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systar - Page 4

  • Inhuman, tome 1 de Kat Falls 1 - suite

     
    kat-fals.JPG  L’univers est quant à lui très bien construit et plutôt original. Il n’est pas vraiment complexe mais il est tout en subtilité. Certaines créatures sont à première vue mises dans le même sac, puis on découvre de nouvelles distinctions. Il y a une grande remise en question de l’humanité et de son pouvoir. En effet, ceux qui sont atteints par le virus se transforment partiellement en animaux. Les humains normaux réagissent alors tous différemment. Si certains restent « humains » au sens éthique, d’autres deviennent de véritables monstres. Ils se croient supérieurs, et se permettent des choses horribles. C’est une chose que j’ai trouvé très effrayante dans ce livre car c’est de la fiction… mais pas tant que ça, en fait. Les victimes de ces hommes sont fictives, mais ce type de comportement existe dans la réalité. Je suis probablement trop sensible, mais j’ai trouvé certains passages assez durs.
     
       Le style est simple sans l’être trop, et l’auteur parvient à faire passer beaucoup d’émotions. On passe par la tristesse, la peur, mais aussi la joie. Tout ça en disant très peu de choses. En effet, parfois, on s’attend à de beaux discours de la part de certains personnages, mais non, Kat Falls nous offre une ou deux lignes. Et c’est via ces courtes lignes qu’elle parvient à faire passer les sentiments. C’est génial. Et c’est horrible. J’avais les larmes aux yeux en terminant ce livre. Car, bien sûr, il se termine sur un beau cliffhanger, sur un monde et surtout un personnage à sauver :'(.
     
       Bref, ce tome fut une excellente lecture que je conseille vivement aux amateurs de dystopie. En lisant le résumé, je ne m’attendais pas à accrocher autant. J’ai retrouvé les éléments qui me plaisaient dans mes dystopies préférées, sans toutefois qu’on puisse faire de comparaison car l’ensemble est vraiment inattendu, original et touchant. A lire donc

  • Inhuman, tome 1 de Kat Falls 1

    kat.JPGDès le début, on rentre dans l’action. Lane se retrouve rapidement propulsée dans un univers dangereux auquel elle ne connait rien. Du moins, c’est ce qu’elle croit. Car en réalité, son père a semé des indices ; alors qu’elle croyait qu’il lui racontait des contes de fées, elle réalise qu’une grande part des histoires qu’il lui racontait est réelle. Armée de ce seul savoir, elle va partir à l’aventure pour sauver son père.
     
       L’intrigue est vraiment prenante. Lorsqu’un problème est résolu, un autre problème se présente immédiatement et on a pas le temps de souffler, il n’y a aucun temps mort. Je crois que ça fait un moment que je n’avais pas accroché à un livre à ce point. On s’est d’ailleurs moqué de moi car je me suis remise à lire en marchant, ce que je n’avais pas fait depuis longtemps et qui peut être légèrement problématique dans une grande ville comme la mienne. Mais ce livre ne m’a pas laissé le choix. J’avais besoin de savoir la suite, et je tournais les pages sans m’en rendre compte.
     
       Une des raison pour lesquelles j’ai particulièrement adoré ce livre est le caractère des personnages. Dès le début, on s’attache à eux, qu’il s’agisse de Lane, de Everson, de Rafe ou encore de Cosmos. Chacun  d’entre eux a une personnalité très forte, approfondie, et j’ai aimé apprendre à les connaître ! Ils m’ont beaucoup touché, surtout Rafe. C’est un personnage qui n’a pas eu une vie facile et qui fait ce qu’il a à faire, quoiqu’il en coûte. Et malgré cela, il fait preuve d’une sensibilité et d’une force surprenantes qui font qu’on ne peut que l’aimer, avec ses qualités et ses défauts. A savoir pour ceux qui n’aiment pas ça, il y a un triangle amoureux que l’on voit venir de loin. Mais je ne l’ai pas du tout ressenti comme le triangle amoureux habituel ! Ce n’est pas le centre de l’histoire, et c’est très loin des préoccupations actuelles des personnages.
     
