt d’équilibre, tantôt de déséquilibre critique, entre, d’une part, un développement de type systémique, respectant l’impératif de cohérence logique, la fidélité à des normes, nourrissant l’ambition d’organicité du discours et du plaisir ressenti, et d’autre part un mode d’existence de l’ordre du surgissement, de l’avènement ou de l’événement, dont la métaphore la plus parfaite est sans doute l’étoile. Dialectiques de l’événement et du possible, du pensé et du non-encore pensé ou de l’impensable, de la cause et de la gratuité, du travail et du génie, du thème et de l’improvisation, voilà ce dont je voulais parler sur ce blog, hâtivement baptisé Système-Etoile, Systar (sans prendre garde que le nom, déjà usité, était celui d’une société chargée d’organiser le trafic de la SNCF, je crois, coïncidence qui ne manquait nullement de saveur pour le fan inconditionnel de la SNCF que je suis).

Voici le projet initial, à la fois défini et cependant toujours ouvert à de nouvelles contributions, inscrites ou non dans l’intention première du blog. J’espère, depuis les tout premiers jours de rédaction, avoir gagné, sinon en élégance de style, du moins en clarté…

 

Il me reste, après cette présentation passablement rafraîchie du Systar Team, à vous souhaiter une bonne lecture, amusement et agrément, et à vous encourager à laisser, quand bon vous semble, des commentaires auxquels vous aurez toutes les chances de recevoir une réponse des auteurs d’articles, qui ont tous reçu une formation continue de Msn-addicts non encore sevrés ou de forumeurs incorrigibles…

Saluons, enfin, les quelques internautes que nous avons croisés et qui écrivent également des choses intéressantes : Harold Bernat-Winter, grand onfrayophobe devant l’Eternel, qui redessine les conditions de possibilité d’une pensée critique sur http://bernat.blog.lemonde.fr,  Juan Asensio, qui commenta nos articles dans son style inimitable : « blog parfois intéressant, parfois non » (!), et sévit depuis plus de deux ans sur le web, avec un certain succès, dans sa Zone (http://stalker.hautetfort.com ), Herald Wladymeer, aux aphorismes ravageurs et ravagés (http://veritas.hautetfort.com ), et enfin Alain Simon, venu très tôt ce matin (26 juillet 2006) nous parler de structures... (http://www.geocities.com/alsimon.geo/home_page.html )

Et merci à tous les visiteurs déjà venus, pour leurs encouragements, et à tous ceux qui ont « joué le jeu », et, du coup, « sont joués »… !

Toute première présentation du blog (janvier 2006):

Mon nom se trouve dans mon adresse e-mail, voilà tout ce qui peut importer aux lecteurs de ce blog en matière d'infos à mon sujet.

L'important en effet devrait être moins ma propre existence, comme j'essaierai de le montrer au travers de textes pourtant les plus personnels possibles, que la rencontre d'une conscience avec un monde, sous des approches très diverses. La science-fiction devrait à terme permettre d'élucider quelques aspects de cette question de la rencontre d'une conscience avec le monde, de voir à quelles conditions, en littérature créatrice d'univers, la conscience n'est plus uniquement constitutive du monde, mais l'engendreuse même de celui-ci. Immense trajectoire d'hyperbole qui ne nous mènera pourtant à rien d'autre qu'à ce qui est humain. C'est à ce titre que seront examinés, commentés, et aussi longuement cités qu'on me le permettra, des oeuvres de science-fiction, mais aussi des oeuvres inclassables, du polar... et que trouveront logiquement et probablement leur place à terme les oeuvres de Maurice Dantec, de Frank Herbert, de Philip K Dick, de Dan Simmons, de Greg Bear, de James Ellroy, mais aussi sans doute d'Abellio, de Salman Rushdie, d'Edmond Jabès, de Michel Houellebecq... Un même problème, une même expérience de l'incandescence, rien de plus ni de moins dans ces moments de lecture où je me demandais comment, pour tel ou tel de ces auteurs, l'humain venait à la rencontre d'un monde, et si c'était vraiment un monde qu'il rencontrait, et s'il méritait bien la dénomination d'humain dans l'instant même de cette rencontre.

A la lumière de quelques lectures de textes plus discursifs, je proposerai donc quelques remarques, que je souhaite les plus cohérentes entre elles possibles, sachant que la compréhension, véritable don, véritable étoile de la connaissance, ne peut surgir que du coeur même d'un système en cheminement permanent vers une perfection organique pure. Ainsi se justifie l'immodestie du nom de ce blog, immodestie toute relative si l'on veut bien m'accorder que je ne suis moi-même si l'étoile ni le système, mais que, tel le fils de l'homme d'Ezéchiel, de moi il a été fait un simple "guetteur".

