Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

systar - Page 8

  • Le lézard lubrique de Melancholy Cove, de Christopher Moore

    lezard.JPGQue dire d’un tel livre ? Peut-être peut-on chiffrer les performances de Moore : c’est environ un fou rire toutes les cinq ou dix pages, c’est quarante mètres de Godzilla, beaucoup d’Américains mangés par le monstre, une pendue, des mères de famille intoxiquées par des sectes millénaristes, une organisation de production de drogues de synthèse de trois Mexicains, dirigée par le shérif du coin, c'est un flic qui fume la marie-jeanne de son jardin… Et bien d’autres choses encore.

    C’est présenté comme un polar, ce lézard lubrique, mais en réalité, mis à part le meurtre initial un peu étrange (une femme maniaque du ménage chez elle qui est retrouvée pendue) dont on se désintéresse totalement au profit des autres histoires, et qui est vaguement résolu dans le fil du récit, c’est une sorte de variation déjantée sur l’irruption de l’étranger dans la vie d’une communauté, sur la tristesse des névrosés et des psychotiques… c’est un immense prétexte employé par Moore pour donner libre cours à tout son humour, noir, rose, scato, de bon goût, de moins bon goût.

     

     

    Grosso modo, Moore fait de l'a-normalité, de la différence, une capacité à comprendre autrement, et donc à comprendre plus profondément, plus richement, l'existence. Ainsi Molly est-elle la seule capable de découvrir que le dragon est un individu doté d'une âme, elle qui demandait furtivement à Theo, le seul être humain capable de la respecter voire de la désirer, s'il n'avait jamais eu envie, comme elle, d'être "différent" de tous les autres. Celle que tout le monde prend pour une folle, dont le rôle de guerrière fort dévêtue dans des films post-apocalyptiques semble lui avoir monté à la tête, a peut-être finalement choisi cette différence comme une autre façon de vivre. Vous me direz: encore un truc sentimental, un hymne de plus à la "différence", une gnangnanterie un peu écoeurante... oui mais non. Moore y met un humour incroyable, ce qui renvoie presque les moments de sérieux à quelque chose de secondaire; le message, si jamais il y en a un, n'est pas martelé, mais discrètement suggéré, en une demi-ligne, en une courte réplique de fin de dialogue, à chaque fois. Bref, si vous avez envie de rire sur fond de science-fiction, de polar saturés d'auto-dérision, Systar vous conseille avec enthousiasme Le lézard lubrique de Melancholy Cove!