    Mais on sent petit à petit une relation s’installer entre ces trois là, avec beaucoup de douceur et même d’humour…
    à suivre

  • La Perte en héritage de Kiran Desai

    heritga.JPGAlléchée par les critiques enthousiastes, je me suis précipitée sur ce bouquin de l'Indienne Kiran Desai. Depuis Treize mers et Sept rivières, autre oeuvre phare de la jeune littérature indienne, j'ai ce pays à l'oeil. J'avoue que les thèmes traités sont un peu toujours les mêmes: la double culture, le retour aux sources, l'attirance pour l'Angleterre qui peut conduire au mépris de soi et de sa race, etc...

    Dans La Perte en Héritage, c'est traité avec talent. Il y a le vieux juge indien qui se veut si désespérement anglais, l'humble cuisinier dont le fils, parti tenter sa chance à New York, vit le calvaire des clandestins, l'étudiant qui se découvra des passions nationalistes...

    Une belle peinture de moeurs, donc. Et une aussi belle galerie de personnages. Pourtant j'ai décroché vers les deux tiers du bouquin et je l'ai fini en diagonale. La faute aux longueurs qui plombent, ici et là, l'intérêt du récit.

    Dans le même genre mais plus réussi, je vous conseille sans hésiter Treize mers et Septs Rivières, déjà cité plus haut.

  • lecture de Cadavre d'état

    etat.JPGCe livre est l'occasion d'une double première. Il est en effet rare que je sois amené à parler d'un livre avant sa parution. Pour " Cadavre d'état " cette possibilité m'est offerte par l'éditeur, Carnets Nord.
    C'est aussi la première fois que je parle d'un polar qui se déroule dans le milieu politique. C'est étonnant car ce milieu semble un terrain plutôt favorable aux machinations, trahisons et intrigues, terrains naturels et habituels des problématiques policières.
    On y suit Coralie Le Gall, commissaire en charge d'une enquête sur le meurtre d'un conseiller du 1er Ministre, qui plus est dans un ministère.


    Comme de bien entendu, le commissaire Le Gall est en froid avec sa hiérarchie, en lutte contre la société, etc.
    De ce côté, Claude Marker colle parfaitement aux stéréotypes du polar.
    Quant à l'histoire, elle a le mécanisme classique de David contre Goliath. Mais c'est un ressort dramatique qui convient bien au milieu politique.


    " Cadavre d'état " est donc une enquête pour meurtre qui se double d'une dimension politico mafieuse. L'enquête est bien menée et est centrée sur la personnalité de la victime. Elle se double de différents rebondissements et complications qui rendent intéressant la recherche du coupable.
    Mais le plus intéressant dans ce livre n'est pas l'assassin mais le mobile. On se doute en effet qu'il mêle politique, argent et quête du pouvoir.
    La description du milieu politique est, par contre, décevante. Elle reste superficielle et caricaturale.
    Car c'est le plus étonnant dans ce polar.
    Marker est présenté comme un connaisseur du milieu politique mais c'est dans l'intrigue policière qu'il est le meilleur. L'aspect politique est en effet réduit à une description succincte des palais de la République et - plus gênant pour la lecture - à une dénonciation violente, inutile, un brin populiste, des élites qui n'a pas sa place ici.
    Toutefois, quand Marker fini par faire se rejoindre les deux univers, il nous propose un dénouement étonnant et relativement inattendu.

    Les plus :
    - Un épilogue réussi
    - Une intrigue policière qui se tient.

    Les moins :
    - Un style (l'argot) qui semble plus sorti du dictionnaire que véritablement acquis.
    - Trop d'attaques disgressives sur le milieu politique.

    Cadavre d'état
    Auteur : Claude Marker
    Titre : Cadavre d'état
    Editeur : Carnets Nord
    401 pages ; 18 euros.