Ces moments où le système et l'étoile se consument mutuellement dans la même quête d'une vérité humaine, cette quête ambivalente du Sentiment primordial qui met en mouvement et en danger à la fois la pensée, j'ai toujours cru, sans crainte d'un tel insolite, que je pouvais les identifier dans le basket ball. On y emploie la notion de système, et à la starification des joueurs, génialement orchestrée par David Stern en NBA depuis l'avènement de His Airness Michael Jordan, à ce devenir-étoile (que je ne pouvais mieux inaugurer que par la démentielle performance de Kobe Bryant contre Toronto) qui mène à une hyper-individualisation du jeu, les connaisseurs aiment opposer un jeu à l'européenne où le système prime sur l'étoile, où les grandes épopées ne sont jamais que collectives.

Il pourrait donc être agréable de cheminer, au fil de ces pensées, entre des oeuvres de littérature, des textes plus personnels, et l'actualité du basket moderne, ayant pour seule ambition la remémoration de la petite phrase de Gérard Bensussan à propos de L'Etoile de la Rédemption de Franz Rosenzweig: "L'étoile commence là où les systèmes finissent."

Bienvenue dans ces propositions sur l'étoile et l'organisme, sur le stellaire et le systémique. N'hésitez pas à commenter ces quelques propositions, via la rubrique commentaires, ou en m'adressant un mail que je publierai, au même titre qu'un article en mentionnant son auteur, dans le corps du Systar. Les polyphonies et les veilles sont plus belles et plus efficaces que les explorations solitaires de l'absolu et du silence...

Bruno Gaultier

Au 17 février 2006:

La récente et fort heureuse arrivée sur ce blog de deux nouveaux rédacteurs est l’occasion de commencer par le véritable commencement, de préciser ce que j’avais omis de dire quant aux motivations réelles de ce blog. Voici donc le déploiement, sous une forme remise à jour, du pacte autoblographique du Systar.

Les premières semaines de pratique ont révélé que la fréquentation du blog était, comme prévu, massivement, mais non point exclusivement, incarnée par des connexions type « adresse directe ». Autrement dit, voilà comment sont, dans mes statistiques, recensés tous les amis et proches qui ont bien voulu me consacrer, quotidiennement parfois, quelques minutes de leur attention. Je les remercie de leur assiduité, que j’interprète comme un encouragement, parfois tacite, mais néanmoins réel, à continuer à écrire des articles de la meilleure qualité littéraire et philosophique possible.

Il faut toutefois mentionner les collègues blogueurs hébergés par « Haut et fort », qui rendent, de ci, delà, une petite visite ponctuelle… et les visiteurs venus des moteurs de recherche (16% des visites au 17 février!).

J’ai, depuis quelque temps, considérablement diversifié les thèmes abordés dans ce blog, au nom d’une passion de la pluralité, d’un amour de tout ce qui se passe « ailleurs et demain », pour reprendre le titre de la collection exceptionnelle de science-fiction éditée par Robert Laffont. La cohésion de l’ensemble aurait pu s’en trouver affectée… expliquez le rapport qu’il y a entre la Terreur révolutionnaire, les diamants d’absence du Juif universel et John Linehan… bon courage !

Le rapport n’est pas dans la cohérence des articles entre eux, mais dans la curiosité devant tout : tout a sa place, tout est, en droit, susceptible d’être intéressant, depuis les réflexions d’Alexandro Jodorowsky sur la science-fiction jusqu’à la musique jazz manouche ! depuis le cœur de l’étoile, ne cessent de proliférer des lumières infinies !

Deux personnes ont donc accepté mon invitation à pondre sur ce blog, et à maintenir en vie, avec moi, cette ambition de pluralité des thèmes.

Leurs noms de blogueurs, Buddy Holy et Georges Abitbol, références nettes à certains de leurs dadas, cachent qu’en réalité ils sont frères et que, comme moi, ils adorent jouer au basket.

Buddy vous présentera bientôt la maladie qui fait du bien au basket (l’adénome de l’hypophyse), puisqu’il fait des études de médecine. Et si vous avez de la chance, il vous expliquera aussi comment devenir un génie du jazz nouche quand il vous manque des doigts (Django Reinhardt). Pour l’instant, il vous a surtout proposé des articles sur le basket, mais, en bon fan de jazz manouche, soyez assuré qu’il a plus d’une corde à sa gratte.

Georges est, quant à lui, un vieux complice de mes années prépa, et cumule avec bonheur bien des talents : Georges est tour à tour un sacré bon coup de fourchette, une usine à calembours (la plus marquante de la semaine demeurant, et de loin: "qu’on cesse de nourrir des psychoses disproportionnées sur la grippe aviaire, pour se rappeler que les siècles passés durent affronter des grippes plus terribles encore, telle la grippe à d’Aubigné…"), et un très bon lecteur de littérature libertine, sur un auteur de laquelle porte son travail de master.

N’hésitez surtout pas à exprimer dans les « commentaires » vos impressions, vos assentiments ou vos désaccords à propos de ce que nous écrirons : un commentaire est toujours plus gratifiant que le simple enregistrement statistique de votre passage ici-même… vous pouvez aussi suggérer des œuvres ou des thèmes dont vous souhaiteriez que nous parlions, à moins que vous ne décidiez d’en parler vous-même sur le Systar…

Bonne promenade dans les couloirs du système, et bonne ascension jusqu’au cœur de l’étoile !

Bruno