  • Avis sur la biographie : Un père, de Sibylle Lacan

    medium_un_pere.jpgIl est possible que cette lecture m'ait été dictée par de vils sentiments, tel, par exemple, un inavouable désir de vengeance contre celui qui a visiblement décidé de me persécuter personnellement en se rendant de son plein gré totalement incompréhensible... Que ce génie, qui bouleversa la psychanalyse en France un peu à la manière d'un Carl Gustav JUNG (voir psychologie et alchimie) mais qui fit le choix délibéré de son opacité fut aussi un père médiocre me le rend peut être plus humain et du coup moins inaccessible...

    Toujours est il que si Lacan et son oeuvre difficile encore et toujours déchainent les passions, entre rejet et fascination, si l'incendie qu'il alluma il y a plus de 60 ans au sein des psychanalystes français continue de brûler, ce n'est pas de cet homme là dont il est question ici.

     

    Ce n'est pas de Lacan dont nous parle Sybille Lacan, d'une voix encore étouffée par le chagrin, la colère et le dépit, c'est du père qu'il fut pour elle, tragiquement absent. Et d'autant plus qu'il fut si présent à Judith, l'autre fille, la fille adorée, celle qui jamais ne porta son nom car elle était née d'un autre lit mais dont la photo, seule, trona sur la cheminée du cabinet du maitre, au 5 rue de Lille, durant des années.

     

      Sibylle Lacan a souffert d'être (si peu) la fille de Jacques Lacan, d'être la fille d'une femme déjà abandonnée, elle a souffert de n'être pas la belle et brillante Judith, et à la lecture de ce très court récit, fait de bouts épars mais d'une rare intensité, on comprend que ce chagrin d'amour n'est pas fini, que Sibylle sans doute aura été la femme d'un seul homme, la femme d'une seule et longue peine, et nul doute que pour un autre amour la place jamais ne se sera libérée, Sibylle sans fin reste la femme interminablement délaissée d'un homme toujours déjà perdu : son père.

  • Ais sur Kyoko, de Ryû Murakami

    kyoko.JPGJ’ai été agréablement surprise. Murakami (Ryû, pas Haruki Murakami , pour ceux qui ne suivent pas) est réputé pour ses romans crus et durs. J’avoue que rien que le titre des « Bébés de la consigne automatique » me rebute. Mais bon, j’ai commencé à entendre du bien de « Kyoko » (qui a pourtant 13 ans maintenant) un peu partout ces derniers temps, alors je me suis lancée.

    Je ne vais pas dire que ce fut LA découverte du siècle non plus. « Kyoko » est une histoire agréable, belle même, mais comme j’en ai vu et lu trop depuis quelques années, la mode ayant mis en avant les périples avec sidéens puis étant simplement passée. Car, en effet, ce roman raconte l’histoire d’une jeune, belle et innocente japonaise de 20 ans qui vient en Amérique pour retrouver l’homme qui lui a appris à danser à 8 ans et qui s’avère être atteint du sida, en phase terminale qui plus est. Attention, ce n’est pas pour autant une histoire triste ou mielleuse. C’est en fait un récit assez rafraichissant et innocent même. Mais bon, parfois peut-être de manière un peu exagérée. Parce que, sincèrement, au bout d’une centaine de pages, j’en ai eu un peu marre de lire que Kyoko est superbe, innocente, que le monde est sublimé par sa présence et qu’elle impose sans problème sa volonté naïve autour d’elle.

    A part ça, le récit m’a touchée, aussi bien par le style caméléon et très agréable de l’auteur que par l’histoire en elle-même, racontée de manière originale.

    Au final, un livre sensible, même s’il est loin d’être la découverte que l’on m’avait promise.

     

     

    RESTONS OBJECTIFS :

    La construction du récit autour de la perception que des personnes extérieures ont de l’histoire de Kyoko est très intéressante. En effet, l’évolution de l’histoire est racontée par les divers protagonistes secondaires qui aident Kyoko au long de son périple. C’est une manière intelligente d’offrir un petit plus à un récit qui aurait pu passer inaperçu s’il avait été raconté de manière plus traditionnelle.